Les Nabis

par virginielebrun

Maurice Denis en 1890 dans Définition du néo-traditionnisme, en réaction aux Impressionnistes explique qu’ un tableau est « essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblés. »

  • Tout commence à Pont-Aven où Gauguin réside, il s’oriente vers le japonisme, le primitivisme et le symbolisme en en faisant une synthèse. Selon lui, il ne faut pas peindre d’après nature car « l’ art est une abstraction« .  « C’est le seul moyen de monter vers Dieu en faisant comme notre divin Maître, créer. » Il peint la Vision après sermon, un chef-d’oeuvre qui révolutionne la peinture.

gauguin, la vision après sermon

La vision après sermon de Gauguin

  • Il rencontre Paul Sérusier à qui il dit d’ utiliser « le plus beau vert de votre palette » pour représenter un arbre et du vermillon si les feuilles de celui-ci sont rouge. Il invite donc à la simplification des procédés picturaux, aux couleurs pures pour transposer l’ équivalent passionné d’ une sensation reçue.

Le Talisman de SérusierPaul Sérusier, le Talisman

  • De retour à Paris, ce dernier montre ce qu’il appelle le « talisman » (ce secret) à ses amis Henri Ibels, Pierre Bonnard, Maurice Ranson qui sont à l’ Académie Julian comme lui. Ils décident de s’appeler « Nabis » (prophète en hébreu).Ils discutent avec les autres élèves de l’ académie sur l’ art, la philosophie, la musique, le théâtre et aussi les religions orientales.

Au cirque de Ibels

Sérusier « le nabi à la barbe rutilante », Denis « le nabi aux belles icônes », Bonnard « Le nabi japonard » se retrouvent à l’atelier de Paul Ranson appelé Le Temple pour des soirées avec le sculpteur Maillol, Gauguin, le compositeur Ernest Chausson.  Arrivent en 1889 Vuillard « le nabi zouave » puis de Ker-Xavier Roussel, Rippl-Ronai « le nabi hongrois », Jean Verkade « le nabi obéliscal » et Frédéric Vallotton « le nabi étranger ».

Roussel, Vuillard, Coolus, Vallotton

  • L’ art des nabis s’inspire du symbolisme mais aussi de l’art populaire et primitif, des estampes japonaises, de Gauguin, Cézanne.

Gauguin: «  La couleur, vibration comme l’ est la musique, atteint ce qu’il y a de plus général dans la nature […] sa force intérieure. »

Cela s’exprime avec des couleurs vives, des formes entrecroisées et des arabesques décoratives. Plus la couleur est pure, plus l’ œuvre est belle. Ils décorent les théâtres, illustrent des poèmes, travaillent dans les arts graphiques (affiches, vitraux, paravent…). Ils collaborent à La revue blanche et on peut noter deux tendances.

La raison probante de Félix Vallotton, gravure sur bois

Et après?

  • Certains sont plus attirés par le symbolisme, la religiosité  dans la démarche de la simplification primitive en suivant Gauguin comme Sérusier. Ils seront à l’origine d’ un nouvel art sacré d’obédience catholique. 
  • D’ autres son plus amateurs de Degas, du japonisme dans un esprit plus profane comme Vuillard qui  représentent la vie quotidienne, juxtaposent des motifs et font des cadrages atypiques pour se diriger plus tard vers une peinture subtile et raffinée.

En 1903, la disparition  de la Revue blanche marquera la fin des nabis mais en 15 ans ils auront bouleversé la peinture et ouvert la voie aux révolutions picturales du siècle à venir.

Publicités