Virginia L.

Poésie. Dessin.

Poésie du jour

 

Toutes mes larmes

Du jour

De la nuit

Sont à toi

Pour tout bouleverser

Pour tout nous dire

Simplement, nous conquérir.

 

Louis Ier, roi des moutons

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Ce livre de 40 pages d’Olivier Tallec aux éditions Actes Sud Junior peut être une bonne idée cadeau pour les enfants cette année.  

L’histoire:

Alors que Louis paissait tranquillement dans son pré, une couronne portée par le vent atterrit à ses pieds.
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Le mouton posa la couronne sur sa tête, se dressa sur ses pattes arrière et prit une branche comme sceptre. Et c’est ainsi que Louis devint Louis Ier, roi des moutons, et qu’il se laissa griser par l’ivresse du pouvoir… dans l’indifférence de ses congénères. Parties de chasses au lion, promenades dans les jardins royaux, réception des ambassadeurs du monde animalier…
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Puis, dans sa folie des grandeurs, le bon roi devint despote à coup de marches militaires et de mesures ségrégationnistes. Jusqu’à ce que le vent remporte la couronne de Louis… qui atterrit cette fois-ci aux pieds du loup. Une fable philosophique irrésistiblement drôle, qui excelle dans l’art du pastiche.
Cet album est lauréat du prix Landerneau Album jeunesse 2014

Jacqueline Delubac

images (62)photo de Roger

Sa vie

Lyon, 1907 -Paris 1997

En 1928, Elle fait ses premiers pas dans une revue au Théâtre des Bouffes Parisiens. Elle joue dans  nombreux films et  pièces, notamment de Sacha Guitry qu’elle épouse en 1935.  Ils divorceront en 1939. Il appréciait l’art d’une autre époque, elle faisait le choix de la modernité. A peine séparée de Sacha Guitry, Jacqueline Delubac entreprend de constituer sa propre collection d’œuvres d’art. Pour ce faire, elle aurait revendu les bijoux qu’il lui aurait offerts. En 1949, Paris-Match la consacre « La femme la mieux habillée de Paris. » Elle fut classée parmi les dix femmes les mieux habillées au monde par Vogue. Elle est habillée par Paquin, Elsa Schiaparelli puis plus tard par  Pierre Cardin, Chanel, Ungaro… Dès la fin des années 1930, elle incarne l’élégance et l’avant-garde de la mode avec ses coiffes fantaisistes. En détournant le feutre de Sacha Guitry, elle lance la mode des couvre-chefs masculins. A partir de 1951, les acquisitions s’accélèrent. En 1955, elle pose pour Bernard Buffet. Elle achète également Femme au chevalet de Georges Braque (1937)

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En 1956, elle acquiert My Fair Lady de Jean Fautrier peint la même année.

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En 1967, elle achète Le Verre d’eau V de Jean Dubuffet, peint la même année.

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Au cours des années 1970, 1980, elle acquiert peu et s’oriente vers une peinture aux sujets réputés plus difficiles comme celle de Wifredo Lam ou Victor Brauner, proches des surréalistes.

N08-202_Lam-femme-couteau-350x443La femme au couteau de Lam

En 1976, elle publie ses mémoire sous le titre Faut-il épouser Sacha Guitry?

En 1981, elle se marie avec Myran Eknayan, diamantaire d’origine arménienne. Pendant quarante ans, elle a partagé sa passion pour la peinture avec lui.

En 1982, elle achète Carcasse de viande et oiseau de proie (1980)

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puis plus tard Etude pour une corrida n°2 (1969) de Francis Bacon

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En 1985, Myran Eknayan décède. Jacqueline réservera une pièce de son appartement du Quai d’Orsay à la collection de son mari. Il avait acquis des œuvres d’art impressionnistes le fragment central du Déjeuner sur l’herbe (165-1866) de Claude Monet. Sa collection contenait un Saint Sébastien de Camille Corot:

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et le Nu aux bas rouges, œuvre de jeunesse de Picasso:

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Admirateur de Rodin, Myran Ekyanan a réuni quelques plâtres et une vingtaine de bronez dont La femme accroupie, petit modèle:

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La même année, elle reçoit la Croix d’Officier de l’Ordre des Arts et des lettres.

