Virginia L.

Poésie. Dessin.

Mois : décembre, 2013

Sara Idarraga Hamid, passion danse.

 

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Sara Idarraga Hamid est une jeune danseuse colombienne installée en France. Elle enseigne la danse et travaille pour des compagnies. Elle a des choses intéressantes à nous raconter:

Pourquoi avoir choisi la danse ?

Depuis toute petite, j’aime le mouvement. Tout le monde dit que je n’arrêtais pas de bouger. Très vite j’ai découvert la musique savante et la danse classique et j’ai su que je voulais être danseuse. A huit ans, j’ai commencé à prendre des cours de danse classique. Petit à petit j’ai demandé à augmenter l’intensité horaire jusqu’à réussir à aller à l’école de danse tous les jours pendant plusieurs heures. La danse est devenue indispensable dans mon quotidien. C’était la manière de canaliser mon énergie, de me concentrer sur mon corps, sur son effort et de pouvoir ressentir le plaisir que cela me donnait. C’est mon plus grand moyen d’expression.

 

Quel type de danse préfères-tu ?

Après 10 années de danse classique, j’ai découvert la danse contemporaine en France et j’en suis tombée amoureuse. C’est un type de danse qui mène à l’épanouissement personnelle et qui me permet d’exploiter toutes les possibilités physiques associées aux émotions, pensées, idées… C’est infinie la quantité de choses que l’on peut faire et donc exprimer.

Comment es-tu arrivée à danser en France ?

Je suis arrivée en France en 2005 à la recherche d’études en Danse. J’ai trouvé l’Université de Nice Sophia Antipolis qui propose une Licence en Arts du Spectacle mention Danse. J’ai intégré la Faculté pour les deux premières années de la Licence et j’ai fait la dernière année en échange en Finlande à Turku Arts Academy. Une fois la Licence finie, j’ai déménagé à Paris pour suivre une formation pour passer le Diplôme d’Etat de Professeur de Danse Contemporaine ainsi que la formation en Cinétographie Laban au Conservatoire National Supérieur de Musique et Danse de Paris (CNSMDP).

Pendant ces deux années à Paris, j’ai commencé à participer à quelques projets avec des chorégraphes mais aussi à créer mes propres chorégraphies.

Est-ce que la France a une bonne image dans ce domaine ?

Jusqu’à présent la France est un pays qui compte avec des chorégraphes importants, reconnus dans le monde. Grâce à l’ouverture d’esprit des divers danseurs et chorégraphes, la France a accueilli les mouvements artistiques avant-gardistes d’après guerre et s’en est imprégnée. Très vite des danseurs français ont contribué à l’évolution de la danse.

Tu enseignes. En quoi l’enseignement semble important pour les enfants ?

Je considère que la danse est indispensable au développement de l’enfant. Elle apporte une connaissance du corps et ainsi son respect, sa coordination. Pour moi, les cours de danse contemporaine sont un espace où l’enfant peut rêver, s’exprimer, raconter des histoires et prendre confiance en soi. Elle permet d’apprendre à vivre en société car dans une séance de danse contemporaine on est amenés à respecter autrui : ses idées, son espace, son corps, ses propositions. On établit constamment un rapport avec le groupe et l’individu. C’est avant tout une source d’épanouissement personnelle.

Est-ce que le rapport enseignant-élève est particulier dans ce domaine par rapport à d’autres?

Je considère que c’est un rapport de confiance. Quand on danse on le fait avec notre corps, notre esprit. On est complètement transparent, ce qui nous rend vulnérables. Le professeur de danse doit avoir conscience de ceci et savoir guider l’élève danseur tout en respectant son corps et ses idées. C’est cette confiance qui permet que l’élève ose prendre des risques et partager sa passion avec les autres.

Tu danses également, dans quelle compagnie ?

Je travaille avec la compagnie Les Mobilettes en Ardèche ainsi que avec Masnàda Associazione à Lugano (Suisse).

Qu’est-ce que tu préfères, enseigner ou danser ?

Je prends énormément de plaisir à faire les deux et je trouve que les deux activités se complètent. J’apprends constamment de mes élèves mais aussi mon activité en tant que danseuse me permet de vivre diverses expériences en termes de création, d’interaction qui nourrissent constamment mon métier de professeur.

Quels sont tes projets professionnels ?

Actuellement j’ai une énorme envie de créer. L’idée est de faire une recherche corporelle et de mouvement riche. Mon but étant de faire des créations de plus en plus poétiques. Du côté de l’enseignement j’aimerais développer plus la manière dont j’amène la danse aux enfants et commencer à leur donner des outils de la notation Laban pour aborder la danse différemment.

