Virginia L.

Poésie. Dessin.

Piero della Francesca et les paysages de la Renaissance

Suite à une conférence, organisée par l’Institut culturel italien de Lyon, de  Rosetta Borchia et Olivia Nesci, voilà ce que l’on a pu apprendre:

Le peintre Piero della Francesca (1415-1492) est un peintre de la Renaissance italienne. Il a été chargé par le duc Federico da Montefeltro de faire des tableaux des paysages de son domaine.

th_20120316091926_8Federicoweb Paysage que l’on retrouve à Ca’ Mocetto.

Map_of_Montefeltro.svg

Entre les provinces de Pesaro-Urbino e Rimini, ce domaine représente, par ses caractéristiques historiques, culturelles et paysagères, un territoire unique en son genre.

Le portrait de Battista Sforza, la femme du duc, offre une vue de Monte Gregorio:

th_20120316091841_0BattistawebBattista Sforza

Quant aux Trionfi (Triomphes) , ce serait plutôt à Pieve del Colle:

th_20120126162904_7ITrionfiweb

Pour San Gerolamo e un devoto (Saint Jérôme et un dévot), Piero della Francesca a choisi à nouveau un paysage de Monte Gregorio:

th_20120102120643_8gerolamo_devoto

Pour La Resurrezione (La Resurrection), c’est la vue de Pugliano Vecchia:

th_20140515181517_8resurrezioneLa Resurrezione

Pour Il Battesimo (Le Baptême), il a choisi le panorama de Petrella Guidi:

th_20140515190841_1Piero_battesimo_di_cristo_04Il Battesimo

Pour La Natività (la Nativité), il a préféré Monte Boaggine:

th_20140515111150_4nativita

C’est ce qu’ont découvert les deux scientifiques Rosetta Borchia et Olivia Nesci après huit ans de travail. Le paysage est resté bien conservé à part l’ écroulement d’une partie de certains rochers. Piero della Francesca était en outre un scientifique et a parfaitement respecté les différentes couches géologiques. A l’époque, les monts étaient couverts de peu de végétation car c’était une petite ère glaciaire de quatre cents ans. Maintenant, cela est couvert d’arbres car cette région est passée d’un climat méditerranéen à un climat subtropical.

Voilà ce que ça donne à présent:

sans-titre (151)

20120112175537-9640_ala vallée du Metauro

les deux scientifiques ont même cherché le paysage que l’on retrouve dans La Joconde pour se rendre compte que c’était fait près du fleuve Sentinello:

0

6

Même si Léonard de Vinci avait moins de goût pour peindre des paysages. Il lui fallait surtout des roches et de l’eau. Et non, la femme qui a posé n’était ni la femme du Signor Giocondo ni Monna Lisa mais Pacifica Brandeani mais chut…

Alors, ça vous donne envie d’y aller?

Pour plus d’informations, vous pouvez lire le livre:

cop

ou aller sur le site:

montefeltroveduterinascimentali.eu

La petite fille de monsieur Linh

sans-titre (150)

Voilà de début:

« C’est un  vieil homme debout à l’arrière d’un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul désormais à savoir qu’il s’appelle ainsi. Debout à la poupe du bateau, il voit s’éloigner son pays, celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras l’enfant dort. Le pays s’éloigne, devient infiniment petit, et Monsieur Linh le regarde disparaître à l’horizon, pendant des heures, malgré le vent qui souffle et le chahute comme une marionnette. »

 

L’histoire:

Un vietnamien d’un certain âge se réfugie aux Etats-Unis après avoir perdu son fils, sa belle-fille. Pour sauver sa petite-fille, il part avec elle à contre-coeur en Amérique dans un lieu réservé aux réfugiés. S’ensuivent certaines rencontres et des péripéties.

Philippe Claudel soulève quelques questions:

  • Ce livre parle de la perte de repères. Comment quitter son pays, ses odeurs en ne gardant que ses souvenirs?
  • Qu’est-ce que l’amitié?
  • Est-ce que l’on peut vivre si l’on n’ a pas trouvé un sens à la vie, des repères?