En 1988, elle visite le Musée des Beaux-Arts de Lyon et rencontre son directeur Philippe Durey.

En 1993, elle rédige son testament, le musée compte parmi les légataires.

En 1995, elle assiste à la 3ème phase des travaux de rénovation du musée. Elle offre au musée Poisson sur une assiette (1921) de Pierre Bonnard.

Elle fait peu d’acquisitions mais Jacqueline Delubac cherche des œuvres fortes et de grand format. Souvent , les artistes sont représentés par plusieurs œuvres dans sa collection notamment Fautrier, Picasso dont on retient également Femme assise sur la plage (1937):

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Mais il y a aussi Léger, Poliakoff, Lam, Bacon et Dubuffet. Les œuvres modernes de sa collection ont permis de faire entrer les plus artistes du XXe siècle au musée. Elle explique ses choix avec la phrase suivante:

J’ai un bon œil, j’ai eu le bonheur d’avoir un assez bon instinct et d’acheter des peintures de Poliakoff, de Fautrier, de Dubuffet qui étaient peu connus et j’ai la joie de les avoir acquises quand tout le monde se moquait de moi.

Sans oublier des Degas comme Danseuses sur la scène:

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ou des Renoir comme Coco écrivant:

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Vous trouverez  une exposition (jusqu’au 16 février) sur Jacqueline Delubac au Musée des Beaux-arts de Lyon bien faite avec la reconstitution de l’intérieur de ses appartements.

Piero della Francesca et les paysages de la Renaissance

Suite à une conférence, organisée par l’Institut culturel italien de Lyon, de  Rosetta Borchia et Olivia Nesci, voilà ce que l’on a pu apprendre:

Le peintre Piero della Francesca (1415-1492) est un peintre de la Renaissance italienne. Il a été chargé par le duc Federico da Montefeltro de faire des tableaux des paysages de son domaine.

th_20120316091926_8Federicoweb Paysage que l’on retrouve à Ca’ Mocetto.

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Entre les provinces de Pesaro-Urbino e Rimini, ce domaine représente, par ses caractéristiques historiques, culturelles et paysagères, un territoire unique en son genre.

Le portrait de Battista Sforza, la femme du duc, offre une vue de Monte Gregorio:

th_20120316091841_0BattistawebBattista Sforza

Quant aux Trionfi (Triomphes) , ce serait plutôt à Pieve del Colle:

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Pour San Gerolamo e un devoto (Saint Jérôme et un dévot), Piero della Francesca a choisi à nouveau un paysage de Monte Gregorio:

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Pour La Resurrezione (La Resurrection), c’est la vue de Pugliano Vecchia:

th_20140515181517_8resurrezioneLa Resurrezione

Pour Il Battesimo (Le Baptême), il a choisi le panorama de Petrella Guidi:

th_20140515190841_1Piero_battesimo_di_cristo_04Il Battesimo

Pour La Natività (la Nativité), il a préféré Monte Boaggine:

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C’est ce qu’ont découvert les deux scientifiques Rosetta Borchia et Olivia Nesci après huit ans de travail. Le paysage est resté bien conservé à part l’ écroulement d’une partie de certains rochers. Piero della Francesca était en outre un scientifique et a parfaitement respecté les différentes couches géologiques. A l’époque, les monts étaient couverts de peu de végétation car c’était une petite ère glaciaire de quatre cents ans. Maintenant, cela est couvert d’arbres car cette région est passée d’un climat méditerranéen à un climat subtropical.

Voilà ce que ça donne à présent:

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20120112175537-9640_ala vallée du Metauro

les deux scientifiques ont même cherché le paysage que l’on retrouve dans La Joconde pour se rendre compte que c’était fait près du fleuve Sentinello:

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Même si Léonard de Vinci avait moins de goût pour peindre des paysages. Il lui fallait surtout des roches et de l’eau. Et non, la femme qui a posé n’était ni la femme du Signor Giocondo ni Monna Lisa mais Pacifica Brandeani mais chut…

Alors, ça vous donne envie d’y aller?

