Virginia L.

Poésie. Dessin.

Mois : juin, 2014

Interview théâtrale

Qu’est-ce que l’on ressent quand on se lance dans le théâtre à l’âge adulte? Qu’est-ce que l’on recherche vraiment? Voilà l’interview d’Eric Mansoun, débutant et passionné. Suite à une année de formation au théâtre Le fou, il vient de faire ses premières armes lors de la pièce de fin d’année intitulée Les Egarés.

photoEric Mansoun dans son  costume de la pièce Les égarés

Pourquoi , pour quoi faire du théâtre ?

Cela faisait déjà quelques années que l’idée me trottait dans la tête, mais je n’osais pas franchir le pas. Je ne pensais pas être capable de pouvoir restituer un texte, tout en jouant un rôle sur scène et devant un public. C’est une façon pour moi de dépasser mes limites.

Qu’est-ce que cela apporte ?

Tout d’abord, la satisfaction d’avoir pu concrétiser un rêve. Ensuite, je suis content de ma progression dans ma façon de jouer, grâce aux conseils avisés de notre professeure. Par ailleurs, je pense avoir acquis une meilleure aisance à parler devant un public.

Quelles sensations éprouve-t-on quand on se trouve la première fois sur scène ?

Au delà du trac, j’ai ressenti une grande émotion à me retrouver face au public. Ensuite, on pense surtout à rester concentrer pour ne pas perdre le fil.

Comment peux-tu qualifier la pièce?

C’est avant tout une pièce contemporaine, qui délivre une émotion intense, avec des rôles très différents.

Qu’est-ce que tu peux dire sur ton rôle ?

Je joue un rôle de séducteur, qui est sûr de lui, et qui essaie de séduire une jeune femme avec une approche pleine de sous-entendus.

Pourquoi avoir choisi des extraits de différentes pièces ?

Ce sont avant tout le choix de notre metteur en scène, Pascaline, qui souhaitait monter une pièce faite à partir d’extraits de textes de pièces contemporaines.

Pourquoi avoir pris le thème de la gare ?

On a fait le choix d’un endroit insolite comme celui d’une gare, car cet endroit est le lieu de rencontres idéales et qui permet de faire évoluer des personnages dans différentes situations.

 

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Mise en scène: Pascaline Chambon

A travers un florilège de textes contemporains, des personnages à la fois drôles et touchants vous embarquent dans un univers sensible à la quête des uns et des autres résonnera en chacun de nous

Avis:

  • Les extraits sont choisis
  • J’ai bien aimé « le ballet » de gens qui se croisent sans vraiment se rencontrer au début.
  • L’idée de la gare est classique mais bien vue.
  • On a tous les sentiments: tristesse, amour, innamoramento, désespoir.
  • On pleure, on rit.
  • Les élèves ont donné le meilleur d’eux-mêmes.

En espérant que cela vous incite à vous inscrire à des cours de théâtre…

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L’art moderne brésilien

  • Pour célébrer le premier siècle d’indépendance du Brésil en 1922, São Paulo accueille la Semaine d’art moderne, événement fondateur du modernisme brésilien. Le but: rassembler des artistes (poésie, littérature, peinture, sculpture, musique) pour rompre avec l’académique pour former une identité culturelle propre.
  • Le Manifeste anthropophage, écrit par 1928 par Oswald de Andrade devient le noyau théorique du mouvement. Il prône le mélange de la culture colonisatrice aux caractéristiques des Indiens Tupi vivant au brésil avant la conquête. Il faut assimiler la culture portugaise pour en faire une déclinaison spécifique.

sans-titre (114)Oswald de Andrade

  • Le décentrement de la vie artistique de Rio de Janeiro (alors capitale fédérale) à São Paulo (nouveau centre économique) se confirme dans les années 40 avec la création d’importantes institutions: le Musée d’art d’ art, le Musée d’art moderne, la Biennale. La question d’identité nationale s’empare de la politique surtout avec l’idée de la création d’une capitale fédérale lancée par le président Juscelino Kubitschek.