Est-ce que tu as une danseuse ou un danseur  modèle ?

Plutôt qu’un danseur ou danseuse modèle j’admire particulièrement certains chorégraphes. En générale ce sont des artistes qui génèrent beaucoup d’émotions quand je regarde leurs pièces et qui donc ont dans leurs compagnies des danseurs extraordinaires : Ohad Naharin de la Batsheva Dance Company, Yuval Pick (actuellement directeur de CCN de Rillieux-la-Pape), Emanuel Gat et Maud Le Pladec entre autres.

Est-ce que tu as un conseil à donner pour ceux qui veulent en faire leur métier ?

Gardez toujours la passion pour ce que vous faites et laissez vous surprendre par votre propre corps.

 

 

pour l’interview d’Emmanuel Rondeau, photographe animalier

pour l’interview de Vincent Limonne, architecte

pour l’interview, Au fils d’Indra

 

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Le loup qui voyageait dans le temps

En période de fêtes, il faut évidemment penser aux enfants. Je pense que l’on offre pas assez de livres et j’ai une pensée émue pour ma grand-mère qui nous donnait à Noël un cadeau et un livre. Pour elle, c’était important. La lecture est une histoire de transmission.

J’ ai donc voulu  faire un petit article sur la série de livres de Orianne Lallemand et Eléonore Thuillier qui publient aux Editions  Auzou La série des Le loup qui.

Et notamment Le loup qui voulait voyager dans le temps.

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Imaginez un petit qui fait la découverte dans son grenier d’un livre à voyager dans le temps et le voilà parachuté au temps des dinosaures ou encore au cœur de la Révolution française. Un voyage riche en rebondissements.

Le graphisme est moderne et l’histoire permet aux enfants de découvrir la grande Histoire. Pour pouvoir situer chronologiquement, il y a même une frise:

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Personnellement, j’ai bien aimé la Renaissance avec la Joconde:

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J’espère vous avoir donné l’envie d’offrir des livres aux enfants.

La sonate à Kreutzer

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  • L’histoire

Cette nouvelle de Tolstoï parue en entre 1887 et 1889 est une condamnation du mariage et de l’amour charnel.

« Allez la voir? » m’interrogeai-je. Aussitôt je me répondis qu’il fallait allez la voir, que probablement cela se faisait toujours. Quand un mari, comme moi, avait tué sa femme, il fallait certainement qu’il aille la voir. « Si cela se fait, il faut y aller, me dis-je. Et si c’était nécessaire j’aurai toujours le temps », songeai-je à propos de mon intention de me suicider… 

  • Pourquoi la lire?

Pour sa modernité et les réflexions de Tolstoï comme:

« –Vous me demadez comment le genre humain se perpétuera? dit-il, en s’installant de nouveau en face de moi; il écarta les jambes et appuya ses coudes sur ses genoux. Pourquoi? Pourquoi doit-il se perpétuer, le genre humain?

-Comment, pourquoi? Autrement, nous n’existerions pas.

-Et à quoi bon exister?

-A quoi bon? Pour vivre.

-Mais vivre pour quoi? Si l’on ne poursuit pas aucun but, si la vie nous a été donnée pour elle-même, nous n’avons pas de raison de vivre. » 

Pour un style simple, travaillé et incisif.

-Une vision de la femme particulière à l’époque

  • L’auteur

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Tolstoï  naît en 1828. Son père est la comte Nicolas Ilitch et sa mère est née princesse Volkonskaïa. Les enfants Tolstoï sont orphelins jeunes et sont confiés à leurs tantes.

En 1844, il s’inscrit à la faculté des langues orientales de Kazan. L’année suivante, il s’inscrit à la faculté de droit. En 1847, il quitte l’Université sans diplôme pour aller à Iasnaïa Poliana, terre qui fait partie de son héritage.