Pour plus d’informations, vous pouvez lire le livre:

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ou aller sur le site:

montefeltroveduterinascimentali.eu

La petite fille de monsieur Linh

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Voilà de début:

« C’est un  vieil homme debout à l’arrière d’un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul désormais à savoir qu’il s’appelle ainsi. Debout à la poupe du bateau, il voit s’éloigner son pays, celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras l’enfant dort. Le pays s’éloigne, devient infiniment petit, et Monsieur Linh le regarde disparaître à l’horizon, pendant des heures, malgré le vent qui souffle et le chahute comme une marionnette. »

 

L’histoire:

Un vietnamien d’un certain âge se réfugie aux Etats-Unis après avoir perdu son fils, sa belle-fille. Pour sauver sa petite-fille, il part avec elle à contre-coeur en Amérique dans un lieu réservé aux réfugiés. S’ensuivent certaines rencontres et des péripéties.

Philippe Claudel soulève quelques questions:

  • Ce livre parle de la perte de repères. Comment quitter son pays, ses odeurs en ne gardant que ses souvenirs?
  • Qu’est-ce que l’amitié?
  • Est-ce que l’on peut vivre si l’on n’ a pas trouvé un sens à la vie, des repères?

L’auteur:

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Philippe Claudel est agrégé de lettres modernes et a consacré une thèse à André Hardellet.  il est maître de conférences à l’Université de Nancy au sein de laquelle il enseigne l’écriture scénaristique. Philippe Claudel a également été professeur en prison et auprès d’adolescents handicapés physiques. Ses principaux romans sont traduits dans le monde entier; son film, Il y a longtemps que je t’aime, a obtenu un grand succès en France et dans le monde. Il intègre l’Académie Goncourt le 11 janvier 2012 au couvert de Jorge Semprun. Il a écrit de nombreuses œuvres dont celle qui traite de la première guerre mondiale: Les âmes grises.

 

En sortant de l’école

Je voulais vous faire partager ce petit parfum d’enfance, ce pur moment de poésie écrit par Prévert. Est-ce que cela vous rappelle des souvenirs poétiques d’enfance? Lesquels?

 

En sortant de l’école
nous avons rencontré
un grand chemin de fer
qui nous a emmenés
tout autour de la terre
dans un wagon doré.
Tout autour de la terre
nous avons rencontré
la mer qui se promenait
avec tous ses coquillages
ses îles parfumées
et puis ses beaux naufrages
et ses saumons fumés.
Au-dessus de la mer
nous avons rencontré
la lune et les étoiles
sur un bateau à voiles
partant pour le Japon
et les trois mousquetaires des cinq doigts de la main
tournant la manivelle d’un petit sous-marin
plongeant au fond des mers
pour chercher des oursins.
Revenant sur la terre
nous avons rencontré
sur la voie de chemin de fer
une maison qui fuyait
fuyait tout autour de la terre
fuyait tout autour de la mer
fuyait devant l’hiver
qui voulait l’attraper.
Mais nous sur notre chemin de fer
on s’est mis à rouler
rouler derrière l’hiver
et on l’a écrasé
et la maison s’est arrêtée
et le printemps nous a salués.
C’était lui le garde-barrière
et il nous a bien remerciés
et toutes les fleurs de toute la terre
soudain se sont mises à pousser
pousser à tort et à travers
sur la voie de chemin de fer
qui ne voulait plus avancer
de peur de les abîmer.
Alors on est revenu à pied
à pied tout autour de la terre
à pied tout autour de la mer
tout autour du soleil
de la lune et des étoiles
A pied à cheval en voiture et en bateau à voiles.

 

Elephant

Petit hommage à l’éléphant et à la littérature.

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« Les vrais philosophes sont comme les éléphants, qui en marchant ne posent jamais le second pied à terre que le premier ne soit bien affermi. » Fontenelle

« Qu’importe à ceux du firmament

Qu’on soit mouche ou bien éléphant? » La Fontaine

Still the water

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Film de Naomi Kawase , sélectionné en 2014 au Festival de Cannes.

