Virginia L.

Poésie. Dessin.

Mois : septembre, 2013

Hygiène de l’assassin

Je dois avouer que je n’ avais jamais lu de livre d’Amélie Nothomb. Je ne la « connaissais » qu’à travers ses interviews.

Le mal est réparé. J’ai voulu commencer par son premier livre qui a déjà 20ans.

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  • L’histoire:

Prétextat Tach est un auteur réputé qui a eu le Prix Nobel de littérature. Ce vieux misanthrope obèse se tient à l’écart du monde mais voilà il lui reste deux mois à vivre. Des journalistes sollicitent donc des entrevues. Il les considérera comme des duels à l’aide de sa mauvaise foi et sa logique. Cependant le cinquième journaliste qui viendra ne sera pas comme les autres… Comment tenir tête à Prétextat Tach? Les échanges se feront acides et tourneront à l’interrogatoire.

  • Pourquoi est-ce qu’il faut le lire?

-C’est cynique, acerbe, ironique, incisif et mordant.

– Amélie Nothomb ne ménage pas la langue et la cisèle parfaitement et n’hésite pas à utiliser le mot qui va faire mouche .

-Parce qu’il n’y a pas un mot de trop.

– Parce qu’avec ce livre, comme pour tous les bons, cela change notre regard.

-Ce n’est pas fait pour les « lecteurs-grenouilles ».

  • L’auteur

Elle est née en 1967 à Kobé et y a vécu pendant ses cinq premières années, d’où son attachement au Japon. Dès son premier roman, Hygiène de l’assassin, Amélie Nothomb s’est imposée comme un écrivain singulier. En 1999, elle obtient avec Stupeur et tremblements le Grand Prix de l’Académie française.

Au fait, que pensez-vous des livres audio?

Meurtre dans un jardin indien de Vikas Swarup

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L’histoire

Vicky Rai, jeune riche sans scrupule, est tué lors de sa garden party. Six invités sont suspectés. Ils ont tous un bon mobile mais qui a bien pu le tuer? Ce qui semble être un simple polar se révèle être bien plus que ça.

Un livre très intéressant. Pourquoi?

  • Parce qu’il y a de l’humour.
  • Parce que ce livre sait aussi être touchant et même émouvant.
  • Parce que c’est brillant et intelligent.
  • Parce que c’est fichu comme un puzzle. L’ auteur a même écrit ceci:

Le livre a été difficile à écrire, pas seulement parce que c’était mon deuxième. L’ambition même du roman-raconter les histoires imbriquées de six vies différentes dans un schéma narratif serré- en faisait une entreprise hasardeuse.

  • Parce que l’on découvre beaucoup de facettes de l’Inde car on traverse toute l’Inde et on a un voyage dans toutes les classes sociales.
  • Parce que ça dénonce pas mal les travers du pays.
  • Parce que les personnages sont très bien croqués. Juste ce qu’il faut mais pas trop non plus. Bref, juste assez pour nous donner l’impression de les connaître et de s’y attacher.
  • Parce qu’il nous convie à aller sur le site suivant: www.andaman.org

L’auteur:

Né en 1963 à Allahabad, Vikas Swarup est diplomate . Son premier livre Les Fabuleuses Aventures d’un Indien malchanceux qui devint milliardaire a eu le Prix Grand Public du Salon du livre en 2007. Vous le connaissez car il a été adapté au cinéma sous le nom de Slumdog millionaire.

La mode au XXe siècle, seconde partie

  • Le renouveau de la haute couture parisienne.

Christian Dior est l’auteur de ce renouveau suite à la seconde guerre mondiale avec ce New Look qu’il présenta lors de la collection de février 1947. Tout est nostalgie et élégance avec les épaules arrondies, la poitrine haute, et soulignée, taille cintrée et fine, jupe longue et bouffante et les accessoires plus qu’importants comme les gants, le chapeau et les escarpins. Après les restrictions, on peut maintenant utiliser les étoffes. Il marquera les années 50.