sans-titre (110)Juscelino Kubitschek

L’urbaniste est Lúcio Costa et l’ architecture de Style international mais avec des échos à la nature environnante est d’Oscar Niemeyer.

images (37)Brasilia

  • Les années 50 sont aussi marqués par l’émergence de mouvements artistiques qui se revendiquent du Manifeste anthropophage. Tandis que qu’Augusto de Campos et Décio Pignatari, chefs de file de l’Art Concret à São Paulo veulent enlever toute connotation lyrique, symbolique et subjective de la peinture et de la poésie pour des simples éléments plastiques ou d’une poésie « verbi-voco-visuelle »

01_01Poésie d’Augusto de Campos

roland3 Poésie de Décio Pignatari

  • Certains signent le Manifeste Néo-concret, ils veulent rompre la distance entre public et œuvre. Hélio Oiticica, Lygia Clark et Lygia Pape proposent de digérer également la culture populaire.

31 mars 1959, le présent Goulart est renversé.

tropicalia1Tropicalia de Hélio Oiticica

  • Elle inspire aux musiciens Caetano Veloso et Gilberto Gil l’album Tropicalia ou Panis et Circensis. C’est la pierre angulaire du mouvement Tropicalistequi concerne la littérature, théâtre, poésie, arts plastiques et cinéma. Il faut montrer la culture brésilienne avec les formes populaires traditionnelles, la culture de masse et les techniques de l’avant-garde internationale. A cette époque, l’art conceptuel fait son entrée dans la création brésilienne avec des artistes comme Cildo Meireles et Tunga

5013s1Cooking crystals expanded (2010) de Tunga

MEIRELES19Marulho (1991-1997) de Cildo Mereiles

Ils mélangent art, vie, poésie, engagement politique.

  • A la fin des années de plomb, c’est le moment de faire le point sur l’histoire de l’art moderne brésilien. Aracy Amaral participe en 1987 à la réalisation de l’expo Modernidade-Art brésilien du XXe siècle au Musée d’art Moderne de la ville de Paris.
  •  Années 90: le retour de la démocratie et la croissance économique entraînent la multiplication des structures et institutions destinées à la création contemporaine au Brésil.
  • En 1998, une exposition lors de la 24e Biennale de São Paulo montre l’influence de l’art brésilien sur le reste du monde.
  • 2009: Le 31st Panorama da Arte Brasileira, à São Paulo, invitent les artistes étrangers pour qui la modernité brésilienne est une source d’inspiration.

sans-titre (117) Oeuvre de Pedro Moraleida

AU-TES-pbbs-39œuvre de J. Borges

Cela nous permet de nous interroger, dans un monde globalisé, sur les processus de contamination, sur les origines, la réappropriation.

Je vous conseille d’aller voir  l’exposition Imagine Brazil au musée d’art contemporain de Lyon jusqu’au 17 août 2014.

Pour l’histoire du Brésil

 

Petite histoire du Brésil

 

 

Ben-vindos dans cette petite histoire du Brésil avec quelques dates. C’est un pays passionnant que l’on ne connaît pas tant que ça.

1500: Le Portugal arrive. Pedro Álvares Cabral et les caravelles débarquent à Bahia.

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1532: Brasileiros

La ville de São Vicente devient le point de départ des expéditions fluviales. Les Portugais découvrent un produit lucratif, un arbre, le bois-brésil, qui donne de la teinture rouge. Ses négociant sont alors appelés les « brésiliens ».

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On recherche de l’or, des pierres précieuses et de la main d’œuvre pour cultiver la canne à sucre récemment implantée. Après les Indiens, ce sont les populations africaines devenues esclaves qui arrivent à Salvador dans la deuxième moitié du XVIe siècle.

1792: Inconfidência mineira

C’est un soulèvement contre  paiement du « quinto » (impôt sur l’or) échoue. Les conspirateurs sont dénoncés et condamnés.

1808: Installation de la famille royale portugaise.

