La mode au XVIIe siècle

par virginielebrun

  • De 1590 à 1625,

on connaît une prépondérance de la mode française et hollandaise.

Suite aux excentricités, l’influence de la mode espagnole réapparaît après la mort de Henri III.

Le costume féminin maintient les crevés sur le corps et les manches.

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Le  verugadin se transforme avec un plateau porté sur les hanches sur lequel s’étale la jupe très froncée.

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Les hommes revêtent un pourpoint à taille arrondie ou légèrement en pointe avec des épaulettes ou des éperons, à grandes taillades à collet droit avec une fraise tantôt ronde tantôt souple et tombante: la fraise à la confusion. La voici:

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Il y avait un collet monté ou retonde  soutenu par une armature. Les trousses sont concurrencées par les chausses en bourse rembourrée . Elles étaient soient à la gigotte soit à la vénitienne

  • De 1625 à 1645

Trictrac_lenainLes joueurs de tric-trac de Mathieu Le Nain

  • La société parisienne ne prenait pas en compte tous les édits somptuaires: celui de 1629, celui de 1633 interdisant les dentelles et les broderies, celui de 1644 décidé par Mazarin interdisant l’or et l’argent dans les costumes. A l’opposé donc d’Henri IV qui avait promu la production de la soie et des industries de luxe en France. Le courtisan à la mode affirme en 1625 que la mode masculine était à l’espagnol. Richelieu et Louis XVI enlèvent toute ambition politique à la noblesse et les nobles n’ont plus qu’à se tourner vers la mode. Le Sieur de Brantes (il donna son nom à des perles allongées), le Sieur de Cadenelle (il donna son nom à une tresse descendant le long de la joue) et Guiche (arbitre des souliers) sont des arbitres de l’élégance. Le pourpoint uni ou à grandes taillades et à longues basques dites tassettes laisse passer le jabot de la chemise. Les manches tailladées laissent voir celles de la chemise et se resserrent au poignet. Les hauts de chausse moins vastes que précédemment mais plus longs sont soit serrés soit flottants en pantalon.

images (14)Portrait de Charles I par Daniel Mytens

  • La cape est maintenant dénommée manteau. La hongreline souvent doublée de fourrure se répand chez les militaires et les civils. La casaque, vêtement court et flottant se caractérise par des manches larges. Le roquet ou rochet est un petit manteau à manches courtes et pendantes sans collet utilisé surtout pour la parade. Il y avait bien sûr les bas. En soie et laine l’hiver ou pour la chasse. Le bas à bottes, en toile, se mettait par dessus le bas.
  • Pour les femmes, l’habillement est plus sobre que celui des hommes. Le corps de jupe baleiné est fait d’un plastron rigide dont la pointe déborde sur le bas de jupe.

sans-titre (35)Entrevue entre Louis XIV et Philippe IV de Charles Lebrun

Les manches tailladées et bouffantes sont soutenues par un coussin rembourré. L’ensemble est de tissus riches, claires et figurées par dessus la robe noire à mancherons fendus et noués au coude sur la manche du corps. Il y avait trois jupes superposées: la modeste, la friponne et la secrète.

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S’ajoute la hongreline, plus courte que la masculine. C’est une sorte de corsage à basque non baleiné et le justaucorps à la Christine. Il faut dire qu’à l’époque, la médecine commence à comprendre que les vêtements trop rigides causaient des problèmes de santé, de circulation sanguine. Dessous, avec la chemise, les femmes portent le caleçon muni de poches, avec de la passementerie auquel s’attachent les bas.

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Pour monter à cheval, elles utilisent des devants de jupe, les devantières. A l’intérieur, elles portent de longs tabliers dits laisse tout-faire.

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Nous sommes à l’époque de Melle de Scudéry. Les précieuses et les spirituelles bourgeoises du Marais ont permis la création de deux poupées, La grande et la petite Pandore, qui iront porter dans toute l’Europe la mode française.

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L’influence de la cour est accentuée par des rapports plus étroits avec la ville. Les lignes pour les hommes et les femmes sont plus sobres, moins superflues et ornementales. Les coiffures également se sont assagies. Influence du jansénisme? À la mort de Louis XIII, la mode était sobre et élégante.

La deuxième partie au prochain numéro.

Pour la mode au XVIIIe

Pour la mode au XIXe

Pour la mode au XXe, première partie

Pour la mode au XXe, seconde partie

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