La mode au XIXème siècle

par virginielebrun

La France est donc devenue depuis le siècle précédent le leader mondial de la mode féminine.

  • Le style empire

On a donc une évolution vers un style néoclassique avec des matières transparentes comme la mousseline, la gaze et la percale.

sans-titre (7) portrait de Madame Récamier de François Gérard

Comme  cela n’est pas très chaud, on couvre ses épaules d’un châle en cachemire. La mode du cachemire est lancée en 1799 avec la campagne en Egypte de Napoléon. Il est apprécié pour ses motifs et ses couleurs. C’est très cher. Vers 1830, tout le monde en veut et les manufactures tournent à plein régime. Lyon en fabrique de qualité supérieure. Les moins coûteux sont fabriqués à Paisley en Ecosse. Avec la révolution, la soie perd de son importance au profit du coton qui vient d’Angleterre. Les soyeux lyonnais connaissent donc une crise à laquelle Napoléon tente d’y remédier en imposant des droits de douane.

fdfa0620f0116398213ce0054ffa876b

Après son sacre en 1804, le vêtement devient politique en imposant les vêtements en soie lors des cérémonies officielles.

280px-Jacques-Louis_David,_The_Coronation_of_Napoleon_editSacre de Napoléon de Jacques-Louis David

Dans la première décennie, les vêtements n’évoluent guère mais après 1810 les jupes se raccourcissent.

Révolution dans la lingerie:

Le corset souple sans baleines et la brassière se généralisent avec de la soie. Le luxe et les couleurs chatoyantes sont de retour. On est loin de la Révolution.

  • Le style romantique

La taille n’est plus haute. Le corset est de retour car avec cette nouvelle mode il faut une taille de guêpe.

296a79a73b1c3bb45ba9a445a6c7b349

Les jupes s’évasent et se raccourcissent pour montrer les chevilles mais le plus marquant est la manche à « gigot » avec des ballons et serrée au poignet. Il ne faut pas oublier non plus le décolleté qui est tellement important qu’il faut le couvrir à l’aide d’un fichu, d’une cape, d’une berthe ou bien un cache-coeur. Pour l’équilibre de la tenue, le chapeau et la coiffure s’élargissent avec des fleurs artificielles, des plumes ou bijoux fantaisie avec un goût pour les épopées et l’exotisme pour une femme délicate et mélancolique, pâle avec des détails de coiffes, bijoux et robes du XVe et XVIIe siècles.

  • La robe à crinoline

De 1830 à 1840.

Le gonflant de la jupe est dû à la superposition de plusieurs jupons. Cela limite les activités mais il n’est pas convenant qu’une femme de la bonne société s’adonne aux efforts physiques. En outre, c’est un signe de richesse. Les jupes s’allongent, touchant le sol. Vers 1850, apparaît la crinoline-cage. C’est un jupon rigidifié à l’aide de cerceaux en acier ou des baleines. Les jupes prennent une grande ampleur.

sans-titre (6)

Cela est notamment dû au progrès du fil d’acier , de l’industrie textile et à la machine à coudre. Cette nécessité de beaucoup de tissu fait fonctionner les métiers à tisser et qui sont de plus en plus perfectionner ainsi que les procédé de teinture. C’est donc une bonne nouvelle pour les soyeux lyonnais. Napoléon III soutient l’industrie textile à la grande satisfaction de la bourgeoisie. Des couturiers comme Charles Frederick Worth utilisent les soies lyonnaises pour son raffinement et la ville retrouve sa place de principal fournisseur d’étoffe de couture. Il ne faut pas oublier les très belles dentelles qui viennent de Valenciennes ou d’Alençon. Vers 1850, les manches se font plus fines et les poignets moins étroits. Cela va avec de petits chapeaux ou des bonnets.