Alors que Napoléon Ier envahit le Portugal, le Prince régent Dom João VI s’installe à Rio de Janeiro.

sans-titre (107)Dom João VI

1822: L’Indépendance

Après la défaite de Napoléon Ier en 1814-1815. Le Royaume-Uni du Portugal, du Brésil et des Algarves est déclaré mais une révolution libérale à Porto contraint Dom João, devenu roi, à rentrer au Portugal. Alors que le pays traverse une crise mêlant menaces révolutionnaires des brésiliens et l’ insubordination des troupes coloniales. Les Cortes (Congrès souverain) dissolvent le gouvernement central établi à Rio de Janeiro et ordonne au Prince Régent, Dom Pedro, de rentrer à son tour à Lisbonne.

220px-DpedroI-brasil-fullDom Pedro

Il choisit de rester et déclare l’Indépendance le 7 septembre 1822 en disant « Fico » je reste.

1888-1930: Abolition de l’esclavage et proclamation de la République.

La Princesse Isabel do Brasil abolit l’esclavage en signant la Loi d’orle 13 mai 1888 contre l’avis des grands propriétaires.

images (36)Princesa Isabel do Portugal.

Ils organisent un coup d’État qui aboutit à la République le 15 novembre 1889. Cette période conservatrice avec une prospérité économique qui repose sur les grandes exploitations de café  se poursuit jusqu’en 1930.

1930-1954: La Révolution de 1930 et l’Estado Novo:

Suite à l’élection présidentielle, le candidat éconduit Getúlio Vargas, fait un coup d’État. De 1937 à 1945, l’Estado Novo s’inspire du fascisme italien en favorisant l’industrialisation et l’armée. Sous la pression des entreprises multinationales et de l’armée qui veulent son départ, il se suicide le 24 août 1954.

sans-titre (109)Getúlio Vargas

 

1955- 1961: Brasilia

Juscelino Kubitschek, élu président annonce un plan quinquennal de développement économique financé en empruntant aux banques américaines.

sans-titre (110)Juscelino Kubitschek

Brasilia, nouvelle capitale fédérale, est inaugurée en janvier 1961. La création de la ville à l’intérieur des terres vise à mieux répartir richesse et population surtout concentrées sur le littoral.

1964-1989: La dictature

Un coup d’État militaire renverse le Président João Goulart et instaure une dictature de 20 ans.

sans-titre (111)João Goulart

Des escadrons traquent les opposants au pouvoir. Exil, déportation, tortures, emprisonnement. La dictature prend fin avec de nouvelles élections démocratiques en 1989.

2002, Luiz Inácio Ferreira da Silva, Lula, est élu. Le pays connaît une croissance économique  et des réformes et a eu deux mandats successifs.

sans-titre (113)Lula

1er janvier 2011: élection de Dilma Rousseff. Le pays devient la sixième puissance mondiale avec bien sûr encore des problèmes sociaux.

sans-titre (112)Dilma Rousseff

 
Pour l’histoire de l’art brésilien

 

 

Marta Morazzoni

 

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C’est une écrivaine italienne pas comme les autres. Alors que d’autres traitent des problèmes d’aujourd’hui. Elle, vous parle de sujets historiques, vous parlent du Nord, des Inuits qu’elle a étudiés lors de ses études d’anthropologie. Elle a eu de nombreux prix prestigieux. Marta Morazzoni recherche la perfection du style, fouille, souffre ou se fait plaisir quand elle écrit. Une grande dame qui a beaucoup à nous dire…

Alors que beaucoup d’écrivains italiens parlent de la société d’aujourd’hui, pourquoi avez-vous cette influence du passé?

J’ai toujours aimé l’histoire et j’ai toujours considéré l’histoire comme une façon de voyager. D’un autre côté, il y a la distance des choses racontées temporelle ou géographique. J’ai pourtant écrit quelque chose sur notre temps Casa materna mais cela se passe en Norvège donc j’avais la distance nécessaire avec mes personnages. J’ai le besoin d’être froide dans le récit.

Il y a chez vous un refus de parler de soi alors qu’il y a une tendance à l’autofiction en ce moment?