L’auteur:

Philippe_Claudel_2013

Philippe Claudel est agrégé de lettres modernes et a consacré une thèse à André Hardellet.  il est maître de conférences à l’Université de Nancy au sein de laquelle il enseigne l’écriture scénaristique. Philippe Claudel a également été professeur en prison et auprès d’adolescents handicapés physiques. Ses principaux romans sont traduits dans le monde entier; son film, Il y a longtemps que je t’aime, a obtenu un grand succès en France et dans le monde. Il intègre l’Académie Goncourt le 11 janvier 2012 au couvert de Jorge Semprun. Il a écrit de nombreuses œuvres dont celle qui traite de la première guerre mondiale: Les âmes grises.

 

En sortant de l’école

Je voulais vous faire partager ce petit parfum d’enfance, ce pur moment de poésie écrit par Prévert. Est-ce que cela vous rappelle des souvenirs poétiques d’enfance? Lesquels?

 

En sortant de l’école
nous avons rencontré
un grand chemin de fer
qui nous a emmenés
tout autour de la terre
dans un wagon doré.
Tout autour de la terre
nous avons rencontré
la mer qui se promenait
avec tous ses coquillages
ses îles parfumées
et puis ses beaux naufrages
et ses saumons fumés.
Au-dessus de la mer
nous avons rencontré
la lune et les étoiles
sur un bateau à voiles
partant pour le Japon
et les trois mousquetaires des cinq doigts de la main
tournant la manivelle d’un petit sous-marin
plongeant au fond des mers
pour chercher des oursins.
Revenant sur la terre
nous avons rencontré
sur la voie de chemin de fer
une maison qui fuyait
fuyait tout autour de la terre
fuyait tout autour de la mer
fuyait devant l’hiver
qui voulait l’attraper.
Mais nous sur notre chemin de fer
on s’est mis à rouler
rouler derrière l’hiver
et on l’a écrasé
et la maison s’est arrêtée
et le printemps nous a salués.
C’était lui le garde-barrière
et il nous a bien remerciés
et toutes les fleurs de toute la terre
soudain se sont mises à pousser
pousser à tort et à travers
sur la voie de chemin de fer
qui ne voulait plus avancer
de peur de les abîmer.
Alors on est revenu à pied
à pied tout autour de la terre
à pied tout autour de la mer
tout autour du soleil
de la lune et des étoiles
A pied à cheval en voiture et en bateau à voiles.

 

Elephant

Petit hommage à l’éléphant et à la littérature.

elephant

 

« Les vrais philosophes sont comme les éléphants, qui en marchant ne posent jamais le second pied à terre que le premier ne soit bien affermi. » Fontenelle

« Qu’importe à ceux du firmament

Qu’on soit mouche ou bien éléphant? » La Fontaine

Still the water

sans-titre (145)

 

Film de Naomi Kawase , sélectionné en 2014 au Festival de Cannes.

Distribution:Nijirô Murakami,Jun Murakami,Miyuki Matsuda,Tetta Sugimoto,Makiko Watanabe,Fujio Tokita

Île d’Amami, au Japon. Une chamane, à mi-chemin entre les hommes et les dieux, se meurt lentement d’une maladie incurable. Elle accepte, donc, la mort non comme une fin mais un renouveau. Autour d’elle, son mari, sa fille Kyoko, ses voisins l’accompagnent en entonnant sa chanson préférée, en esquissant quelques pas de danse afin de lui faciliter ce nouveau départ.  Kaito, lycéen,  découvre un jour un corps sans vie dans la mer et sa jeune amie Kyoko va l’aider à percer ce mystère. Bardé de certitudes, il se dispute avec son père, tatoueur à Tokyo…  Ils vont apprendre à vivre et à aimer en dépit des doutes et des désillusions…

La nature:

Dès le titre du film on comprend que les éléments naturels font partie du message que veut transmettre Naomi Kawase. Que cela soit les éléments aquatiques ou végétaux. Les gens comme la chamane vivent avec les éléments qui peuvent être généreux mais aussi être moins agréables comme lorsqu’il y a des typhons.  L »île d’Amami sont mises en opposition à la grouillante et effervescente Tokyo.

