La mode au XXe siècle première partie

par virginielebrun

  • Années 1900-1910: Nouveau Vêtement/stop au corset

La première guerre mondiale bouleverse la société et la culture. Les femmes de plus en plus instruites travaillent, et font du sport et la voiture n’est pas rare. Il faut donc des vêtements fonctionnels. Les couturiers comme Jacques Doucet, Jeanne Paquin, et Charles Frederick Worth continuent cette mode de cette silhouette en S mais quand elles ne sont plus en société les femmes abandonnent le corset. Le vêtement d’intérieur prisé est le tea gown.

61.219.8_threequarter_front_CP4C’est une création Worth

Il est ample, vaporeux et permet de cacher un corset défait. Remercions donc Paul Poiret qui a libéré la femme des corsets. Le focus se fait sur les épaules et plus la taille. Le soutien-gorge arrive. C’est une nouvelle beauté. Il invente des créations exotiques avec des couleurs vives avec des culottes de harem et des jupes entravées. Il faut dire que la traduction des Mille et une nuits y est pour quelque chose ainsi que le Japon (et oui, encore et la Russie avec les ballets russes). Comme Paul Poiret, les Callot Sœurs y trouvent un certain exotisme et sensualité. Sans compter le côté Grèce Antique et ses plissés inspirent certains comme Mariano Fortuny. Les ateliers Wiener Werkstätte fondés par Joseph Hoffmann inventent la robe sac.

La mode devient de plus en plus internationale avec le magazine Vogue (New-York) et la Gazette du bon ton (Paris) avec beaucoup d’illustrations. Les catalogues sont également illustrés. Les acheteurs et les journalistes vont à Paris pour connaître les dernières tendances . La Chambre syndicale de la couture parisienne créée en 1910 fixe les dates des créations mais la première guerre mondiale va tout bouleverser. Les femmes remplacent les hommes au travail et ont besoin de jupes plus courtes et des coupes plus simples. Quant à la mode masculine, elle change peu.

  • 1920: La nouvelle femme

De retour de la guerre, les hommes reprennent le travail mais ce ne sera plus pareil pour les femmes. La liberté est de mise. On écoute du jazz et du tango. Bourgeoisie et Noblesse coexistent ainsi que l’élégance classique et les tenues d’avant-garde.

soutien-gorge

On passe aux cheveux courts. Finis les chignons. La garçonne qui a des vêtements qui remontent quasiment jusqu’aux genoux (une robe courte à taille basse) est instruite, fait du sport (golf, tennis, natation) et peut même fumer, porte un chapeau cloche. On évite de souligner les seins et la taille pour un effet plus androgyne. C’est sobre mais pas tant que ça car il y a toujours une touche pailletée (broderies) ou alors les accessoires font le reste comme le boa. On est en plein Art déco. Personnellement j’ adore.

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En dessous, on met une gaine, un soutien-gorge, des bas de couleur chair. Le teint doit être très blanc donc on met de la poudre de riz, du rouge-à-lèvres pour des lèvres bien écarlates, du kohl noir pour les yeux et des sourcils très fins.

Le sportswear se développe à l’aide de la championne de tennis Suzanne Lenglen et de Gabrielle Chanel.

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Chanel bouleverse tout avec sa première robe en jersey, ses ensembles à veste cardigan, des pantalons de « yachting », ses pyjamas de plage, sa petite robe noire (avec elle, le noir n’est plus que la couleur du deuil) et ses bijoux fantaisie. Voici un de ses ensembles de jour des années 20

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On assiste à l’arrivée de Jean Patou, Edward Molyneux, Lucien Lelong. Les prestigieuses maisons Paquin et Caillot Sœurs sont encore là et bien sûr les femmes arrivent comme Coco Chanel et Madeleine Vionnet. Cette dernière est considérée comme une architecte de la mode et innnove beaucoup avec ses motifs géométrique et son travail d’assemblage. Elle a différentes coupes comme celles en biais, circulaire, à crevé sans compter le col boule, le décolleté bain de soleil et l’incrustation triangulaire.

Voici une de ses créations, elle date de 1929:

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Le tout dans une union entre l’art et la mode avec le surréalisme, le futurisme et l’Art déco et la renaissance de la laque orientale. Mais la crise de 1929  va tout stopper net.

  • 1930: L’art et la mode.

La silhouette s’assouplit davantage. La poitrine est mise à nouveau en valeur (et oui, ça ne pouvait durer) et la taille est VRAIMENT à la taille. on porte des vêtements un peu plus longs pour sortir. Les cheveux poussent un peu et ondulés. Les congés payés arrivent et avec eux les vacances. Les maisons de couture commencent à proposer ce que l’on appelle pas encore le prêt- à- porter avec notamment des pulls, pantalons et maillots de bain. Elsa Schiaparelli se lance dans ce créneau et travaille souvent avec des artistes dadaïstes et surréalistes. Elle imprime et brode des créations de ces artistes. Elle utilise également des matières nouvelles comme le vinyle ou le cellophane.

Avec Chanel, Vionnet et Schiaparelli nous avons quand même un homme: Cristobal Balenciaga qui ouvre un salon à Paris en 1937 et a dès le début une très bonne réputation. Les stars hollywoodienne influencent également. Marlene Dietrich et Greta Garbo sont souvent habillées par Adrian. Les revues de mode sont de plus en plus illustrées à l’aide de photos couleur et les photographes commencent à avoir un nom comme George Hoymingen-Huene, Horst P. Horst, Toni Frissell et bien sûr Man Ray.

M252007 Emily Davies porte une création Vionnet

  • 1940

Avec la seconde guerre mondiale, beaucoup de maisons ferment et celles qui restent ouvertes manquent de matières premières. Les Allemands tentent de déplacer l’industrie textile vers Berlin ou Vienne. La Chambre syndicale de la couture à Paris obtient un statu quo sous l’occupation. Une des rares matières est la rayonne et il faut des tickets de rationnement. Les gens font des vêtements avec des vieux. On s’habille plus serré et plus court à cause du manque de tissu. La jupe droite est privilégiée à celle évasée. Les vestes sont à épaulettes carrées avec des larges poches. Le tailleur ressemble à un uniforme.

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On triche un peu avec les chapeaux qui ne subissent pas ses restrictions d’où des capelines et de grands turbans. Les chaussures à semelles de liège remplace le cuir.

Pendant que l’Europe est en guerre, les U.S.A avancent notamment dans le prêt- à- porter avec un style californien décontracté, le style de ville new-yorkais et celui des campus bon marché. Claire McCardell dessine une ligne sport coton et jersey. Bref, du beau et fonctionnel pour la naissance d’un style américain.

  • Après la guerre, les couturiers parisiens reprennent du service. On peut voir les premières collections de Jacques Fath et Pierre Balmain

sans-titre (10)Pierre Balmain en pleine création

Grâce au Théâtre de la mode, une exposition de mannequins miniatures, créée par la Chambre syndicale de Paris, la France prouve qu’elle est riche et créative en ce qui concerne la couture.

Arrive ensuite le New Look de Christian Dior en 1947, sa première collection. Elle fait sensation avec sa taille fin et la jupe ample pour un petit côté nostalgique. En effet, c’est un retour au corset (souvent la gaine élastique rose ou beige) alors que la femme se libère. Un paradoxe.

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La suite au prochain numéro.

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