La mode française au XVIIIe siècle

par virginielebrun

Avec Louis XV, un style chic et raffiné arrive: le rococo puis deux possibilités:  l’artifice ou le naturel. Avec la Révolution française qui a bouleversé l’ordre social, on délaisse le côté rococo au profit du néoclassique plus sobre.

  • Le rococo

Il est synonyme de raffinement mais aussi d’extravagance. On passe plus de temps dans les boudoirs et les tenues évoluent en conséquence.

L’ une des plus prisées est la robe volante qui est faite d’un corsage à plis larges long et d’un jupon rond. Bien qu’il y ait un corset, elle semble confortable.

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Elle fait place à la robe française jusqu’à la Révolution.

Sophistication et délicatesse avec les dentelles pour décorer les poignets et couvrir le décolleté en général.

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Avec sa pièce d’estomac qui n’est pas cousue. C’est long à mettre. vous imaginez au quotidien, surtout avec  son panier et son corps à baleines que nous « corset ».

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Chapeau aux somptueuses soieries lyonnaises qui sont inséparables de ce styles rococo. Dès le XVII è siècle, l’ Etat aide les soyeux lyonnais  qui améliorent leurs métiers à tisser et inventent de nouvelles méthodes de teinture. Ils acquièrent une très bonne réputation et commencent à dépasser les produits italiens.

  • Parallèlement, les aristocrates en quête de simplicité portent quelque chose de plus champêtre un peu dans le style des femmes du peuple avec une petite veste courte, le caraco ou le casaquin. La pièce d’estomac est remplacée par des compères que l’on attache avec des boutons. Cela s’explique en partie par l’anglomanie que connaît la France à cette époque. Le goût anglais pour les promenades vont donner des robes que l’on pouvait retrousser dans les poches. les pans de la robe sont drapés dans le dos. Elle est faite d’une robe fermée sur le devant et d’une jupe montée par fronçage puis elles est cousue au corsage. Elle est parfois montée

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avec ou sans panier.

L’arrière de la jupe est remonté avec des cordons puis divisé en trois parties drapées. C’est une allusion à la première division de la Pologne en trois royaumes  en 1772.

  • La mode masculine

L’ habit à la française se compose d’une veste, d’un gilet et de culottes et pour compléter: une chemise blanche, un jabot, une cravate et des bas de soie.

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L’habit rococo du gentilhomme est coloré avec beaucoup de broderies, des boutons fantaisie, des sequins, des bijoux, des fils précieux. Il y a l’influence anglaise avec la redingote à col comme tenue de ville. Le « frac » anglais arrive au milieu du XVIII è siècle avec une veste à col à revers et de couleur unie. Avant la Révolution, la mode est aux rayures et la broderie tend à disparaître. C’est ce que montre le Magasin des modes (et oui, ça existait déjà), magazine de mode de l’époque. Comme Le Journal du goût, Le Cabinet des modes et La Galerie des modes er du costume français, ces magazines sont importants car avec le développement du train et de l’ impression, ils sont indispensables pour diffuser aux professionnels  

  • Chinoiseries

Les meubles chinois et les porcelaines rares sont importants et les tissus « chinois » sont à la mode avec des motifs asymétriques, associations particulières de couleurs, la soie dite « bizarre », la broderie « ungen » et un tissu de coton jaune appelé « Nankin ». Il ne faut pas oublier non plus les éventails qui sont incontournables.

  • Le japon

On  porte les kimonos comme des robes de chambre. Les importations étant limitées, on porte des robes de chambre d’indienne. C’est donc rare et cher.

la robe d'indienne

On se rend compte que la mode est internationale depuis longtemps ainsi que la mondialisation. En effet, l’indienne, cette toile de coton peinte ou imprimée fabriquée en Inde. Pour protéger l’industrie française, son importation et sa production est interdite jusqu’en 1759. L’interdiction levée, l’impression sur coton se développe vite. La manufacture de Jouy profite des avancées dans la physique et la chimie.

  • Et Marie-Antoinette:

Elle se passionna pour la mode, ses extravagances lui même été reprochées par sa mère car une reine devait s’habiller « convenablement ». Cela coûtait cher à l’Etat. On commença alors à l’appeler Madame-Déficit. Elle était réputée pour ses robes à paniers et ses coiffures à échafaudage. C’était la première fois que le styliste d’une reine (en l’occurrence une femme: Rose Bertin) pouvait travailler pour les autres aristocrates en ayant une boutique. Bien sûr, les femmes de la cour se devaient de suivre les excentricités de la reine.

sans-titre (32) peinture de Marie Louise Elizabeth Vigée-Le Brun.

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Mais il y eut une Marie-Antoinette plus simple, en robe de mousseline, une ceinture de taffetas et une capeline lors de sa « période Trianon ». Ce n’est pas corseté et du coup cela permet d’être plus libre de ses mouvements.Ce portrait officiel fit scandale car la tenue ne fut pas considérée comme digne d’une reine de France.

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Et voilà la version officielle:

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  • Et avec la Révolution française?

La révolution française encourage la simplicité: du coton à la place de la soie. Le linon (tissu de qualité semblable à celle du lin mais avec la finesse du coton) est très utilisé et permet finesse et transparence. Il ne faut pas oublier la percale, la mousseline et la gaze.

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Apparaît aussi la redingote avec col à revers transformée pour la femme en redingote à la hussarde. Un fichu couvre les épaules et la nuque et le tout est rentré dans la pièce d’estomac.

Pour marquer la fin de l’ Ancien régime, la tenue devient propagande. On ne porte plus de culotes et des bas de soie mais des pantalons et la carmagnole qui est une veste, un bonnet phrygien, une cocarde tricolore et des sabots sous peine d’être considérés comme contre-révolutionnaires.

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  • Et après la Révolution française?

Après la Révolution, on a, chez les jeunes, des vêtements excentriques. Sous la Terreur, les petits-maîtres (les Incroyables) sot habillés de façon frivole et les Merveilleuses portent des robes fines, transparentes et exit les corsets et les paniers. Bref, à l’opposé du rococo. Cette robe dite Round gown, la taille est à la poitrine. La robe et le corsage sont cousus ensemble pour ne faire qu’une seule pièce. On utilise des ornementations avec des plumes pour la coiffure. Bref, le XIXe siècle pointe son nez.

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La suite au prochain numéro.

La mode au XIXe siècle

La mode au XXe siècle partie 1

La mode au XXe siècle partie 2

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