 

sans-titre (147)

La mort

Présente tout le long, à accepter, faisant partie de la vie, elle renforce presque les liens entre ceux qui vont mourir et ceux qui accompagnent jusqu’au bout. La mort sous-entend l’âme qui part chez les humains comme chez les animaux. Attention: scène « gores » de chèvres égorgées.

images (53)

L’amour

L’amour est constamment présent:

Celui qui vous permet d’accompagner l’être aimé jusqu’au bout.

Celui que l’on arrive pas à remplacer quand un couple se sépare.

Celui qui est presque un poids parce que d’autre problèmes viennent faire obstacle.

Celui que l’on a l’impression de voir des années après la mort de l’être aimé sous les traits de quelqu’un d’autre.

La scène de fin

Comme une renaissance dans l’eau, elle montre que l’on peut vivre ainsi que de l’optimisme.

sans-titre (146)

 

La réalisatrice a tout simplement, à l’aide d’acteurs justes, l’île où elle a grandi.

Saint Augustin et Alypius reçoivent la visite de Ponticianus

329_450_nicolo-di-pietro (2)

Tempera sur bois de Nicolò di Pietro vers 1413.

 

L’histoire

Il retrace un épisode de la vie de Saint Augustin. Cette scène est rarement représentée en peinture et précède la conversion au christianisme de Saint Augustin. En effet, Ponticianus leur parle d’Antoine. Et voilà sa réaction:

Nous étions dans la stupeur de l’admiration au récit de ces irréfragables merveilles de si récente mémoire, presque contemporaines, opérées dans la vraie foi, dans l’Eglise catholique.

Un élément de retable

En 1997, des historiens de l’art ont découvert que ce panneau faisait partie d’un polyptique qui ornait à l’origine le maître-autel de l’église Sant’ Agostino de Pesaro.

Technique, composition et influences

L’origine vénitienne du peintre lui apporte l’héritage de l’Orient byzantin et celui de l’Occident. En effet, il l’ a fait a tempera (peinture à l’œuf) et l’auréole du saint et les poignets des deux compagnons sont dorés.

Des couleurs choisies

Dans le goût du gothique international, il utilise le rouge, le bleu, le vert, le jaune avec des symboles éventuels que les couleurs représentent: le vert pour l’espérance, le bleu pour l’humain et le rouge pour le divin.

L’espace et la composition

Saint Augustin domine la scène. Les corps semblent dans un espace étroit. Les trois protagonistes , placés autour d’une table dont la surface est rabattue vers l’avant , forment un triangle dans la profondeur et un cercle à la surface du plan.

L’interprétation du thème

Les costumes sont de l’époque du peintre et non celle de Saint Augustin (IVe s.) avec un décalage de style entre les robes simples, presque intemporelles et les coiffures à la mode du début du XVe s.

Le jeu d’échecs

Le texte ne précise pas de quel jeu il s’agit et qu’ils sont en train de jouer. L’échiquier pourrait ici faire allusion à la vie « païenne » que quitte Augustin au moment de sa conversion, ou encore le manichéisme dont il s’était fait l’apôtre avec le royaume des ténèbres et le royaume des ténèbres. Le saint, ici, joue les pions blancs.

Vous pouvez trouver cette œuvre au Musée des Beaux-Arts de Lyon

Etre sur la route

Se taire

Tout fiche en l’air

Se nourrir d’imaginaire

Et sans partage

Vivre des choses

Et peut-être,

Y voir plus clair.

Un miroir, j’ose

Et sans ambages

J’y vais, j’erre.

