Vivian Maier

par virginielebrun

self_portrait_3Autoportrait de l’artiste.

  •    Je voulais vous parler de cette photographe car je trouve son histoire touchante. Je l’ai découverte grâce à un article du Vanity Fair. On dit d’elle qu’elle a le talent d’une Diane Airbus ou d’un Robert mais voilà, elle n’a jamais exposé ses photographies de son vivant. Imaginez une petite française née dans les Alpes dans un petit village, Saint-Julien-en-Champsaur. Elle s’appelle Maria et décide d’ émigrer à l’âge de 16 ans aux Etats-Unis pour travailler comme domestique. Là-bas, elle se marie avec Charles Maier avec qui elle a deux enfants: Charles et Vivan qui naît en 1926. Maria se réfugie chez une amie dans le Bronx: Jeanne Bertrand, une française portraitiste réputée qui, on le suppose, les initie à la photographie. Parfois, elles retournent dans le Champsaur.

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« Je viens avec ma vie et ma vie est dans ces cartons. »

  • Tout commence par la découverte de cartons de négatifs vendus aux enchères pour vider un garde-meuble en 2008. John Maloof, passionné d’histoire en fait l’acquisition. Même s’il ne connaît rien à la photo, il sent qu’il est tombé sur de l’or. Il découvre des clichés pleins de tendresse, des scènes de rue, des expressions surprises d’un coup d’œil vif.

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  • A la vue de ces photos, il se met à la photo. Il commence à faire des recherches sur cette femme mais ne trouve rien sauf quand il vit en 2009 son avis de décès sur internet. Il se met alors à retracer sa vie tout à fait singulière qui met tout dans des cartons. Sa vie en effet repose dans ces pellicules embobinées, des coupures de journaux, des livres d’art et de photographie, des magazines classés, des appareils photos et caméras super 8. John Maloof développe les photos, répertorie et scanne. Les musées ne sont pas intéressés par des clichés d’un artiste mort. Il crée un blog pour faire connaître le travail de Vivian et l’artiste qui avait toujours refusé de son vivant, ne développant parfois pas ses photos, connaît alors le succès. John Maloof va même jusqu’en France pour compléter ses recherches. Il en sûre, Vivian était certaine de la qualité de ses photos, dans un courrier il écrit: « J’ai fait des piles de photos-quand je dis des piles, c’est vraiment des piles-et je pense qu’elles sont vraiment pas mal. » En effet, elle savait ce qu’elle faisait, était avant-gardiste avec son propre style. Elle était jalouse de protéger sa création mais surtout la divulgation de ses talents l’intéressait moins que photographier. Elle voulait agir comme elle l’entendait.

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  •  Il découvre qu’elle a travaillé dans l’administration sociale. Avec l’argent d’un héritage, elle s’achète son premier Rolleiflex et part en voyage. Elle prend en photo des paysages, des gens: une silhouette partant pour le bal en Floride, des enfants indiens s’amusant avec des pneus au Canada, des gamins noirs à San Francisco, des hommes enturbannés au Yémen…

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  • De retour aux U.S.A., elle travaille comme nourrice à Southhampton, elle a ainsi la possibilité d’être souvent dehors et lui laisse le temps de photographier. En 1956, elle quitte New-York pour Chicago pour travailler comme nourrice où elle passera le reste de sa vie. La famille Gensburg la considère comme une originale, une personne qui photographie constamment, visite les expositions et va au cinéma. Elle  même la possibilité d’avoir un laboratoire qu’elle n’aura plus quand partira de chez eux. Les bobines s’accumulent, qu’elle fait développer quand elle peut. Elle dépense en voyage et en matériel. A la fin des années 60, elle achète un appareil couleurs, investit dans un magnétophone et une caméra super 8.

November 1977

  • Elle est toujours à l’affût, affronte le regard des passants, à la frontière de leur intimité et y pénétrant parfois lorsqu’elle s’y sent invitée. Elle est féministe et généreuse, fragile et a une conscience politique.

May 1979

  • Cependant, sa tendance à l’accumulation devient obsessionnelle. Elle ne peut plus se frayer un chemin dans sa pièce, emmène un enfant visiter un abattoir, photographie des poubelles… Bref, elle commence à inquiéter et sa folie devient encombrante. Elle perd son travail et finit dans l’indigence passant son temps sur un banc près du lac et ressemblant aux miséreux qu’elle a si souvent photographiés.

Je vous invite à aller sur le site suivant: http://vivianmaier.com

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Pour l’interview d’Emmanuel Rondeau, photographe animalier

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