En 1851, il commence la première partie de son autobiographie: Enfance. En 1852, il écrit des récits caucasiens. En 1853, est publié Incursion. En 1854, il est affecté sur sa demande à l’armée de Crimée. Adolescence est publié. En 1955, les récits de Sébastopol font sensation. En 1857, il écrit Lucerne. En 1858, la nouvelle Trois morts est publiée. En 1859, il fonde une école et instruit lui-même les enfants de ses paysans. Il publie Le bonheur conjugal. En 1861, il est médiateur de paix entre paysans et propriétaires suite à l’abolition du servage. En 1862, il se marie avec une fille d’un médecin de 20 ans: Sophie Andreïevna Bers. En 1863, il publie Les Cosaques, Polikouchka. Entre 1863 et 1868, Guerre et paix est publié sous le titre: 1805 dans la revue Le messager russe. De 1875 à 1877, Anna Karénine paraît dans la même revue. En 1886, La mort d’ Ivan Ilitch, La puissance des ténèbres et Les fruits de l’instruction paraissent. En 1889, il écrit Le Diable. En 1890, il renonce à ses droits d’auteur pour ses œuvres publiées après 1881. En 1897, Qu’est-ce que l’art? est un traité condamnant les arts et les artifices. En 1899, Résurrection critique la société, les institutions comme la Justice et l’Eglise. En 1900, paraît Le cadavre vivant. En 1903, il publie A propos de Shakespeare et du drame et Hadj Mourat.  En 1905, arrive La révolution d’octobre, Tolstoï s’insurge. En 1908, il écrit une protestation avec le livre Je ne puis me taire.

Il meurt en novembre 1910.

Petite poésie du jour

La tête lourde sur le bras

Le visage blanc sur la table

L’ennui, le grand

Sans contenance

Voilà

Une longue attente

La fête des Lumières

Etant lyonnaise, je me devais d’en parler et de revenir aux origines de cette histoire au cœur de Lyon.

Chaque soir du 8 décembre, depuis plus de 150 ans, les Lyonnais disposent sur leurs fenêtres de petits luminions. Pourquoi?

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  • La légende dit que la peste s’est arrêtée aux abords de la ville. De 1550 à 1643, plusieurs milliers de Lyonnais meurent de cette maladie. La Faculté de Médecine est impuissante. Le  12 mars 1643, le Prévost (l’équivalent du maire) Alexandre Mascary entouré des Echevins (l’équivalent des adjoints au maire) s’en remettent à la Vierge Marie. Ils firent vœu d’aller à toutes les fêtes de la Natalité de Notre-Dame qui ont lieu le 8 septembre et d’élever deux statues, de faire leurs dévotions et de donner lors de cette fête l’équivalent de sept livres de cire sous forme de cierges, des flambeaux et un écu d’or au soleil. L’épidémie s’arrête à Lyon alors qu’elle continue en France.
  • La basilique de Fourvière est construite au XIXe siècle et est dédiée au martyr Saint Pothin.  Les gens fêtent Marie chaque année mais la basilique de Fourvière vieillit et en 1848 le clocher a besoin d’être restaurer, ce qui est fait. En 1850, un concours est lancé pour créer une sculpture à poser sur ce dernier. C’est le sculpteur Fabisch qui gagne en présentant une sculpture de la Vierge dorée. L’inauguration est prévue le 8 septembre 1852 mais suite à une crue au mois d’août précédent, elle est reportée au mois de décembre suivant, le 8 décembre 1852. Cela sera confondu dans la mémoire collective avec les Illuminations.

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  • En 1999, la fête s’appelle officiellement La Fête des Lumières avec des travaux d’éclairage d’artistes:

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  • De nos jours, la tradition continue, le vœu est respecté et la pièce d’or est remise à l’Evêque de Lyon le jour de la naissance de Marie.

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Est-ce que Lyon n’est pas belle comme ça?

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  • Il y également une procession religieuse qui part de la Montée Saint-Barthélemy, jardin des rosaires en direction de la basilique le 8 décembre, de nombreuses messes.
  • C’est également où les villes viennent faire leur marché pour l’éclairage urbain.
  • Lyon a initié L.U.C.I: Ligthting Urban Community Internantional. Créée en 2002, elle regroupe 63 villes du monde entier et des professionnels de l’éclairage.

Interview de Vincent Limonne

INTERVIEW DE VINCENT LIMONNE

Vincent Limonne est un jeune architecte lyonnais qui travaille pour l’agence Rheinert. J’avais envie  de parler avec lui d’architecture et d’avenir.

www.agence-rheinert.fr

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Explique ton parcours :

Après un BAC ES, j’ai fait une année d’études en Eco-gestion à Lyon III. Ce qui m’a orienté vers l’architecture, c’est la pratique du dessin. C’est aussi un jour, dans un amphi de l’université, où le très charismatique architecte de la Manufacture, Albert Constantin, est venu nous parler. Il venait faire participer les étudiants à l’aménagement paysager d’une des cours intérieure de l’université et était accompagné pour ce projet du sculpteur Joseph Ciesla. La présentation de ce projet m’a fait comprendre que l’Architecture englobe l’ économie, la gestion d’un projet à la fois utile, artistique et symbolique. Le côté concret de la profession m’a convaincu. Ensuite, il y a eu un voyage à Venise. Hugo Pratt a créé un guide qui fait parcourir la ville par les sentiers battus à l’aide de dessins mystérieux, ésotériques. Je trouve que les dessins donnaient du sens à l’architecture. Après cette année en Eco-gestion, j’ai donc postulé à l’école d’architecture de Lyon.  Mon profil alliant création et gestion les a intéressés.

