Virginia L.

Poésie. Dessin.

Mois : octobre, 2013

Ensuite?

Ensuite,

La vie nous emmène

Dans un tourbillon

Nous nous battons

Les pieds dans la grève

Sans repos ni trêve

Nous faisant attendre la

FIN

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Mina Loy

J’ ai découvert l’existence de cette artiste lors d’une exposition au Musée des Beaux Arts. Une femme qui écrivait des poèmes et peignait. Forcément, cela ne pouvait que m’interpeler.

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  • Sa vie

Née Mina Gertrude Lövry (Londres, 1882- Aspen, 1966)

Elle a fait des études d’art à Munich. En 1903, elle s’installe à Paris où elle rencontre Apollinaire, Picasso, Gertrude Stein. Elle a été actice, auteur de théâtre et peintre également.

A partir de 1906, elle vit et expose à Florence où elle est la muse des Futuristes. Ensuite, elle collabore avec Marcel Duchamp à New York.

Elle s’installe ensuite à Paris jusqu’en 1936 où elle est agent artistique pour Braque, De Chirico, Giacometti et Max Ernst. Dans un manuscrit intitulé Colossus, elle racontera sa vie avec Arthur Cravan avec qui elle est mariée. Ils auront une fille, Fabienne Benedict Lloyd qui naîtra en 1919 mais Arthur Cravan n’aura pas l’occasion de voir sa fille car il disparaîtra mystérieusement en automne 1918. Mina n’aura de cesse de le chercher jusqu’en 1923. De 1930 à 19953, elle se retirera à New-York et dans l’écriture.

  • Son œuvre
  • Son oeuvre était admirée par T.S Eliot ou encore Francis Picabia. Elle a publié dans de petits magazines comme Rogue puis dans de plus grands. Ce fut le cas pour Aphorisms on Future dans le Camera work d’Alfred Stieglitz.
  • a représenté l’avant-garde new-yorkaise
  • Sa poésie

Sa poésie perturbe certains de ses contemporains un peu conservateurs.

John Collier a dit à propos de ses vers que c’était un exemple de « the need for objective standards. » Pour Marianne Moore, il fallait « pass lightly over the… tentacular quiverings of Mina Loy. »

An Old Woman

The past has come apart

events are vagueing

the future is a seedless pod

the present pain.
Not even pain has that precision

with which it struck youth.
Years like moths

erode internal organs

hanging or falling

in a spoiled closet.
Does you mirror bedevil you?

Or is the impossible

possible to senility?
How could the erstwhile

agile and slim self-

-that narrow silhouette-

– come to contain

this huge incognito-

– this bulbous stranger-

– only to be exorcised by death?
Dilation has entirely dominated your long reality.

Quelques publications:

Lunar Baedecker (1923)

Lunar Baedecker   et Time-Tables (1958)

– The last Lunar Baedecker (1982)

– The lost lunar Baedecker (1996)

  • Sa peinture

Elle a du succès en tant que peintre et est invitée au prestigieux Salon d’Automne de Paris en 1905.

Elle a expérimenté différents moyens:

Elle est passée de l’huile à l’encre vers la Première guerre mondiale.

Vers la fin des années 20, elle a éclairé des installations.

Et enfin, elle fit des sculptures à l’aide d’objets et de canettes trouvés dans la rue et les poubelles.

loy3L’amour dorloté par les belles dames

loy1La maison en papier

sans-titre (20)Consider your Grand-mother stays

Elle a toujours clamé qu’ elle était plus une artiste peintre, plasticienne qu’une poétesse.

La fuite en Egypte

Je voulais vous faire partager ce tableau auquel je suis particulièrement attachée. Parce que c’est un tableau dont les Lyonnais sont fiers et que l’on trouve au Musée des Beaux Arts. Parce qu’il a une portée universaliste…

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D’après des contemporains de l’artiste, La fuite en Egypte a été réalisée par Nicolas Poussin en 1657, en réponse à une commande de Jacques Sérizier.

  • L’histoire

Marie, Joseph et l’Enfant Jésus quittent la terre d’Israël pour aller se réfugier dans le pays le plus proche: l’Egypte. Dans le tableau, à l’exception d’une petite pyramide à peine visible à l’arrière-plan à gauche, Poussin ne semble pas insister sur les éléments qui pourraient rappeler l’Egypte romaine. Le but n’est pas de raconter une anecdote, ni d’inscrire l’histoire dans une réalité trop historique mais sa dimension allégorique. Le paysage est idéalisé avec des éléments disparates pour une scène hors du temps à portée symbolique, philosophique et théologique.

  • L’analyse

On perçoit nettement la diagonale qui passe du bas à gauche en haut à droite.

En haut: on a l’espace divin, sacré.

En bas, on a l’espace profane, terrestre, humain.

A gauche: On a le passé, le connu représenté par un espace architecturé, ouvert, structuré et la lumière.

A droite: On a le futur, l’inconnu. Le groupe avance vers l’obscurité,  l’incertain, l’organique.

Les directions des regards aident l’organisation de l’image et à sa lecture. Chaque regard désigne une direction ou un dialogue. Joseph questionne l’ange du regard. C’est Dieu qui les dirige à travers lui. Marie se tourne vers l’arrière, ce qui évoque le pays quitté, la peur. L’Enfant semble nous regarder mais qu’est-ce que regarde la personnage couché?

