La linea

par virginielebrun

Un crayon pour un trait

Un trait pour une vie

Naître d’ une main

Naître d’ un crayon

Le visage dessiné s’ illumine

Un oeil bleu qui brille et cligne

Elle fait bouger ses cheveux blonds ondulant

Un geste sûr, lent et charmant

Elle le regarde et lui dit:

Pourquoi m’ as-tu réveillée?

Ne vois-tu pas que tu m’ as dérangée?

J’ avais envie de te voir, lui répondit-il.

D’ abord, on ne se connaît pas, dit-elle d’ un ton sec.

C’ est normal, je viens de te créer, déclara-t-il désespéré.

Mais sans vie, sans histoire, comment veux-tu que je fasse? Protesta-t-elle

Soit tu finis en me donnant une vraie vie. Soit, je retourne dans les limbes, dit-elle d’ un air décidé.

 

Mais ne te vexe pas, je t’en prie, attends. Je vais t’ appeler Elise, ça te va?

Attends que je réfléchisse, dit-elle en faisant la moue. Il y a plus joli mais après tout… ça me convient. Et quelle serait ma vie?

Je vais te faire muse d’ un peintre vénitien.

Venise, la lagune, l’ Italie attirent l’ oeil d’ un peintre mais attention à ce qu’ il ne te rende pas malheureuse. Tu es ma créature après tout.

Je saurai me défendre, dit-elle d’ un air de dédain.

Nous sommes d’ accord alors?

Oui, oui. dépêche-toi ou je vais perdre patience.

Tu es prête?

Il le faut bien.

Mais, que se passe-t-il? Tu n’ as plus de souffle?

Non, le peintre vénitien vient de me dire qu’ il a déjà une muse.

Mais quel mufle, quel goujat celui-là!

 

Trouvons une autre solution, veux-tu aller an Californie?

Il fait trop chaud là-bas?

Et la Géorgie?

L’ Italie, la Californie et la Géorgie, arrête avec tous tes noms en i.

Alors, tu seras un Anglaise. Là-bas, il ne fait pas trop chaud et il y a un peintre impressioniste touttriste.

Il a besoin d’ une muse qui l’ assiste.

C’ est décidé et cela mérite bien un baiser.

 

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