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L’autre nom est Cristobal Balenciaga. Tout est bien coupé et soigné avec des lignes originales et de belles couleurs. Cela semble léger et confortable, sans gaine comme son tailleur à col rond ajusté et sa robe tunique qui a marqué le reste du siècle.

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Chanel fait son retour avec une version améliorée de son tailleur. Il est simple et fonctionnel et aura un succès mondial dans les années 60. Il inspirera même le prêt-à-porter international. Il fait désormais partie de la légende.

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Le système de licence est là pour protéger les créations.

  • La jeunesse au pouvoir.

Les années 60 connaissent un changement radical avec les adolescents du baby boom, les voyages dans l’espace, la Nouvelle Vague et les groupes de rock. On exhibe les corps et arrive le monokini créé par Rudi Gernreich. (Vous me direz, est-ce une bonne idée?) Arrive la mini-jupe de Mary Quant et bien sûr les mini-robes de Courrèges. Le vêtement est un prolongement de la peau selon Marshall McLuhan et ce n’est pas Yves Klein qui va le contredire. Une véritable onde de choc.

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Les femmes portent des pantalons! Chose qui ne se faisait qu’à la maison. Le tailleur-pantalon révolutionne tout. Et que dire du jean, nouveau venu des States.

Pierre Cardin présente des robes futuristes « Space Age » qui sont composées de matières synthétiques et arborent des motifs géométriques.

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Il chamboule tout en arrivant dans la haute couture en 1953 et en créant en 1950 sa ligne de prêt-à-porter, la première de prêt-à-porter de couturier! Ce n’est pas tout, il se lance dans la mode masculine en 1960 alors que seulement les tailleurs s’en occupaient! Il n’ hésite pas à les présenter avec des cheveux et des couleurs vives et avec beaucoup de tissu. Yves Saint-Laurent quitte la direction Dior en 1961 pour voler de ses propres ailes et ouvre une boutique de prêt- à- porter en 1966. Il suit le changement de mœurs dû à mai 68, suit l’art et cela donne le look Mondrian et le look Pop-Art:

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Plus tard, il inventera la saharienne:643_diaporama_aspx14891image_jpg_755923495_north_545x

En 1966, Paco Rabanne fait une arrivée remarquée et utilise autre chose que du tissu pour habiller: du métal:

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Les fibres synthétiques ont le vent en poupe avec le lycra de Du Pont et le polyester de Imperial Chemical Industries.

  • L’essor du prêt- à-porter.

Avec la culture de masse et des matières synthétiques, le prêt-à-porter est considéré et démocratise la mode. Comme les couturiers, les stylistes du prêt-à-porter présentent leurs deux collections par an. Milan et New York sont dans les années 70 de nouvelles villes où il faut présenter les collections. Londres et Tokyo arriveront plus tard.

C’est l’arrivée de Sonia Rykiel et d’Emmanuelle Khanh dessinent du prêt-à-porter stylés et fonctionnels.

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C’est également l’arrivée de Kenzo Takada avec ses coupes dans des étoffes de kimono (ça vous fait penser à quelque chose?). C’est le retour au naturel suite aux années 60 futuristes.  C’est le moment hippy avec des jeans usés, des t-shirts et des pendentifs. La rue donnent des tendances comme des punks, surfeurs, skateurs, musiciens, artistes.

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  • Le power-dressing.

Pour une image d’autorité et de pouvoir féminine pour des femmes des années 80 qui travaillent avec du classique et une petite touche sexy.  Thierry Mugler en est l’emblême:

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Azzedine Alaïa crée un style glamour avec des matières extensibles  modernes. Chanel et Hermès retrouvent leur place en proposant des produits faits pour une clientèles classique. Milan anticipe les tendances avec des études de marché. Giorgio Armani fait des vêtements pour l’élite professionnelle . Dans les années 80, Gianni Versace propose son Real Clothing chic et fonctionnel. La mode italienne va très loin. Personnellement ma marque italienne préférée est Missoni. Voilà un peu son esprit:

Voici la collection 2010-2011

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Jean-Paul Gaultier et Vivienne Westwood, en suivant le culte du corps, recyclent des corsets et des jarretières, cela perdurera jusque dans les années 90. Gaulier collabore avec La Perla en 1983 pour faire son corset, hommage à sa grand-mère.