A l’arrière plan,  sur le rocher, un aigle terrasse un serpent: un symbole?

La famille va du Nord-Est verso il Sud-Ouest, est-ce la lumière du matin?

Est-ce que le portique symbolise une frontière?

Qui est le personnage couché?

  • Son inspiration

– L’Antiquité que l’on trouve dans la représentation de l’aigle, dans l’attitude de la Vierge, dans les colonnes.

  • Des analogies

-On peut en voir quelques unes avec Echo et Narcisse et Hercule supportant le globe terrestre du peintre.

  • Nicolas Poussin

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Il naît en 1594 en Normandie. Il part pour Paris en 1612 et travaille en province surtout à Lyon. Il s’installe à Rome en 1624. Il est très influencé par la peinture vénitienne.En 1628, la réalisation d’une œuvre monumentale en réponse à une prestigieuse commande pour Saint-Pierre de Rome lui vaut de nombreuses critiques. Il décide de ne faire que des tableaux de chevalet. Dans les années 1630, l’influence de l’Antiquité donne un style plus solennel. Il est appelé à Paris en 1639 par Richelieu. Il accepte en 1640 et est nommé Premier peintre du roi.  Il est chargé du décor de la grande galerie du Louvre. Il retourne à Rome en 1642. A partir des années 1640, Poussin découvre l’importance du paysage. A travers des sujets allégoriques parfois hermétiques, il représente une nature grandiose, qui impose à l’être humain sa loi. Dans les œuvres où domine la figure humaine, celle-ci devient plus sculpturale et plus dépouillée. Il est proche de le la philosophie néo-stoïcienne. A partir des années 1640, sa main droite le handicape mais a des thèmes et des compositions inventifs ainsi qu’une maîtrise des nuances et de la lumière.

Britannicus

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Cela fait toujours du bien de revenir aux « classiques » .

Racine, dans la première préface de cette œuvre écrite en 1669, nous met déjà au parfum:

« De tous les ouvrages que j’ai donnés au public, il n’y en a point qui m’ait attiré plus d’applaudissements ni plus de censeurs que celui-ci. » Il lui fut reproché de ne pas avoir le sens de l’histoire. Cela sert tout simplement sa conception du tragique.

  • Son modèle? Tacite:

« A la vérité, j’avais travaillé sur des modèles qui m’avaient extrêmement soutenu dans la peinture que je voulais faire de la cour d’Agrippine et de Néron. J’avais copié mes personnages d’après le plus grand peintre de l’Antiquité, je veux dire d’après Tacite. »

  • Les figures:

-Agrippine: la figure maternelle, virile et dangereuse

-Néron: le monstre naissant.

Il n’est pas encore le Néron tel que l’ histoire et sa réputation l’ont fait.

-Burrhus et Narcisse: le conseiller et le confident.

-Junie: le personnage tragique par excellence.

-Britannicus: le personnage berné.

  • L’auteur

Né en 1639. Son père était greffier du grenier à sel et procureur au baillage de la Ferté-Milon. Il mourut en 1643. Sa mère était la fille d’un procureur royal des Eaux et Forêts de Villers-Cotterêts. Elle mourut en 1641. Jean et sa petite sœur Marie sont orphelins très jeunes. Il fait ses études à Port-Royal. En 1663, Racine décroche en pension du roi. On peut citer quelques œuvres comme Bérénice (1670), Bajazet (1672), Iphigénie (1674) et Phèdre (1677).

  • L’histoire

Néron, comme le dit Agrippine dans les premiers vers de la pièce, s’est déclaré contre Britannicus. Néron force Junie, promise à Britannicus, à l’aimer en lui rappelant son pouvoir. Comme dans toutes les pièces de Jean Racine, la dominante est le tragique de la condition humaine. Le héros racinien est souvent le jouet d’un amour passionnel, vécu dans la jalousie. Cela s’explique par le fait que les héros sont mus par le destin et n’ont aucune liberté. Une vison janséniste de la vie développée lors de ses études à Port-Royal. A cela on ajoute une faiblesse psychologique car les héros ne peuvent se dominer et ils exercent sur autrui une toute-puissance cruelle. Cela les rend humains. Enfin, seule la mort permet au héros d’échapper à la souffrance.

  • Pourquoi lire la pièce?

Parce que c’est dur de résister à ce genre de vers:

« Je vois voler partout les cœurs à mon passage » vers 1364

ou encore:

« Plus j’ai cherché, Madame, et plus je cherche encor

En quelles mains je dois confier ce trésor,

Plus je vois que César, digne seul de vous plaire,

En doit être lui seul l’heureux dépositaire,

Et ne peut dignement vous confier qu’aux mains

A qui Rome a commis l’empire des humains. » vers 577-582

Portrait

Il ébauche,

Il lève la tête, fixe puis la baisse.

Attention au jeu de lumière

Donner une forme de vie

Son regard qui luit,

Arrivera-t-il à le  saisir?

Et ses longs cheveux noirs?

Comment capturer

Ses lèvres et sa sensualité?

Son amour fera

Qu’il donnera

De Lui pour Elle

Son portrait passera

Des siècles

Il aura une vie à part

Plus qu’un objet

Plus qu’un tableau

Sous son pinceau

Ni Lui ni Elle