Tabac rouge, James Thiérée

imagesCA4MPJOB

James Thiérée

  • Il apprend l’acrobatie, la danse, le trapèze et le violon auprès du Cirque imaginaire et du Cirque invisible. Il se forme au théâtre au Piccolo Teatro de Milan puis à la Harvard Theatre School. Il travaille avec les plus grands metteurs en scène et réalisateurs comme:  Peter Greenway, Beno Besson, Claude Miller, Coline Serreau. Depuis la fin ’90, il crée et met en scène: La Symphonie du Hanneton en 1998 (Il a reçu le prix Adami, et quatre Molière), La Veillée des abysses en 2003, au revoir parapluie en 2007, Raoul en 2009.

 

  • Dans le cadre de la 16ème Biennale de la danse à Lyon, James Thiérée nous présente son dernier spectacle: Tabac rouge. Un  spectacle qui fait la part belle aux danseurs et au décor. Sans texte, le tout dans le genre tastico-toxique.

sans-titre (143)

C’est noir, halluciné avec le personnage central vieillard qui se comporte comme un sale gosse. Il est installé dans son vieux fauteuil avec à ses pieds une sorte de peuple rampant ou sur des roulettes, ça dépend. Le décor est un fatras de tuyauteries, des échafaudages, des miroirs. Du pur imaginaire avec des personnages mystérieux comme la « couturière ». Tabac rouge traite aussi de la mort, fait preuve aussi de drôlerie et de tristesse. C’ est très riche avec beaucoup de trouvailles dont une seule pourrait suffire à faire un spectacle. Le volume de la scène est entièrement utilisé, le tout dans un métalangage invité qui permet aux danseurs d’aller au-delà de la communication corporelle. La musique et les sons font partie intégrante du spectacle. A garder en mémoire certaines scènes comme le moment où le « tyran » porte un manteau de « roi » doré avec une traîne qui bouge grâce aux danseurs qui sont dessous ou encore la scène du « papier recousu ». Une sorte de Ubu Roi.

Tabac  rouge:

Cela résume bien une de ses citations de l’artiste:

Tout passe par l’envie de voir surgir des images sur scène.

La mode au XVIe siècle

 

Histoire:

Face à l’Empire de Charles Quint, la France joue un rôle essentiel. Après les guerres de religion et l’Edit de Nantes en 1598, l’économie est dynamique et soutenue par une reprise des échanges. L’Angleterre s’affirme sur le plan international grâce  à la stabilité du règne d’Elisabeth 1er (1558-1603). Le Danemark émerge. Les Pays-Bas et l’Italie s’effacent.

La période des modes italiennes:

Sous Louis XII, l’homme a trois pièces essentielles:

  • Le Pourpoint décolleté pour laisser voir la chemise avec ses manches fendues et qui forment deux manchons.
  • Le haut- de chausse séparé du bas-de-chausse. C’ est devenue une véritable culotte à pont. La partie du devant commence à former une poche saillante: la braguette.
  • Le manteau a des formes diverses.
  • Quant à la robe, elle n’est plus portée que par les gens âgés ou comme insigne de fonction.

Louis-xii-roi-de-franceLouis XII (1462-1515)

 

La robe des femmes se porte sur une chemise, des chausses et une cotte et un corset. Elles mettent le touret en soie et en velours.

Pour les deux sexes subsiste la fourrure soit en broderie, en revers ou en doublure. L’influence des modes italiennes pénètre à la cour dès l’expédition de Charles VIII et surtout sous François 1er avec les bas de soie et les  velours venant de Gênes, Florence, Venise, Milan.

Pour les hommes, deux vêtements de dessus possibles:

  • La chamarre: ouverte devant, doublée de fourrure ou d’une soie avec des emmanchures très bouffantes souvent ornées de galons ou de passementeries.
  • La casaque: sorte de paletot sans ceinture, fendu sur le côté et noué. Elle atteint les genoux et elle est à courtes et larges et manches refendues laissant l’avant-bras découvert.