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Arrive également cette année-là la fameuse marinière:

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En 1988, arrive un OVNI sur la planète mode: Christian Lacroix qui ouvre en 1988 sa première boutique avec l’aide LVMH. Avec lui c’est la chaleur de Sud, Arles qui est sa ville inspiratrice qui débarque. J’ adore. Pour moi, c’est vraiment un artiste. C’est une image de sa collection 2008:

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  • Les créateurs japonais.

La mode occidentale arrive au Japon à l’époque Meiji (1867-1912) et la mode japonaise fait son apparition à l’international après la seconde guerre mondiale. Le premier est Kenzo Takada:

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Avec l’essor économique du Japon, les couturiers japonais arrivent en force.

Issey Miyake présente sa première collection à Paris en 1973 avec comme concept de base: recouvrir le corps d’une seule pièce, d’un seul tenant. Dans les années 80, il s’attaque au plissé. Il assemble les pièces puis plisse

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Tout est calculé, la forme, la matière et la fonction du vêtement. Il mélange tradition japonaise et nouvelles technologies textiles. Avec sa ligne A-POC, il mélange tricot classique avec une nouvelles technique de fabrication pour un tricot sous forme tubulaire en 1999.

En 1982,Rei Kawakubo et Yohji Yamamoto surprennent avec leurs vêtements monocolores, simples, déchirés, déglingués comme pour représenter le vide du monde.

Voici une création de Rei Kawabuko pour Comme des garçons:

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A chaque fois, ils allient une sensibilité esthétique japonaise à la coupe européenne comme le fera également Junya Watanabe. Leur influencera le monde entier.

La mode au XXe siècle première partie

  • Années 1900-1910: Nouveau Vêtement/stop au corset

La première guerre mondiale bouleverse la société et la culture. Les femmes de plus en plus instruites travaillent, et font du sport et la voiture n’est pas rare. Il faut donc des vêtements fonctionnels. Les couturiers comme Jacques Doucet, Jeanne Paquin, et Charles Frederick Worth continuent cette mode de cette silhouette en S mais quand elles ne sont plus en société les femmes abandonnent le corset. Le vêtement d’intérieur prisé est le tea gown.

61.219.8_threequarter_front_CP4C’est une création Worth

Il est ample, vaporeux et permet de cacher un corset défait. Remercions donc Paul Poiret qui a libéré la femme des corsets. Le focus se fait sur les épaules et plus la taille. Le soutien-gorge arrive. C’est une nouvelle beauté. Il invente des créations exotiques avec des couleurs vives avec des culottes de harem et des jupes entravées. Il faut dire que la traduction des Mille et une nuits y est pour quelque chose ainsi que le Japon (et oui, encore et la Russie avec les ballets russes). Comme Paul Poiret, les Callot Sœurs y trouvent un certain exotisme et sensualité. Sans compter le côté Grèce Antique et ses plissés inspirent certains comme Mariano Fortuny. Les ateliers Wiener Werkstätte fondés par Joseph Hoffmann inventent la robe sac.

La mode devient de plus en plus internationale avec le magazine Vogue (New-York) et la Gazette du bon ton (Paris) avec beaucoup d’illustrations. Les catalogues sont également illustrés. Les acheteurs et les journalistes vont à Paris pour connaître les dernières tendances . La Chambre syndicale de la couture parisienne créée en 1910 fixe les dates des créations mais la première guerre mondiale va tout bouleverser. Les femmes remplacent les hommes au travail et ont besoin de jupes plus courtes et des coupes plus simples. Quant à la mode masculine, elle change peu.