Tu as fait une année d’études Erasmus à Berlin, quelle est la différence entre les deux « écoles » ?

L’enseignement en Allemagne est plus technique, la frontière ingénieurs-architectes est moins forte. L’architecture à Berlin est aussi marquée par le devoir de mémoire et les musées qui lui sont dédiés. Les émotions doivent être retranscrites.  Ce qui m’intéresse est que le bâtiment ait du sens comme à Venise et à Berlin. En Allemagne, j’ai pu également travailler sur un matériau : le bois, sur la problématique du bâtiment et le développement durable, ainsi que sur le travail en équipe, la conception collaborative et participative.

Tu es allé à Rio, que penses-tu de l’urbanisme de cette ville, de son architecture ?

Après mon diplôme, j’ai travaillé pour l’agence de Jorge Mario Jauregui. Ce qui m’a intéressé dans cette agence c’est son approche de l’architecture vernaculaire. Les favelas sont des quartiers de villes autogérées, dans lesquelles les habitants s’organisent eux même, construisant ensemble, c’est le Mutirão. Comment construire son habitat avec le minimum ? Voilà une problématique sur laquelle l’agence carioca travaille depuis sa création. Je suis arrivé là-bas lors du lancement du concours  « morar carioca ». Ce fut une expérience très marquante car nous avions pu travailler en se rendant à Complexo da Maré, une communauté pauvre à proximité de l’Aéroport international de Rio. L’objectif était de proposer une méthodologie opérationnelle visant à réintégrer la communauté avec le reste de la ville tout en apportant les services indispensables à une meilleure qualité de vie : eau, électricité, transport, gestion des déchets. L’agence a été lauréate. Durant la période de la dictature militaire, il était interdit de travailler sur ces quartiers de ville et les favelas étaient à l’époque souvent démolies notamment pour en faire des parcs naturels, sans tenir compte des habitants et de leur mode de vie, les parquant dans des « conjuntos habitacionais », les grands ensembles brésiliens : de nouveaux quartiers comme Cidade de deus avaient étés ainsi créés. Jorge Mario Jauregui n’a jamais cessé de travailler sur ces quartiers, même pendant cette triste période, et par son travail de concertation, ses projets se font dans le respect de l’habitant. Ils permettent de générer de véritables quartiers de villes, conçu comme des lieux de vie et de mémoire. Mon séjour à l’agence tombait également en pleine réception du téléphérique reliant les différents quartiers de Complexo de Alemao. Ce type de transport s’inspire d’autres réalisations en Amérique latine comme dans la ville de Medellin en Colombie.

L’agence de Jorge Mario Jauregui m’a également permis de travailler sur d’autres projets très divers comme une proposition d’aménagement de Times Square à New York, dans le cadre de l’exposition Small Scale Big Change, au MoMA de New York dans laquelle le travail de l’agence avait été exposé.

Voici quelques esquisses du projet :

Mon séjour à Rio m’a également permis de travailler en Freelance, sur le projet d’ Eco-musée Nega-Vilma dans la communauté de Santa Marta, dans le quartier de Botafogo :

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http://ecomuseunegavilma.wix.com/santamartarj et www.jauregui.arq.br

Et que penses-tu d’Oscar Nemeyer ?

L’emprunte de l’Architecte est très grande. Il a laissé un héritage formel très marqué tout comme l’Architecte Paysagiste Roberto Burle Marx. Avec sa calçada (chemin pavé en portugais) de Copacabana, il a su faire passer un message graphique, une transition entre la ville et la mer. Ses motifs sont comme un langage qui accompagne le piéton vers les différents espaces publics de la ville.

Voilà les motifs de la calçada :

Passons à la France, quels sont tes modèles architecturaux français ?

A Lyon, j’ai apprécié le travail des berges du Rhône. J’aime le côté « tissage avec la ville ». Le péristyle  de l’Opéra de Lyon révélé par Jean Nouvel est également un formidable espace-temps en dehors des horaires de l’opéra, approprié par les habitants : le temps d’un festival de jazz l’été, ou comme une scène ouverte aux groupes de Hip-Hop en fin de semaine. J’apprécie également les espaces dans lesquels l’homme prend place avec la nature.

