Sara Idarraga Hamid, passion danse.

par virginielebrun

 

Duo Croises 4

Sara Idarraga Hamid est une jeune danseuse colombienne installée en France. Elle enseigne la danse et travaille pour des compagnies. Elle a des choses intéressantes à nous raconter:

Pourquoi avoir choisi la danse ?

Depuis toute petite, j’aime le mouvement. Tout le monde dit que je n’arrêtais pas de bouger. Très vite j’ai découvert la musique savante et la danse classique et j’ai su que je voulais être danseuse. A huit ans, j’ai commencé à prendre des cours de danse classique. Petit à petit j’ai demandé à augmenter l’intensité horaire jusqu’à réussir à aller à l’école de danse tous les jours pendant plusieurs heures. La danse est devenue indispensable dans mon quotidien. C’était la manière de canaliser mon énergie, de me concentrer sur mon corps, sur son effort et de pouvoir ressentir le plaisir que cela me donnait. C’est mon plus grand moyen d’expression.

 

Quel type de danse préfères-tu ?

Après 10 années de danse classique, j’ai découvert la danse contemporaine en France et j’en suis tombée amoureuse. C’est un type de danse qui mène à l’épanouissement personnelle et qui me permet d’exploiter toutes les possibilités physiques associées aux émotions, pensées, idées… C’est infinie la quantité de choses que l’on peut faire et donc exprimer.

Comment es-tu arrivée à danser en France ?

Je suis arrivée en France en 2005 à la recherche d’études en Danse. J’ai trouvé l’Université de Nice Sophia Antipolis qui propose une Licence en Arts du Spectacle mention Danse. J’ai intégré la Faculté pour les deux premières années de la Licence et j’ai fait la dernière année en échange en Finlande à Turku Arts Academy. Une fois la Licence finie, j’ai déménagé à Paris pour suivre une formation pour passer le Diplôme d’Etat de Professeur de Danse Contemporaine ainsi que la formation en Cinétographie Laban au Conservatoire National Supérieur de Musique et Danse de Paris (CNSMDP).

Pendant ces deux années à Paris, j’ai commencé à participer à quelques projets avec des chorégraphes mais aussi à créer mes propres chorégraphies.

Est-ce que la France a une bonne image dans ce domaine ?

Jusqu’à présent la France est un pays qui compte avec des chorégraphes importants, reconnus dans le monde. Grâce à l’ouverture d’esprit des divers danseurs et chorégraphes, la France a accueilli les mouvements artistiques avant-gardistes d’après guerre et s’en est imprégnée. Très vite des danseurs français ont contribué à l’évolution de la danse.

Tu enseignes. En quoi l’enseignement semble important pour les enfants ?

Je considère que la danse est indispensable au développement de l’enfant. Elle apporte une connaissance du corps et ainsi son respect, sa coordination. Pour moi, les cours de danse contemporaine sont un espace où l’enfant peut rêver, s’exprimer, raconter des histoires et prendre confiance en soi. Elle permet d’apprendre à vivre en société car dans une séance de danse contemporaine on est amenés à respecter autrui : ses idées, son espace, son corps, ses propositions. On établit constamment un rapport avec le groupe et l’individu. C’est avant tout une source d’épanouissement personnelle.

Est-ce que le rapport enseignant-élève est particulier dans ce domaine par rapport à d’autres?

Je considère que c’est un rapport de confiance. Quand on danse on le fait avec notre corps, notre esprit. On est complètement transparent, ce qui nous rend vulnérables. Le professeur de danse doit avoir conscience de ceci et savoir guider l’élève danseur tout en respectant son corps et ses idées. C’est cette confiance qui permet que l’élève ose prendre des risques et partager sa passion avec les autres.

Tu danses également, dans quelle compagnie ?

Je travaille avec la compagnie Les Mobilettes en Ardèche ainsi que avec Masnàda Associazione à Lugano (Suisse).

Qu’est-ce que tu préfères, enseigner ou danser ?

Je prends énormément de plaisir à faire les deux et je trouve que les deux activités se complètent. J’apprends constamment de mes élèves mais aussi mon activité en tant que danseuse me permet de vivre diverses expériences en termes de création, d’interaction qui nourrissent constamment mon métier de professeur.

Quels sont tes projets professionnels ?

Actuellement j’ai une énorme envie de créer. L’idée est de faire une recherche corporelle et de mouvement riche. Mon but étant de faire des créations de plus en plus poétiques. Du côté de l’enseignement j’aimerais développer plus la manière dont j’amène la danse aux enfants et commencer à leur donner des outils de la notation Laban pour aborder la danse différemment.

Est-ce que tu as une danseuse ou un danseur  modèle ?

Plutôt qu’un danseur ou danseuse modèle j’admire particulièrement certains chorégraphes. En générale ce sont des artistes qui génèrent beaucoup d’émotions quand je regarde leurs pièces et qui donc ont dans leurs compagnies des danseurs extraordinaires : Ohad Naharin de la Batsheva Dance Company, Yuval Pick (actuellement directeur de CCN de Rillieux-la-Pape), Emanuel Gat et Maud Le Pladec entre autres.

Est-ce que tu as un conseil à donner pour ceux qui veulent en faire leur métier ?

Gardez toujours la passion pour ce que vous faites et laissez vous surprendre par votre propre corps.

 

 

pour l’interview d’Emmanuel Rondeau, photographe animalier

pour l’interview de Vincent Limonne, architecte

pour l’interview, Au fils d’Indra

 

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