  • 1920: La nouvelle femme

De retour de la guerre, les hommes reprennent le travail mais ce ne sera plus pareil pour les femmes. La liberté est de mise. On écoute du jazz et du tango. Bourgeoisie et Noblesse coexistent ainsi que l’élégance classique et les tenues d’avant-garde.

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On passe aux cheveux courts. Finis les chignons. La garçonne qui a des vêtements qui remontent quasiment jusqu’aux genoux (une robe courte à taille basse) est instruite, fait du sport (golf, tennis, natation) et peut même fumer, porte un chapeau cloche. On évite de souligner les seins et la taille pour un effet plus androgyne. C’est sobre mais pas tant que ça car il y a toujours une touche pailletée (broderies) ou alors les accessoires font le reste comme le boa. On est en plein Art déco. Personnellement j’ adore.

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En dessous, on met une gaine, un soutien-gorge, des bas de couleur chair. Le teint doit être très blanc donc on met de la poudre de riz, du rouge-à-lèvres pour des lèvres bien écarlates, du kohl noir pour les yeux et des sourcils très fins.

Le sportswear se développe à l’aide de la championne de tennis Suzanne Lenglen et de Gabrielle Chanel.

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Chanel bouleverse tout avec sa première robe en jersey, ses ensembles à veste cardigan, des pantalons de « yachting », ses pyjamas de plage, sa petite robe noire (avec elle, le noir n’est plus que la couleur du deuil) et ses bijoux fantaisie. Voici un de ses ensembles de jour des années 20

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On assiste à l’arrivée de Jean Patou, Edward Molyneux, Lucien Lelong. Les prestigieuses maisons Paquin et Caillot Sœurs sont encore là et bien sûr les femmes arrivent comme Coco Chanel et Madeleine Vionnet. Cette dernière est considérée comme une architecte de la mode et innnove beaucoup avec ses motifs géométrique et son travail d’assemblage. Elle a différentes coupes comme celles en biais, circulaire, à crevé sans compter le col boule, le décolleté bain de soleil et l’incrustation triangulaire.

Voici une de ses créations, elle date de 1929:

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Le tout dans une union entre l’art et la mode avec le surréalisme, le futurisme et l’Art déco et la renaissance de la laque orientale. Mais la crise de 1929  va tout stopper net.

  • 1930: L’art et la mode.

La silhouette s’assouplit davantage. La poitrine est mise à nouveau en valeur (et oui, ça ne pouvait durer) et la taille est VRAIMENT à la taille. on porte des vêtements un peu plus longs pour sortir. Les cheveux poussent un peu et ondulés. Les congés payés arrivent et avec eux les vacances. Les maisons de couture commencent à proposer ce que l’on appelle pas encore le prêt- à- porter avec notamment des pulls, pantalons et maillots de bain. Elsa Schiaparelli se lance dans ce créneau et travaille souvent avec des artistes dadaïstes et surréalistes. Elle imprime et brode des créations de ces artistes. Elle utilise également des matières nouvelles comme le vinyle ou le cellophane.

Avec Chanel, Vionnet et Schiaparelli nous avons quand même un homme: Cristobal Balenciaga qui ouvre un salon à Paris en 1937 et a dès le début une très bonne réputation. Les stars hollywoodienne influencent également. Marlene Dietrich et Greta Garbo sont souvent habillées par Adrian. Les revues de mode sont de plus en plus illustrées à l’aide de photos couleur et les photographes commencent à avoir un nom comme George Hoymingen-Huene, Horst P. Horst, Toni Frissell et bien sûr Man Ray.

M252007 Emily Davies porte une création Vionnet

  • 1940

Avec la seconde guerre mondiale, beaucoup de maisons ferment et celles qui restent ouvertes manquent de matières premières. Les Allemands tentent de déplacer l’industrie textile vers Berlin ou Vienne. La Chambre syndicale de la couture à Paris obtient un statu quo sous l’occupation. Une des rares matières est la rayonne et il faut des tickets de rationnement. Les gens font des vêtements avec des vieux. On s’habille plus serré et plus court à cause du manque de tissu. La jupe droite est privilégiée à celle évasée. Les vestes sont à épaulettes carrées avec des larges poches. Le tailleur ressemble à un uniforme.