Je crois que n’importe quel écrivain est autobiographe. Nous parlons de nos expériences, de nos mémoires, cela  fait que nous avons un passé derrière nous. Tout roman finit par être autobiographique. Mais le lecteur ne doit pas savoir à quel point l’auteur entre dans l’autobiographie. Je me rends compte après coup que j’ai parlé de quelque chose qui m’est proche.

Quelle est l’importance accordée aux lieux et plus particulièrement aux lieux clos?

Travailler sur Jeanne d’Arc fut une période compliquée, problématique. La nota segreta fut comme des vacances, une bouffée d’air frais. Le plaisir de l’écriture, rien que ça. C’est une histoire déjà écrite par un autre écrivain: Cento anni de Giuseppe Rovani. Un écrivain du XIXe siècle qui nous raconte l’histoire de Milan. Il travaillait à la bibliothèque de Brera. Dans cette histoire, il a dédié quinze pages à une religieuse Paola Teresa Pietra qui a été obligée d’être enfermée mais elle rêvait d’être chanteuse et elle chantait très bien. Elle était contralto. Avec une autre sœur, Rosalba, maîtresse de chant soprano, elles chantaient dans l’église. Mais quelqu’un tombe amoureux d’elle et l’aide à sortir du couvant. C’est vraiment arrivé même si j’ai inventé certaines situations. Elle a demandé à Rome d’être délivrée de ses vœux.

On peut faire un parallèle entre la musique et la composition de vos livres. La note secrète a très bien marché en France.

Lorsque l’on écrit avec plaisir, cela veut dire que le lecteur le ressent. Je sentais qu’il y avait des choses belles. Il y a le hasard. En même temps qu’elle chantait, Pergolèse écrivait son Stabat Mater pour deux voix: soprano et contralto que j’avais imaginées dans l’histoire. Ce fut la même aisance d’écriture que pour L’affaire Alphonse Courrier.

Le vrai art du romancier est peut-être le mentir vrai?

Comment tisser ensemble John Ruskin et l’avancement de la tapisserie de Bayeux? John Ruskin est mort fou, passionné par le Moyen-Âge et les cathédrales de l’Europe du Sud: France et Italie. Je n’étais pas intéressée par une vraie autobiographie. J’avais besoin d’un soutien. Les cathédrales, on voit l’envers à l’extérieur et l’endroit à l’intérieur. Il y a aussi la tapissière qui fait de l’art sans le savoir et puis cette discussion sur l’art entre Ruskin et celle qui en produit. Amiens, fut sa dernière visite avant de terminer fou dans le Nord de l’Angleterre. Un passionné du temps perdu. J’ai imaginé un langage qui met en relation la vue et la possibilité de lire. On peut voir cette tapisserie en la regardant et en la lisant. Il y a cet Anglais qui venait en France pour essayer de comprendre la raison d’être de l’art gothique en France. Il y a cette femme, la tapissière qui va au bord de la mer pour mieux retranscrire les vagues sur cette tapisserie. J’ai imaginé que c’étaient des femmes, que c’étaient trois cents femmes mais en fait c’étaient trois cents hommes. On ne pouvait confier une tâche si importante aux femmes.  En ce qui concerne L’affaire Alphonse Courrier, je suis allée dans ce village et la grande église m’ a marquée. J’ai commencé à l’écrire sans savoir comment cela allait se terminer. C’est un homme qui veut tout contrôler, ne jamais être soumis.

C’est peut-être un de vos livres les plus ironiques, cruels sur l’espèce humaine…

Sa maîtresse est la plus laide du village du village. Ils se cachent et lui se marie avec la plus belle, parfaite en apparence. Quand  sa maîtresse meurt dans un incendie, il se rend compte qu’il est passé à côté du vrai amour. Il faut être impitoyable quand on écrit. La pitié arrive après. Il faut aller jusqu’au bout des personnes. La pitié, c’est quelque chose de plus important, de plus profond. Il est important de ne pas avoir de pitié gratuite. J’ai traduit deux romans d’ Edith Wharton qui m’a donné envie d’écrire L’affaire Alphonse Courrier. J’avais envie d’emmener mes lecteurs dans mon récit.