 

images (44)Henri III et Louise de Lorraine, estampe du XIXe siècle

Le pourpoint très souple, avec son décolleté -bateau , laisse voir le bord de la chemise froncée, brodée et, par ses taillades, une doublure de soie. Une basque le prolonge à la taille.

Les chausses, également à crevés, sont souvent parties, c’est-à-dire d’une couleur ou d’une ornementation différente pour chaque jambe. Celles en tonnelet moulent la cuisse jusqu’au genou. Plus tard, au fil du temps, on l’appellera la chausse à la martingale, première forme de la culotte à pont. La braguette deviendra de plus en plus proéminente.

Braguette, crevés et taillades sont d’origine suisse et germanique, tandis que les chamarres rappellent les mantelets italiens. On allège la forme des chaussures avec les escafignons (chaussure décolletée large et renflée au bout du pied) puis les eschappins (sans talon, couvrant le pied et taillade sur le dessus).

Portrait_de_Francois_IerFrançois 1er

  • La barbe est à la mode à partir de 1515 et les cheveux raccourcissent. C’est à l’Italie qu’est emprunté le couvre-chef le plus courant: la toque de Florence, à bords relevés et ornés d’une enseigne. Il y a le chapeau de feutre à fond plat entouré d’une grande plume qui retombe sur le côté. On porte aussi le béret rond et plat en feutre et les chapeaux d’estrain en paille ou til.
  • Une nouveauté dans le port de l’épée en costume civile qui modifie le comportement et ce, jusqu’en 1789. Elle sert de signe distinctif social.

Il y a beaucoup d’étoffes précieuses, galons, broderie d’or et d’argent mais les lois somptuaires de 1532 et 1554 ne parviennent pas à freiner ce luxe.

  • Dès le début du siècle, il y a un changement en ce qui concerne la mode féminine: la robe est fendue devant et laisse voir la cotte dans une échancrure triangulaire. Le décolleté reste carré avec une ligne en arceau. Vers le milieu du siècle, ce décolleté sera couvert par une gorgerette de tissu léger avec des broderies de perles. S’ y adaptera le col montant bordé d’un ruche. Mais la fin du règne de François 1er  verra apparaître la vertugade espagnole.
  • Dès le règne de François 1er, une coiffe, une résille perlée dite escoffion, enveloppe les cheveux. Elle est portée avec le bonnet-chaperon, coiffe légère maintenue par un ou deux cercles de perles ou d’orfèvrerie. Elle est recouverte en arrière par une cornette de chaperon.

sans-titre (140)Diane, comtesse de Guiche dite la Corisande et sa fille, 1580

ME0000057470_3Bal de nuit aux noces du duc de Joyeuse

  • Les veuves portent un chaperon rigide, légèrement arqués sur les côtés.

La période des modes espagnoles

Après 1525, l’influence espagnole simplifie progressivement la tenue. Cela est très net à la fin du règne de François 1er et surtout sous celui de Henri II.
Henry_II_of_France.Henri II, 1559, portrait de François Clouet

  • Les tissus sont sombres et tracés d’or
  • Le pourpoint est appliqué au buste
  • Le collet est montant
  • Les basques sont plus longues
  • Les manches sont moins bouffantes