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On triche un peu avec les chapeaux qui ne subissent pas ses restrictions d’où des capelines et de grands turbans. Les chaussures à semelles de liège remplace le cuir.

Pendant que l’Europe est en guerre, les U.S.A avancent notamment dans le prêt- à- porter avec un style californien décontracté, le style de ville new-yorkais et celui des campus bon marché. Claire McCardell dessine une ligne sport coton et jersey. Bref, du beau et fonctionnel pour la naissance d’un style américain.

  • Après la guerre, les couturiers parisiens reprennent du service. On peut voir les premières collections de Jacques Fath et Pierre Balmain

sans-titre (10)Pierre Balmain en pleine création

Grâce au Théâtre de la mode, une exposition de mannequins miniatures, créée par la Chambre syndicale de Paris, la France prouve qu’elle est riche et créative en ce qui concerne la couture.

Arrive ensuite le New Look de Christian Dior en 1947, sa première collection. Elle fait sensation avec sa taille fin et la jupe ample pour un petit côté nostalgique. En effet, c’est un retour au corset (souvent la gaine élastique rose ou beige) alors que la femme se libère. Un paradoxe.

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La suite au prochain numéro.

La mode au XIXème siècle

La France est donc devenue depuis le siècle précédent le leader mondial de la mode féminine.

  • Le style empire

On a donc une évolution vers un style néoclassique avec des matières transparentes comme la mousseline, la gaze et la percale.

sans-titre (7) portrait de Madame Récamier de François Gérard

Comme  cela n’est pas très chaud, on couvre ses épaules d’un châle en cachemire. La mode du cachemire est lancée en 1799 avec la campagne en Egypte de Napoléon. Il est apprécié pour ses motifs et ses couleurs. C’est très cher. Vers 1830, tout le monde en veut et les manufactures tournent à plein régime. Lyon en fabrique de qualité supérieure. Les moins coûteux sont fabriqués à Paisley en Ecosse. Avec la révolution, la soie perd de son importance au profit du coton qui vient d’Angleterre. Les soyeux lyonnais connaissent donc une crise à laquelle Napoléon tente d’y remédier en imposant des droits de douane.

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Après son sacre en 1804, le vêtement devient politique en imposant les vêtements en soie lors des cérémonies officielles.

280px-Jacques-Louis_David,_The_Coronation_of_Napoleon_editSacre de Napoléon de Jacques-Louis David

Dans la première décennie, les vêtements n’évoluent guère mais après 1810 les jupes se raccourcissent.

Révolution dans la lingerie:

Le corset souple sans baleines et la brassière se généralisent avec de la soie. Le luxe et les couleurs chatoyantes sont de retour. On est loin de la Révolution.

  • Le style romantique

La taille n’est plus haute. Le corset est de retour car avec cette nouvelle mode il faut une taille de guêpe.

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Les jupes s’évasent et se raccourcissent pour montrer les chevilles mais le plus marquant est la manche à « gigot » avec des ballons et serrée au poignet. Il ne faut pas oublier non plus le décolleté qui est tellement important qu’il faut le couvrir à l’aide d’un fichu, d’une cape, d’une berthe ou bien un cache-coeur. Pour l’équilibre de la tenue, le chapeau et la coiffure s’élargissent avec des fleurs artificielles, des plumes ou bijoux fantaisie avec un goût pour les épopées et l’exotisme pour une femme délicate et mélancolique, pâle avec des détails de coiffes, bijoux et robes du XVe et XVIIe siècles.

  • La robe à crinoline

De 1830 à 1840.

Le gonflant de la jupe est dû à la superposition de plusieurs jupons. Cela limite les activités mais il n’est pas convenant qu’une femme de la bonne société s’adonne aux efforts physiques. En outre, c’est un signe de richesse. Les jupes s’allongent, touchant le sol. Vers 1850, apparaît la crinoline-cage. C’est un jupon rigidifié à l’aide de cerceaux en acier ou des baleines. Les jupes prennent une grande ampleur.

