Tranche de vie n°9

par virginielebrun

 

 LE MARIAGE OU COMMENT S’ENCHAÎNER GAIEMENT 

« Beaucoup de courtes folies, c’est ce qui, chez nous, se nomme amour. Et votre mariage finit beaucoup de folies en une longue bêtise. »

Nietzsche

 

    Et arriva le moment tant attendu. Tout le monde était présent et essayait de faire bonne figure. Pas de panique! Étrange ce sentiment, ce mélange de trac et de bonheur. Nicolas, lui, a l’air tout blanc. C’est sûrement dû à la fête d’ hier soir. Enfin bon, même comme ça il est toujours aussi chou surtout, et c’ est à marquer d’ une pierre blanche, dans son costume. Il f aut dire qu’il n’est pas du genre à aimer les cravates. Quant à moi, j’ai évité l’ impression d’ être une tarte couverte d’une grosse couche de chantilly. Le jour où il m’ a demandée en mariage, dans un restaurant, il avait mis un genou à terre. Tout le monde nous avait félicités. Il faut dire que c’ était très discret. Je ne savais plus où me mettre. J’ avais les larmes aux yeux et le sourire aux lèvres.  Depuis le temps que j’ attends ce moment. On ne se séparera plus Nicolas, je te le jure et ça pour le meilleur comme pour le pire et oui je le veux. Tout le monde crie, les parents pleurent. J’ai même eu droit à un «Je ne l’ espérais plus, je te croyais un cas désespéré. Je me demandais même ce que j’ allais pouvoir faire de toi.» Dans ces cas-là, il vaut mieux ne rien répondre. Avez-vous remarqué que les mères ne sont guère encourageantes parfois? Mais elle n’ arrivera pas à gâcher ma journée. Enfin bon, Judith s’est comportée correctement et même avec une courtoisie inhabituelle envers Paul. C’ est déjà ça. Pas de scandale. Je suppose qu’ elle voulu faire bonne figure vis à vis de sa compagne. 

Je ne pus alors m’ empêcher de penser que ce n’ était pas la fin des ennuis et qu’il fallait que je reste vigilant. Le pire allait peut-être survenir. Décidément…

Publicités