De 1540 à 1575

  •  Chez les hommes, on fait place aux détails des modes flamande et espagnole aux dépends de la mode italienne. Les chausses ont des poches où se mettent les montres en vogue fabriquées à Nuremberg. La cape espagnole remplace la chamarre. La barbe se taille en pointe. les bas, généralement plus longs, s’attachent aux chausses et sont faits en tricot de soie. Mais cela n’empêche pas les exagérations d’où la loi somptuaire de 1561. Elle est cependant inefficace car elle ne s’applique ni aux princes ni à la cour.
  • Le costume féminin suit également cette tendance vers l’austérité. Le corsage baleiné, décolleté et souvent lacé, laisse apparaître les manches de la chemise comme un pourpoint masculin. La jupe, toujours fendue sur la cotte, est soutenue par la vertugade. La robe est montante avec un collet et des manches plus ou moins volumineuses serrées au poignet. L’amincissement de la taille s’accentue sous Charles IX avec le corps piqué rigide. La vertugade se  modifie. Au jupon cerclé espagnol se substitue un bourrelet circulaire répartissant autour du corps l’ampleur d’une jupe montée à fronces. Cet équivalent français du vertugade se diffuse largement en Hollande. Il fallut faire des chaises hautes dites chaises à vertugadin mais elle ne fut jamais portée par les Espagnoles. De quoi susciter l’ironie de certains…

chaise-a-vertugadin chaises à vertugadin

  • Le corps baleiné, plus rigide, comprime étroitement le buste. Un véritable instrument de torture. A la fin du siècle arrive la troisième forme de plateau ou de tambour plat sur lequel s’étale la robe généralement recouverte d’un volant froncé. Inspiré par la ropa espagnole, la marlotte est un manteau mi-long à manches rembourrées à l’épaule ouvert devant. La berne, elle, est un vêtement de femme du genre marlotte, droit, ample du dos.

La recherche d’une mode nouvelle

  • L’organisation du travail se modernise. Certaines industries connaissent un développement important. Les progrès de la bonneterie  et de la teinturerie sont sensibles à Paris avec les bonnets « façon Saint-Marcel » et les écarlates des familles Gobelins et Canaye sont réputés. Dans la première moitié du siècle, la production en draperie légère est en pleine expansion à Amiens. C’est également le cas pour la soie: la manufacture de Tours a 8000 métiers et Lyon, centre de distribution des étoffes italiennes, devient un centre de production. La ville profite de la protection royale. En 1536, Etienne Turquet et Barthelemi Nariz, marchands d’origine italienne ont l’autorisation de François 1er d’y installer des métiers à tisser et d’embaucher des ouvriers. La ville est la seule à avoir le privilège d’entreposer la soie grège. 12000 personnes y sont employées à la fin du siècle. A Nîmes et Montpellier, on fabrique des velours et des satins. On fabrique des bas de soie à Dourdan et des étoffes de soie à Orléans.

charles_IX_clouet_musee_louvreCharles IX, François Clouet, 1565

Francois-duc-de-guiseFrançois de Guise, portrait au crayon par François Clouet

  • Au début du XVIIe siècle la production séricicole se développe en France. Par ailleurs, la fabrication de futaines de coton réunit à Lyon 2000 ouvriers. Pour protéger ses industries , l’état établit des droits d’entrée sur les tissus étrangers destinés à l’habillement. L’ordonnance du 18 juillet 1540 pour les draps d’or et d’argent et autres tissus venus de l’étranger. Celle de 1572 interdit d’exporter sans autorisation les matières premières textiles et d’importer les draps, toiles, velours, taffetas…

FRANOI~1 François 1er

  • Après l’alliance de François 1er et Soliman, l’Orient est à la mode avec des habillements, chatoyants de satin cramoisi constellé d’or azuré ou vert, empanachés de plumes et ruisselants de pierreries. Et ceci malgré la religiosité espagnole et l’austérité protestante.
  • Un des excès les plus caractéristiques a été la fraise. Elle remonte au collet droit du pourpoint ou de la robe qui laisse dépasser le ruché de la chemise. La ruche se développa lentement à partir de 1550 et ne deviendra la grande fraise indépendant qu’après 1575. Henri III, en 1578, inaugura une fraise empesée  d’un demi-pied de largeur. Elle souleva les quolibets des Parisiens la comparant au plat portant la tête de Saint Jean-Baptiste

imagesCAB2V69Vcritique de la fraise

La fraise sera unie, à un seul rang de tuyaux parfois ouverte devant jusqu’à l’apparition, à la fin du siècle de la fraise non empesée dite à la confusion et du collet monté bordé de dentelle.