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Cela est notamment dû au progrès du fil d’acier , de l’industrie textile et à la machine à coudre. Cette nécessité de beaucoup de tissu fait fonctionner les métiers à tisser et qui sont de plus en plus perfectionner ainsi que les procédé de teinture. C’est donc une bonne nouvelle pour les soyeux lyonnais. Napoléon III soutient l’industrie textile à la grande satisfaction de la bourgeoisie. Des couturiers comme Charles Frederick Worth utilisent les soies lyonnaises pour son raffinement et la ville retrouve sa place de principal fournisseur d’étoffe de couture. Il ne faut pas oublier les très belles dentelles qui viennent de Valenciennes ou d’Alençon. Vers 1850, les manches se font plus fines et les poignets moins étroits. Cela va avec de petits chapeaux ou des bonnets.

  • La tournure  

Vers la fin 1860, les jupes prennent du volume vers l’ arrière et s’aplatissent devant: c’est la tournure qui est un coussinet.

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sans-titre (8) Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte de Georges Seurat

La tournure va durer jusqu’en 1880 et est même présente dans les classes populaires. Après 1850, les robes se composent souvent de deux pièces . Avec la fin du siècle, il y a un retour aux riches ornementations. les robes sont surchargées. Une exception, une robe une pièce créée en 1870 pour la princesse Alexandra, future reine d’Angleterre. C’est la robe princesse. Les coiffures sont de plus en plus élaborées et les chapeaux se font bien plus discrets pour les mettre en valeur.

  • La silhouette en S

La silhouette en S et le tailleur pour dame sont les grandes nouveautés de la Belle Epoque  (de la fin du XIX è siècle à 1914).

Il faut: une taille très fine, une poitrine généreuse projetée vers l’avant et un fessier saillant pour donner une forme de S. Bref, ce n’ a guère changé si l’on regarde aujourd’hui. Cela fait référence à un côté organique, naturel. Les fabricants de lingerie créent des corsets adaptés. On est en pleine période de l’Art nouveau avec les ourlets sinueux de la jupe cloche et le motif floral que l’on un peu partout sur les accessoires.

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  • L’essor de la lingerie

En plus de- la robe du matin

–  la robe d’après-midi

– la robe de réception

– la robe du soir

– la robe de bal

– la robe de dîner

– la robe d’intérieur

et la chemise de nuit pour enfin se coucher (heureusement qu’avec l’industrialisation le vêtement n’est plus une denrée rare) il ne faut pas oublier la lingerie c’est-à-dire:

– jupons

– chemises

– culottes

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Il y a une mode de la lingerie et les progrès dans l’acier font évoluer les tournures et autres crinolines. On brevette même les produits.

  • Le début du « business de la mode »

Comme nous l’avons vu, l’industrie textile fait des progrès et également en ce qui concerne les couleurs grâce au synthétique que l’ aniline permet. La bourgeoisie adopte rapidement ces couleurs profondes. En outre, Isaac Merrit Singer invente en 1851 la machine à coudre. Vous avez compris, il n’y a qu’un pas à franchir pour passer au prêt-à-porter que l’on appelle confection en France. Les manufactures ne font pas dans ce cas-là des produits de bonne qualité avec des tailles imprécises pour des vêtements souples et fonctionnels alors que la haute couture se positionne dans le haut de gamme.

L’anglais Charles Frederick Worth ouvre à Paris en 1857 une maison de couture qui posa les bases de la haute couture avec:

– des collections changeantes

– la vente du même produit à ses clientes

– et l’emploi de mannequins pour présenter les créations.

  • vêtements de sport et de loisirs

Il existait déjà des tailleurs « amazones » mais au milieu du XIXe siècle, les vêtements pour le sport et le voyage font vraiment leur arrivée.

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OK. je n’ ai pas pu résister. Je vous ai également les maillots de bain.