Quant à Jeanne d’Arc?

Ce fut compliqué. Je n’avais pas envie d’écrire une biographie ni ou mieux une hagiographie car il y a beaucoup d’hagiographies autour d’elle. J’ai l’impression de ne jamais la rejoindre. C’est une lutte entre elle et moi. C’est une autobiographie, une biographie, un essai. C’est seulement une quête comme le Graal que l’on ne trouve pas. Je n’ai jamais trouvé Jeanne d’Arc. J’ai cherché, voyagé. Plus je m’approchais, plus je m’éloignais. Par contre, j’ai trouvé d’autres personnes comme Charles VII qui sans courage apparent devient le protagoniste de la fin de la Guerre de Cent ans. J’ai lu Le journal d’un Bourgeois de Paris, c’est sûrement un chanoine de Notre-Dame de Paris. De 1405 à 1449, ce journal raconte jour par jour des choses intéressantes sur la vie de tous les jours. C’est bouleversant. A lire, c’est fantastique.

Quelle est la part de la philosophie dans votre œuvre?

C’est surtout de l’anthropologie. J’aime Spinoza et Kierkegaard. C’est la philosophie de l’Europe du Nord qui m’attire. En général, je choisis l’histoire.

Est-ce que vous lisez des auteurs contemporains?

Je lis beaucoup d’auteurs contemporains de l’Europe du Nord. L’auteur italien le plus récent que j’ai lu est Cesare Pavese.

Quels sont vos modèles?

Manzoni car il entre dans l’histoire de l’Italie, ancrée dans la religion et avec une écriture extraordinaire. Il écrit un monde et il écrit de façon rigoureuse. Il a eu des maîtres à Paris. Sa mère a eu une histoire avec la France. Il n’a pas une croyance aveugle. En ce qui concerne les poètes: L’Arioste car ses poèmes sont à la naissance du roman. Et Giovanni Boccaccio pour son plaisir d’écrire, d’inventer des personnages et des situations. L’année dernière, pour fêter l’anniversaire de sa naissance, la télévision suisse m’ a demandé de réécrire une histoire de Boccace. La dernière histoire que je ne voulais pas: celle, horrible, de Griselda. J’ai imaginé un dialogue entre Pétrarque et Boccace à la Chartreuse de Milan où Pétrarque était hébergé par les Visconti. Pétrarque lui demande pourquoi il a écrit cette histoire qui conclut le Décaméron.

Vous parlez de plaisir et de difficulté dans l’écriture? Pourquoi ce paradoxe? Pourquoi continuer quand c’est difficile?

On ne peut plus se libérer quand on a commencé. C’est une malédiction. Parfois c’est une bénédiction. Pour Jeanne d’Arc, c’est vraiment un « travaglio » comme on dit en italien. Quand on a commencé avec un personnage, c’est difficile de le lâcher. Et puis on trouve d’autres personnages. J’ai trouvé le personnage de John Falstaff dans les méandres de Jeanne d’Arc. Diffamé par Shakespeare et réhabilité par Verdi. D’ailleurs, sur une idée de Schiller mise en musique par Verdi, Jeanne d’Arc est tuée sur le champ de bataille.

Quels sont vos projets?

Je n’ai plus de projets. J’ai recommencé à lire. C’est plus facile. C’est ce que j’aime le plus. Mes intérêts sont portés sur la Grèce. Je lis L‘Iliade et L’Odyssée. Il y a peut-être quelque chose à faire.

Est-ce que vous écoutez de la musique quand vous écrivez?

J’écoute de la musique à la radio et je vais souvent à La Scala car la musique, il faut la voir, voir la position des instruments.

Vous avez d’ailleurs écrit votre première nouvelle sur Mozart, la deuxième et d’autres sur Da Ponte et sa difficulté de travailler avec le plus grand…

J’aurais voulu être musicienne ou chanteuse alors je cherche de la musique dans la parole.

