Une suite française

par virginielebrun

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Ce livre n’est plus à présenter et j’enfonce sûrement des portes ouvertes mais il fallait en parler. C’est vraiment une œuvre à lire et pour de multiples raisons:

L’hitoire

Elle est claire, simple et terrible à la fois: la vie des gens lors de la Seconde guerre mondiale. Elle nous raconte l’histoire de gens pris entre le destin individuel et communautaire comme Lucile.

Pourquoi le lire?

L’écriture est belle, sobre, recherchée et dépouillée à la fois comme j’aime.

Pour mieux comprendre la vie des gens lors de la seconde guerre mondiale et vivre l’occupation de l’intérieur. Une vraie description avec un regard distancié. C’est presque analytique alors qu’elle le vivait à l’instant. Le passage de la rébellion des enfants face à Péricand-Maltête.

Irène Némirovsky était douée pour décrire les sentiments humains et l’atmosphère qui va avec .

Pour le devoir de mémoire.

C’est la peinture du société en marche.

Les thèmes:

Le courage, la lâcheté, l’hypocrisie mais aussi l’amour, des gens pris entre le destin individuel et communautaire.

Mémoire de la Seconde guerre mondiale dans le roman.

Les figures de l’occupant.

L’histoire au service du roman.

Ecrire un chef-d’oeuvre dans l’urgence.

Nature et culture.

 

L’auteure

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Irène Némirovsky est née en 1903 à Kiev. Elle  a eu une enfance russe dans une famille aisée juive. La petite Irina aura une gouvernante française et se passionne très tôt pour les auteurs français comme Hugo, Maupassant, Dumas. Elle a l’habitude de passer l’hiver en France sur la Côte d’Azur, Paris ou les stations thermales vosgiennes.

Avec l’arrivée de Lénine qui décident d’en finir avec le pouvoir des banquiers, la famille s’exile: Saint-Pétersbourg, Moscou, Finlande, Suède pour s’installer définitivement à Paris. Irina devient Irène. Elle s’inscrit en 1921 à la Sorbonne. ce n’est pas l’étudiante la plus assidue et elle écrit des saynètes comiques et son premier roman Le Malentendu.

En 1929, elle envoie le manuscrit de David Golder à Bernard Grasset et c’est le succès. Il retrace l’histoire d’un financier sans scrupule. Il y a L’ennemie et Le bal. Le tout est autobiographique.

En 1932, son père meurt. Il a perdu sa fortune personnelle et ne laisse qu’un maigre héritage à sa fille. Irène est donc obligée d’écrire pour maintenir son niveau de vie d’autant plus que son mari ne gagne pas beaucoup d’argent. Elle travaille pour la presse. On lui reprochera le fait d’avoir travailler pour des revues de tout bord politique même celles affichant leur antisémitisme. De 1935 à 1942, elle écrit neuf romans et trente-huit nouvelles mais Irène et son mari Michel Epstein dépensent beaucoup.

Etant donné le contexte politique, elle cherche à obtenir la nationalité française et la famille se fait baptiser en 1939. Elle place sa fille Elisabeth dans le Morvan pour la protéger. Elle pressent l’actualité comme un sujet d’investigation pour le roman, elle veut imaginer une grande fresque de l’entre-deux-guerres. Elle assiste à l’exode massif. Installés à Issy-l’Evêque occupé, ils ont des rapports très cordiaux avec les Allemands et ont confiance dans le gouvernement de Vichy. Ils se font immatriculer à la sous-préfecture d’Autun, en croyant que le recensement les met à l’abri des Nazis. Irène écrit mais il est de plus en plus difficile de se faire publier car la censure nazie exige que les éditeurs pilonnent tous les livres d’auteurs juifs. Elle termine toutefois sa biographie de Tchekhov et se lance dans la rédaction de Suite française. Comme elle craint que ce roman ne soit pas publié à titre posthume, elle travaille nuit et jour à l’élaboration du plan d’ensemble. Quand la Russie se fait envahir par l’Allemagne en juin 1941, elle prend des dispositions pour protéger ses enfants en cas d’arrestation et met son manuscrit à l’abri chez son éditeur.

En 1942, toute la famille porte l’étoile juive et Irène ne peut plus publier et se consacre donc à Suite française. Quand Irène est arrêtée, Michel confie à leurs filles Denis et Elisabeth une valise contenant le manuscrit. Elles la transporteront jusqu’à la fin de la guerre. Denise, soixante ans après, eut le courage d’ouvrir la valise et retranscrit le texte. Le roman est édité en 2004 et obtient le Prix Renaudot.

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