L’âge d’or de Luis Buñuel

par virginielebrun

L’histoire

Il s’agit de l’histoire de deux amants éphémères hors convention avec les interdits sexuels et religieux.

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Le film commence par un documentaire sur les scorpions. Le scénario est le prétexte à des scènes blasphématoires dénonçant l’ordre bourgeois qui a provoqué la guerre: un aveugle maltraité, un chien écrasé, une vieille dame giflée au lieu d’être servie, un enfant tué par son père à coup de fusil dans l’indifférence générale, un évêque défenestré, un encensoir déposé sur le trottoir et frôlé par des chevilles féminines qui « font le trottoir », un violon dont on joue à coup de pieds, le Christ sortant vêtu d’une robe immaculée d’une orgie.

On peut retenir l’image d’évêques qui prient sur des rochers

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Puis retrouvés en squelette plus tard:

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La vache dans un lit:

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L’amante qui lèche le pied d’une statue:

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Réception

L’Âge d’or est censuré car jugé antipatriotique, antihumaniste et antichrétien. Il est classé en 1949 par la Cinémathèque française parmi les cent chefs d’œuvre du cinéma.

« Luis Buñuel a jeté avec L’Âge d’or le seul vrai cri, le plus inimitable hurlement en faveur de la liberté humaine de toute l’histoire du cinéma. Ce film brille d’un éclat incomparable au ciel du septième art : c’est l’étoile sur laquelle tous les cinéastes, épris d’indépendance à l’égard des idées reçues ou à l’égard des bons sentiments routiniers peuvent et pourront toujours orienter leur difficile navigation. »

Freddy Buache.

Le film est une commande de Charles et Marie-Laure de Noailles par lequel ils vont entrer en disgrâce. La première séance publique a lieu le 22 octobre à onze heures trente au Panthéon Rive-Gauche devant des invités de marque, parmi lesquels Georges Braque, Gertrude Stein, Marcel Duchamp et André Malraux. Les de Noailles serrent les mains à l’entrée en souriant mais à la sortie, les invités repartent froidement, têtes baissées. Les allusions sacrilèges ont révolté. A commencer par ce Christ sorti du château des dépravations, instigateur de la plus bestiale des orgies.

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Le 3 décembre, une cinquantaine de militants d’ extrême droite investissent le cinéma, jettent de l’encre violette sur l’écran et des boules puantes.

Le 10 décembre 1930, la Commission de censure interdit la diffusion du film. Le 12, le film est saisi. Le négatif original a été caché par le vicomte de Noailles. Des centaines d’articles passionnés, favorables ou haineux, paraissent dans la presse du monde entier. On se jure de ne plus répondre aux invitations des Noailles. Le prestige du vicomte est sérieusement ébranlé. Il est évincé du Jockey club. Le couple se replie deux ans à Hyères. Marie-Laure, elle, retourne à Paris, soutenue par son mari et continue de financer les artistes.

En 1937, une copie tronquée circule sous le titre Dans les eaux glacées du calcul égoïste. Gaumont n’obtient la levée de l’interdiction de projeter qu’en 1981 à, l’occasion de l’élection de François Mitterrand. Il est restauré par le Centre Pompidou en 1993.

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Fiche technique
Scénario : Luis Buñuel et Salvador Dalí.
Musique : Beethoven, Mozart, Richard Wagner, Franz Schubert paso-doble de Georges van Parys
Photographie : Albert Duverger
Décors : Pierre Schildknecht et Alexandre Trauner
Durée : 1 h 01

Distribution

Gaston Modot : l’homme
Lya Lys : la femme
Caridad de Laberdesque : la femme de chambre
Germaine Noizet : la marquise
Lionel Salem : le duc de Blangis
Max Ernst : le chef des bandits
Duchange : le chef d’orchestre
Joseph Llorens Artigas : le gouverneur
Pierre Prévert : Peman, un bandit
Paul Éluard la voix
Valentine Hugo
Jacques Brunius

Mon avis

Cela est très représentatif d’une époque, du surréalisme et de sa liberté de ton. En 2014, cela n’a peut-être plus le même effet. La musique est très étudiée, notamment pour les scènes chez le marquis de X. Elle monte crescendo comme les tensions relationnelles entre les amants. En outre, ce n’est pas tous les jours que l’on peut voir Max Ernst.

 

 

 

 

 

 

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