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  • Le japonisme et la mode parisienne

En 1854, le Japon s’ouvre au commerce international et bien sûr cela intéresse l’Europe et de 1880 à 1920 on assistera à un certain japonisme avec l’utilisation du kimono comme robe de chambre et son tissu permet de faire des robes. En outre, on retrouve des motifs japonais sur des tissus comme les soieries lyonnaises.

heriot82_smallPortrait de Madame Hérriot par Auguste Renoir

  • Et les robes de mariée?

Je n’ ai pas pu résister, j’ en ai mises quelques-unes. Le blanc devient la couleur pour se marier, symbole de pureté et d’innocence. Cela vient d’Angleterre. On ne se marie plus avec des couleurs vives.

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  • Et les hommes?

Le terme dandy est créé. Les aristocrates exilés en Angleterre rentrent en 1815 avec cette « tendance » de l’élégance suprême en ce qui concerne les vêtements, les manières. Le tout est d’avoir malgré ce raffinements des vêtements simples et fonctionnels. Le comble du luxe? un costume sur mesure.

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La suite au prochain numéro.

La mode française au XVIIIe siècle

Avec Louis XV, un style chic et raffiné arrive: le rococo puis deux possibilités:  l’artifice ou le naturel. Avec la Révolution française qui a bouleversé l’ordre social, on délaisse le côté rococo au profit du néoclassique plus sobre.

  • Le rococo

Il est synonyme de raffinement mais aussi d’extravagance. On passe plus de temps dans les boudoirs et les tenues évoluent en conséquence.

L’ une des plus prisées est la robe volante qui est faite d’un corsage à plis larges long et d’un jupon rond. Bien qu’il y ait un corset, elle semble confortable.

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Elle fait place à la robe française jusqu’à la Révolution.

Sophistication et délicatesse avec les dentelles pour décorer les poignets et couvrir le décolleté en général.

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Avec sa pièce d’estomac qui n’est pas cousue. C’est long à mettre. vous imaginez au quotidien, surtout avec  son panier et son corps à baleines que nous « corset ».

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Chapeau aux somptueuses soieries lyonnaises qui sont inséparables de ce styles rococo. Dès le XVII è siècle, l’ Etat aide les soyeux lyonnais  qui améliorent leurs métiers à tisser et inventent de nouvelles méthodes de teinture. Ils acquièrent une très bonne réputation et commencent à dépasser les produits italiens.

  • Parallèlement, les aristocrates en quête de simplicité portent quelque chose de plus champêtre un peu dans le style des femmes du peuple avec une petite veste courte, le caraco ou le casaquin. La pièce d’estomac est remplacée par des compères que l’on attache avec des boutons. Cela s’explique en partie par l’anglomanie que connaît la France à cette époque. Le goût anglais pour les promenades vont donner des robes que l’on pouvait retrousser dans les poches. les pans de la robe sont drapés dans le dos. Elle est faite d’une robe fermée sur le devant et d’une jupe montée par fronçage puis elles est cousue au corsage. Elle est parfois montée

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avec ou sans panier.

L’arrière de la jupe est remonté avec des cordons puis divisé en trois parties drapées. C’est une allusion à la première division de la Pologne en trois royaumes  en 1772.

  • La mode masculine

L’ habit à la française se compose d’une veste, d’un gilet et de culottes et pour compléter: une chemise blanche, un jabot, une cravate et des bas de soie.

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L’habit rococo du gentilhomme est coloré avec beaucoup de broderies, des boutons fantaisie, des sequins, des bijoux, des fils précieux. Il y a l’influence anglaise avec la redingote à col comme tenue de ville. Le « frac » anglais arrive au milieu du XVIII è siècle avec une veste à col à revers et de couleur unie. Avant la Révolution, la mode est aux rayures et la broderie tend à disparaître. C’est ce que montre le Magasin des modes (et oui, ça existait déjà), magazine de mode de l’époque. Comme Le Journal du goût, Le Cabinet des modes et La Galerie des modes er du costume français, ces magazines sont importants car avec le développement du train et de l’ impression, ils sont indispensables pour diffuser aux professionnels  

  • Chinoiseries

Les meubles chinois et les porcelaines rares sont importants et les tissus « chinois » sont à la mode avec des motifs asymétriques, associations particulières de couleurs, la soie dite « bizarre », la broderie « ungen » et un tissu de coton jaune appelé « Nankin ». Il ne faut pas oublier non plus les éventails qui sont incontournables.