On dit que les Français ont une très bonne réputation dans le domaine…

On est assez sensible en France, on a la culture du projet et du site. L’architecture est historiquement imprégnée des Beaux-arts et du Grand Prix de Rome impliquant également les autres professions artistiques.

Tu es Lyonnais, qu’est-ce que cette ville a de différent par rapport aux autres ?

Son histoire : si on fait une élévation d’Ouest en Est, celle-ci raconterait la ville depuis l’époque gallo-romaine sur la colline de Fourvière, en passant par le moyen-âge et la renaissance du quartier vieux Lyon et Presqu’île, puis les grand projets de reconquête de la ville sur la rive gauche du Rhône du 18eme siècle, et enfin le quartier d’affaire part Dieu avec ses toute récentes tours Oxygène et In-City. L’activité économique a créé une architecture particulière comme la hauteurs de plafond originale des appartements Canuts. La ville possède enfin une géographie inédite : la confluence entre deux cours d’eau majestueux qui sont le Rhône et la Saône. Le récent projet urbain du quartier confluence redonne aux lyonnais l’accès et l’usage à ce quartier de ville.

Je pense au « palais » du Corbusier, qui était son cabanon simple d’été, est- ce que l’architecture est surtout l’affect que l’on met dans le lieu ? Je pense surtout la chose en termes d’usage, d’habitudes. Les gens s’approprient avant tout des lieux.

Est-ce que tu as de conseils à donner à ceux qui veulent être architecte.                   

Etre curieux et sensible aux espaces et aux usages. Ne pas lâcher le crayon car cela apporte la sensibilité. C’est un moyen direct de faire passer une idée entre la main et le cerveau. Cela permet de prendre de la hauteur et de pas directement se concentrer sur le petit détail, ce que l’on a tendance à faire avec l’ordinateur. On peut avancer rapidement car on a l’échelle dans la main.

Qu’est-ce qu’il peut y avoir de révolutionnaire dans l’architecture selon toi ? L’architecture permet de donner l’image d’un moment de culture. Elle peut influencer un quartier par les usages qu’elle génère ou sur l’économie et la revitalisation d’une région.

Tu as participé au concours de la Fondation Rougerie ayant pour thèmes l’architecture de la mer. Comment cela s’est-il passé ?

www.fondationjacquesrougerie.fr

En binôme avec Eric Coupé, j’ai travaillé sur le projet Aguador, cela signifie porteur d’eau en espagnol. Le défi était de proposer un voyage poétique sous marin tout en transportant un réseau d’eau et d’électricité vers d’autres régions. Il y a donc une volonté utilitaire et poétique.

 On a conçu l’entrée du tunnel comme une goutte d’eau avec le maximum de confort physique tout en ayant la meilleure vue possible sous la mer.

Est-ce un thème d’avenir selon toi ?

Oui car la mer peut nous donner d’incroyables sujets de recherche et de développement. Le réseau de l’Aguador permettrait dans un sens cet élan. Mais d’un autre côté, c’es aussi un lieu sauvage qu’il s’agit de préserver…

Est-ce que tu as un futur projet, lequel ?

Je travaille actuellement sur la programmation d’un éco-quartier intergénérationnel dans l’Indre au sein de l’Agence d’Architecture Rheinert, établi à Vaulx-en-Velin. De mon côté j’ai terminé de rendre un projet pour le concours du musée Guggenheim à Helsinki avec mon collègue Architecte et ami Lionel Ary Slama. J’ai aussi plus récemment participé au concours Europan 13 qui propose de travailler sur la redynamisation des communes rurales Corrézienne en situation difficile.

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Qu’est-ce que représente le dessin pour toi ?

En ce qui concerne le dessin en général, je trouve que c’est un formidable outil qui permet de développer l’observation et l’imagination. C’est aussi un outil de narration à travers la Bande Dessinée. Je travaille d’ailleurs actuellement sur un projet de BD « le prophète » visible sur les pages de mon blog.

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Tu es bloggeur, qu’est-ce que ça t’apporte ?

Partager des paysages, des ambiances, des idées sous l’angle du dessin.

Vous pouvez consulter le site professionnel de Vincent Limonne :

http://www.vincent-limonne.com/

 Il a un blog, dans le genre carnet de voyage :

http://vinceario.overblog.com

ou plus actualité :

http://levincedeblog.blogspot.fr/

A SIGNALER: Le projet de Vincent Limonne et Eric Coupe a fini 7ème, dans le top 10!

 

Pour d’autres entrevues:

Emmanuel Rondeau, photographe animalier

Entrevue Au Fils d’Indra

Sara, passion danse

Joe, attaché parlementaire anglais

Lucie Léanne, auteure qui soulève les tabous