Britannicus

par virginielebrun

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Cela fait toujours du bien de revenir aux « classiques » .

Racine, dans la première préface de cette œuvre écrite en 1669, nous met déjà au parfum:

« De tous les ouvrages que j’ai donnés au public, il n’y en a point qui m’ait attiré plus d’applaudissements ni plus de censeurs que celui-ci. » Il lui fut reproché de ne pas avoir le sens de l’histoire. Cela sert tout simplement sa conception du tragique.

  • Son modèle? Tacite:

« A la vérité, j’avais travaillé sur des modèles qui m’avaient extrêmement soutenu dans la peinture que je voulais faire de la cour d’Agrippine et de Néron. J’avais copié mes personnages d’après le plus grand peintre de l’Antiquité, je veux dire d’après Tacite. »

  • Les figures:

-Agrippine: la figure maternelle, virile et dangereuse

-Néron: le monstre naissant.

Il n’est pas encore le Néron tel que l’ histoire et sa réputation l’ont fait.

-Burrhus et Narcisse: le conseiller et le confident.

-Junie: le personnage tragique par excellence.

-Britannicus: le personnage berné.

  • L’auteur

Né en 1639. Son père était greffier du grenier à sel et procureur au baillage de la Ferté-Milon. Il mourut en 1643. Sa mère était la fille d’un procureur royal des Eaux et Forêts de Villers-Cotterêts. Elle mourut en 1641. Jean et sa petite sœur Marie sont orphelins très jeunes. Il fait ses études à Port-Royal. En 1663, Racine décroche en pension du roi. On peut citer quelques œuvres comme Bérénice (1670), Bajazet (1672), Iphigénie (1674) et Phèdre (1677).

  • L’histoire

Néron, comme le dit Agrippine dans les premiers vers de la pièce, s’est déclaré contre Britannicus. Néron force Junie, promise à Britannicus, à l’aimer en lui rappelant son pouvoir. Comme dans toutes les pièces de Jean Racine, la dominante est le tragique de la condition humaine. Le héros racinien est souvent le jouet d’un amour passionnel, vécu dans la jalousie. Cela s’explique par le fait que les héros sont mus par le destin et n’ont aucune liberté. Une vison janséniste de la vie développée lors de ses études à Port-Royal. A cela on ajoute une faiblesse psychologique car les héros ne peuvent se dominer et ils exercent sur autrui une toute-puissance cruelle. Cela les rend humains. Enfin, seule la mort permet au héros d’échapper à la souffrance.

  • Pourquoi lire la pièce?

Parce que c’est dur de résister à ce genre de vers:

« Je vois voler partout les cœurs à mon passage » vers 1364

ou encore:

« Plus j’ai cherché, Madame, et plus je cherche encor

En quelles mains je dois confier ce trésor,

Plus je vois que César, digne seul de vous plaire,

En doit être lui seul l’heureux dépositaire,

Et ne peut dignement vous confier qu’aux mains

A qui Rome a commis l’empire des humains. » vers 577-582

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