  • Le japon

On  porte les kimonos comme des robes de chambre. Les importations étant limitées, on porte des robes de chambre d’indienne. C’est donc rare et cher.

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On se rend compte que la mode est internationale depuis longtemps ainsi que la mondialisation. En effet, l’indienne, cette toile de coton peinte ou imprimée fabriquée en Inde. Pour protéger l’industrie française, son importation et sa production est interdite jusqu’en 1759. L’interdiction levée, l’impression sur coton se développe vite. La manufacture de Jouy profite des avancées dans la physique et la chimie.

  • Et Marie-Antoinette:

Elle se passionna pour la mode, ses extravagances lui même été reprochées par sa mère car une reine devait s’habiller « convenablement ». Cela coûtait cher à l’Etat. On commença alors à l’appeler Madame-Déficit. Elle était réputée pour ses robes à paniers et ses coiffures à échafaudage. C’était la première fois que le styliste d’une reine (en l’occurrence une femme: Rose Bertin) pouvait travailler pour les autres aristocrates en ayant une boutique. Bien sûr, les femmes de la cour se devaient de suivre les excentricités de la reine.

sans-titre (32) peinture de Marie Louise Elizabeth Vigée-Le Brun.

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Mais il y eut une Marie-Antoinette plus simple, en robe de mousseline, une ceinture de taffetas et une capeline lors de sa « période Trianon ». Ce n’est pas corseté et du coup cela permet d’être plus libre de ses mouvements.Ce portrait officiel fit scandale car la tenue ne fut pas considérée comme digne d’une reine de France.

images (7)portraits de Mme Vigée-Le Brun

Et voilà la version officielle:

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  • Et avec la Révolution française?

La révolution française encourage la simplicité: du coton à la place de la soie. Le linon (tissu de qualité semblable à celle du lin mais avec la finesse du coton) est très utilisé et permet finesse et transparence. Il ne faut pas oublier la percale, la mousseline et la gaze.

la robe rév

Apparaît aussi la redingote avec col à revers transformée pour la femme en redingote à la hussarde. Un fichu couvre les épaules et la nuque et le tout est rentré dans la pièce d’estomac.

Pour marquer la fin de l’ Ancien régime, la tenue devient propagande. On ne porte plus de culotes et des bas de soie mais des pantalons et la carmagnole qui est une veste, un bonnet phrygien, une cocarde tricolore et des sabots sous peine d’être considérés comme contre-révolutionnaires.

COSTUMES R2VO

  • Et après la Révolution française?

Après la Révolution, on a, chez les jeunes, des vêtements excentriques. Sous la Terreur, les petits-maîtres (les Incroyables) sot habillés de façon frivole et les Merveilleuses portent des robes fines, transparentes et exit les corsets et les paniers. Bref, à l’opposé du rococo. Cette robe dite Round gown, la taille est à la poitrine. La robe et le corsage sont cousus ensemble pour ne faire qu’une seule pièce. On utilise des ornementations avec des plumes pour la coiffure. Bref, le XIXe siècle pointe son nez.

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La suite au prochain numéro.

La mode au XIXe siècle

La mode au XXe siècle partie 1

La mode au XXe siècle partie 2

Mes aventures littéraires

livreIl y a quelques années, j’ ai publié Temps et espace aux éditions La Bruyère

Cela a donné un article dans La voix de l’ Ain:

article

J’ aimerais vous parler maintenant de Humeurs que je voudrais publier. Je l’ ai voulu enfantin comme le sont certaines des œuvres de Prévert mais aussi très profond. Bref, Humeurs est un concentré de nos sentiments.