Distribution:Nijirô Murakami,Jun Murakami,Miyuki Matsuda,Tetta Sugimoto,Makiko Watanabe,Fujio Tokita

Île d’Amami, au Japon. Une chamane, à mi-chemin entre les hommes et les dieux, se meurt lentement d’une maladie incurable. Elle accepte, donc, la mort non comme une fin mais un renouveau. Autour d’elle, son mari, sa fille Kyoko, ses voisins l’accompagnent en entonnant sa chanson préférée, en esquissant quelques pas de danse afin de lui faciliter ce nouveau départ.  Kaito, lycéen,  découvre un jour un corps sans vie dans la mer et sa jeune amie Kyoko va l’aider à percer ce mystère. Bardé de certitudes, il se dispute avec son père, tatoueur à Tokyo…  Ils vont apprendre à vivre et à aimer en dépit des doutes et des désillusions…

La nature:

Dès le titre du film on comprend que les éléments naturels font partie du message que veut transmettre Naomi Kawase. Que cela soit les éléments aquatiques ou végétaux. Les gens comme la chamane vivent avec les éléments qui peuvent être généreux mais aussi être moins agréables comme lorsqu’il y a des typhons.  L »île d’Amami sont mises en opposition à la grouillante et effervescente Tokyo.

 

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La mort

Présente tout le long, à accepter, faisant partie de la vie, elle renforce presque les liens entre ceux qui vont mourir et ceux qui accompagnent jusqu’au bout. La mort sous-entend l’âme qui part chez les humains comme chez les animaux. Attention: scène « gores » de chèvres égorgées.

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L’amour

L’amour est constamment présent:

Celui qui vous permet d’accompagner l’être aimé jusqu’au bout.

Celui que l’on arrive pas à remplacer quand un couple se sépare.

Celui qui est presque un poids parce que d’autre problèmes viennent faire obstacle.

Celui que l’on a l’impression de voir des années après la mort de l’être aimé sous les traits de quelqu’un d’autre.

La scène de fin

Comme une renaissance dans l’eau, elle montre que l’on peut vivre ainsi que de l’optimisme.

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La réalisatrice a tout simplement, à l’aide d’acteurs justes, l’île où elle a grandi.

Saint Augustin et Alypius reçoivent la visite de Ponticianus

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Tempera sur bois de Nicolò di Pietro vers 1413.

 

L’histoire

Il retrace un épisode de la vie de Saint Augustin. Cette scène est rarement représentée en peinture et précède la conversion au christianisme de Saint Augustin. En effet, Ponticianus leur parle d’Antoine. Et voilà sa réaction:

Nous étions dans la stupeur de l’admiration au récit de ces irréfragables merveilles de si récente mémoire, presque contemporaines, opérées dans la vraie foi, dans l’Eglise catholique.

Un élément de retable

En 1997, des historiens de l’art ont découvert que ce panneau faisait partie d’un polyptique qui ornait à l’origine le maître-autel de l’église Sant’ Agostino de Pesaro.

Technique, composition et influences

L’origine vénitienne du peintre lui apporte l’héritage de l’Orient byzantin et celui de l’Occident. En effet, il l’ a fait a tempera (peinture à l’œuf) et l’auréole du saint et les poignets des deux compagnons sont dorés.

Des couleurs choisies

Dans le goût du gothique international, il utilise le rouge, le bleu, le vert, le jaune avec des symboles éventuels que les couleurs représentent: le vert pour l’espérance, le bleu pour l’humain et le rouge pour le divin.

L’espace et la composition

Saint Augustin domine la scène. Les corps semblent dans un espace étroit. Les trois protagonistes , placés autour d’une table dont la surface est rabattue vers l’avant , forment un triangle dans la profondeur et un cercle à la surface du plan.

L’interprétation du thème

Les costumes sont de l’époque du peintre et non celle de Saint Augustin (IVe s.) avec un décalage de style entre les robes simples, presque intemporelles et les coiffures à la mode du début du XVe s.

Le jeu d’échecs

Le texte ne précise pas de quel jeu il s’agit et qu’ils sont en train de jouer. L’échiquier pourrait ici faire allusion à la vie « païenne » que quitte Augustin au moment de sa conversion, ou encore le manichéisme dont il s’était fait l’apôtre avec le royaume des ténèbres et le royaume des ténèbres. Le saint, ici, joue les pions blancs.

Vous pouvez trouver cette œuvre au Musée des Beaux-Arts de Lyon

Etre sur la route

Se taire

Tout fiche en l’air

Se nourrir d’imaginaire

Et sans partage

Vivre des choses

Et peut-être,

Y voir plus clair.

Un miroir, j’ose

Et sans ambages

J’y vais, j’erre.

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