  • La tournure  

Vers la fin 1860, les jupes prennent du volume vers l’ arrière et s’aplatissent devant: c’est la tournure qui est un coussinet.

images

sans-titre (8) Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte de Georges Seurat

La tournure va durer jusqu’en 1880 et est même présente dans les classes populaires. Après 1850, les robes se composent souvent de deux pièces . Avec la fin du siècle, il y a un retour aux riches ornementations. les robes sont surchargées. Une exception, une robe une pièce créée en 1870 pour la princesse Alexandra, future reine d’Angleterre. C’est la robe princesse. Les coiffures sont de plus en plus élaborées et les chapeaux se font bien plus discrets pour les mettre en valeur.

  • La silhouette en S

La silhouette en S et le tailleur pour dame sont les grandes nouveautés de la Belle Epoque  (de la fin du XIX è siècle à 1914).

Il faut: une taille très fine, une poitrine généreuse projetée vers l’avant et un fessier saillant pour donner une forme de S. Bref, ce n’ a guère changé si l’on regarde aujourd’hui. Cela fait référence à un côté organique, naturel. Les fabricants de lingerie créent des corsets adaptés. On est en pleine période de l’Art nouveau avec les ourlets sinueux de la jupe cloche et le motif floral que l’on un peu partout sur les accessoires.

h2_1998.222.1

  • L’essor de la lingerie

En plus de- la robe du matin

–  la robe d’après-midi

– la robe de réception

– la robe du soir

– la robe de bal

– la robe de dîner

– la robe d’intérieur

et la chemise de nuit pour enfin se coucher (heureusement qu’avec l’industrialisation le vêtement n’est plus une denrée rare) il ne faut pas oublier la lingerie c’est-à-dire:

– jupons

– chemises

– culottes

LINGERIE

Il y a une mode de la lingerie et les progrès dans l’acier font évoluer les tournures et autres crinolines. On brevette même les produits.

  • Le début du « business de la mode »

Comme nous l’avons vu, l’industrie textile fait des progrès et également en ce qui concerne les couleurs grâce au synthétique que l’ aniline permet. La bourgeoisie adopte rapidement ces couleurs profondes. En outre, Isaac Merrit Singer invente en 1851 la machine à coudre. Vous avez compris, il n’y a qu’un pas à franchir pour passer au prêt-à-porter que l’on appelle confection en France. Les manufactures ne font pas dans ce cas-là des produits de bonne qualité avec des tailles imprécises pour des vêtements souples et fonctionnels alors que la haute couture se positionne dans le haut de gamme.

L’anglais Charles Frederick Worth ouvre à Paris en 1857 une maison de couture qui posa les bases de la haute couture avec:

– des collections changeantes

– la vente du même produit à ses clientes

– et l’emploi de mannequins pour présenter les créations.

  • vêtements de sport et de loisirs

Il existait déjà des tailleurs « amazones » mais au milieu du XIXe siècle, les vêtements pour le sport et le voyage font vraiment leur arrivée.

SPORT_0001

OK. je n’ ai pas pu résister. Je vous ai également les maillots de bain.

MAILLOTS

  • Le japonisme et la mode parisienne

En 1854, le Japon s’ouvre au commerce international et bien sûr cela intéresse l’Europe et de 1880 à 1920 on assistera à un certain japonisme avec l’utilisation du kimono comme robe de chambre et son tissu permet de faire des robes. En outre, on retrouve des motifs japonais sur des tissus comme les soieries lyonnaises.

heriot82_smallPortrait de Madame Hérriot par Auguste Renoir

  • Et les robes de mariée?

Je n’ ai pas pu résister, j’ en ai mises quelques-unes. Le blanc devient la couleur pour se marier, symbole de pureté et d’innocence. Cela vient d’Angleterre. On ne se marie plus avec des couleurs vives.

robes mariées_0001

  • Et les hommes?

Le terme dandy est créé. Les aristocrates exilés en Angleterre rentrent en 1815 avec cette « tendance » de l’élégance suprême en ce qui concerne les vêtements, les manières. Le tout est d’avoir malgré ce raffinements des vêtements simples et fonctionnels. Le comble du luxe? un costume sur mesure.

images (3)

La suite au prochain numéro.

Advertisements