  • Les hommes et les femmes portent les cheveux en raquette ou en ratepenade, relevés tout autour du visage. Les femmes les soutiennent grâce à des arceaux. La même petite toque garnie d’une aigrette coiffe les deux sexes mais les femmes mettent un chaperon en forme de cœur dont la pointe avance sur le front. La coiffure sur les côtés. On a donné le nom d’attifet à cette coiffure. Ensuite, les toques disparaitront et les femmes ne porteront plus de chapeau durant près de deux siècles sauf par caprice ou des circonstances spéciales comme la chasse. Subsisteront les chaperons, coiffes et autres cornettes. Arriva la mode des conques: voiles en tissu léger montés sur une vaste armature métallique d’où ils se dressaient derrière la tête et parfois même enveloppaient le dos. En France, il est surtout adopté par les veuves.
  • C’est sûrement le caractère sans cesse changeant de l’habillement qui a servi la réputation de la France en Europe. Plus qu’une activité créatrice, c’est la vivacité de l’esprit français qui exerce son rayonnement sur les pays d’Occident. En face d’une Allemagne austère, une Allemagne protestante,  une Italie divisée, une Angleterre intransigeante, elle offre des variations séduisantes de l’élégance malgré les troubles et les violences.

 

Les petits trucs en plus:

  • Jacques Cartier va au Canada.
  • Le français devient vraiment la langue officielle avec l’Ordonnance du 10 août 1539 de Villers-Cotterêts
  • Les pierres alourdissent énormément les vêtements.
  • Les pierres les plus chères sont les rubis et les perles sont très chères car elles viennent de Ceylan.
  • François 1er invite les artistes italiens qu’il paie très cher dans le but d’aller plus loin que la Renaissance: c’est ce que l’on appelle l’école de Fontainebleau.

La mode au XVIIe siècle

La mode au XVIIIe siècle

La mode au XIXe siècle

La mode au XXe siècle Partie 1

La mode au XXe siècle Partie 2 

Etienne Martin

Jusqu’au 16 septembre, le Musée des Beaux arts de Lyon propose une exposition sur Etienne Martin (1913-1995).

images (42)

Le musée a déjà fait une exposition dédiée à l’artiste mais celle-ci est là pour marquer l’acquisition faite par le musée de la sculpture Hommage à Brown (1988-1990). Un véritable totem.

Etienne-Martin_hommage-Brown_AR0048_250-250

En effet, James Jacques Brown était un artiste très proche d’Etienne Martin. Ce qui est intéressant est qu’elle est exposée face à celle-ci, Etienne Martin écrase l’envie et la médiocrité du sculpteur J. Brown:

sans-titre (135)

Il a été formé aux Beaux Arts de Lyon et a enseigné. C’est un hommage à une figure majeure du XXe s. De La Sauterelle (1933) , emblématique des années de formation:

sans-titre (134)

à l’ Ecce Homo (1993),

images (41)

C’est une racine d’oranger avec des chaînes, de quoi voir un Christ supplicié. Le bois est le matériau préféré du sculpteur comme pourrait l’indiquer son œuvre Le Pommier-Homme dont le titre prouve bien qu’il faisait passer l’arbre, le bois avant l’homme.

En passant par le Nautilus, hommage à Jules Verne:

images (43)

et la Pietà (en tilleul, 1945):

sans-titre (133)

L’exposition nous parle de l’artiste amateur d’architecture qui dessinait des plans de sa maison de famille de Loriol et qui avait une vision architecturale de la sculpture comme le montrent aussi ses Etudes pour demeure en fil de fer.

sans-titre (136)

L’œuvre de l’artiste est représentée chronologiquement. Cela témoigne des enjeux de son temps. Avec ses récompenses nationales et internationales, Etienne Martin s’inscrit dans l’histoire de l’art du XXe s. par la liberté accordée au matériau employé et par la diversité de ses inspirations.

 

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 25 autres abonnés