 

 

La Note secrète

Enfermée contre son gré dans un couvent milanais, Paola Pietra, une très jeune aristocrate, y révèle un don extraordinaire, sous la houlette de soeur Rosalba, sa maîtresse de chant : en effet, sa voix de contralto attire rapidement les foules, qui se pressent dans l’église de Sainte-Radegonde pour l’écouter. Cette “note secrète”, lancée à travers les grilles qui cachent la prisonnière, bouleverse un diplomate anglais, un certain John Breval. Lors d’une messe, Paola s’évanouit, et John lui porte secours : ce contact, à la fois bref, intense et sensuel, marque la naissance d’une passion qui va faire basculer le destin de la jeune femme et la jeter dans le “vrai” monde.
Inspiré d’un fait réel, ce roman, situé au XVIIIe siècle, affirme le talent de Marta Morazzoni, tout en retenue et en jouissance, plein d’une grâce charnelle. Et la figure de Paola Pietra, tranquillement rebelle, nous émerveille autant qu’elle nous questionne encore longtemps après que les derniers accords du livre se sont tus…

 

Agora

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Film de 2009

De Alejandro Amenàbar (Sorti après Mar adentro)

Avec: Rachel Weisz:Hypatie

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Michael Lonsdale: Théon

Max Minghella: Davus

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Oscar Isaac: Oreste (acteur principal de Llewyn Davis)

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Rupert Evans: Synésius

Sammy Samir: Cyrille

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Ce film a été sélectionné à Cannes et a obtenu 7 Goya en Espagne dont celui du meilleur scénario original et a été récompensé au Festival du film des Hamptons.

L’histoire

« Au IVe siècle après Jésus-Christ. L’Egypte est sous domination romaine. A Alexandrie, la révolte des Chrétiens gronde. Réfugiée dans la grande Bibliothèque, désormais menacée par la colère des insurgés, la Brillante astronome Hypatie tente de préserver les connaissances accumulées depuis des siècles, avec l’aide de ses disciples. parmi eux, deux hommes se disputent l’amour d’Hypatie: Oreste, futur préfet de la ville, et le jeune esclave Davus, déchiré entre ses sentiments et la perspective d’être affranchi s’il accepte de rejoindre les chrétiens, de plus en plus puissants… »

Pourquoi le voir?

  • Ce film se veut être un ambitieux péplum. Faire ressusciter le genre, ce n’est pas évident.

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  • Cela fait réfléchir sur l’intolérance religieuse.
  • Et les thèmes suivants:
  • La raison contre la croyance.

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  • Les femmes et les sciences.
  • Les avancées techniques et scientifiques de l’époque.

 

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Hypatie d’Alexandrie (370-415)

Voici l’article de Pierre Hadot de l’ Encyclopoedia Universalis:

Fille du mathématicien Théon d’Alexandrie, elle est peut-être la seule femme versée dans les sciences exactes qu’ait connue l’Antiquité. Elle commente, dans des ouvrages malheureusement perdus, les écrits mathématiques de Diophante et d’Apollonius; elle écrit un « canon astronomique » et sait fabriquer des appareils scientifiques (planisphère, hydroscope, ainsi qu’en témoignent les lettres et ouvrages de son disciple Synésius de Cyrène. Elle tient aussi école de philosophie à Alexandrie. A en juger par les œuvres de Synésius de Cyrène (370-415), sa doctrine se situe dans la tradition de Plotin de Porphyre. les historiens anciens insistent sur le fait que, malgré sa beauté, elle resta vierge toute sa vie. Son genre de vie présente des traits qui tiennent pourtant de l’impudeur des cyniques. Elle parcourt les rues d’Alexandrie en proposant son enseignement philosophique et éteint l’amour trop passionné d’un disciple en lui montrant les linges tachés de son flux menstruel. Elle meurt assaillie en pleine rue et mise en pièces par la populace chrétienne d’Alexandrie, qui lui reproche d’empêcher la réconciliation entre le préfet Oreste et le patriarche Cyrille. Cette fin tragique est souvent évoquée dans la littérature moderne comme exemple des méfaits de l’intolérance religieuse.

Le film: Inside Llewyn Davis