L’art moderne brésilien

par virginielebrun

  • Pour célébrer le premier siècle d’indépendance du Brésil en 1922, São Paulo accueille la Semaine d’art moderne, événement fondateur du modernisme brésilien. Le but: rassembler des artistes (poésie, littérature, peinture, sculpture, musique) pour rompre avec l’académique pour former une identité culturelle propre.
  • Le Manifeste anthropophage, écrit par 1928 par Oswald de Andrade devient le noyau théorique du mouvement. Il prône le mélange de la culture colonisatrice aux caractéristiques des Indiens Tupi vivant au brésil avant la conquête. Il faut assimiler la culture portugaise pour en faire une déclinaison spécifique.

sans-titre (114)Oswald de Andrade

  • Le décentrement de la vie artistique de Rio de Janeiro (alors capitale fédérale) à São Paulo (nouveau centre économique) se confirme dans les années 40 avec la création d’importantes institutions: le Musée d’art d’ art, le Musée d’art moderne, la Biennale. La question d’identité nationale s’empare de la politique surtout avec l’idée de la création d’une capitale fédérale lancée par le président Juscelino Kubitschek.

sans-titre (110)Juscelino Kubitschek

L’urbaniste est Lúcio Costa et l’ architecture de Style international mais avec des échos à la nature environnante est d’Oscar Niemeyer.

images (37)Brasilia

  • Les années 50 sont aussi marqués par l’émergence de mouvements artistiques qui se revendiquent du Manifeste anthropophage. Tandis que qu’Augusto de Campos et Décio Pignatari, chefs de file de l’Art Concret à São Paulo veulent enlever toute connotation lyrique, symbolique et subjective de la peinture et de la poésie pour des simples éléments plastiques ou d’une poésie « verbi-voco-visuelle »

01_01Poésie d’Augusto de Campos

roland3 Poésie de Décio Pignatari

  • Certains signent le Manifeste Néo-concret, ils veulent rompre la distance entre public et œuvre. Hélio Oiticica, Lygia Clark et Lygia Pape proposent de digérer également la culture populaire.

31 mars 1959, le présent Goulart est renversé.

tropicalia1Tropicalia de Hélio Oiticica

  • Elle inspire aux musiciens Caetano Veloso et Gilberto Gil l’album Tropicalia ou Panis et Circensis. C’est la pierre angulaire du mouvement Tropicalistequi concerne la littérature, théâtre, poésie, arts plastiques et cinéma. Il faut montrer la culture brésilienne avec les formes populaires traditionnelles, la culture de masse et les techniques de l’avant-garde internationale. A cette époque, l’art conceptuel fait son entrée dans la création brésilienne avec des artistes comme Cildo Meireles et Tunga

5013s1Cooking crystals expanded (2010) de Tunga

MEIRELES19Marulho (1991-1997) de Cildo Mereiles

Ils mélangent art, vie, poésie, engagement politique.

  • A la fin des années de plomb, c’est le moment de faire le point sur l’histoire de l’art moderne brésilien. Aracy Amaral participe en 1987 à la réalisation de l’expo Modernidade-Art brésilien du XXe siècle au Musée d’art Moderne de la ville de Paris.
  •  Années 90: le retour de la démocratie et la croissance économique entraînent la multiplication des structures et institutions destinées à la création contemporaine au Brésil.
  • En 1998, une exposition lors de la 24e Biennale de São Paulo montre l’influence de l’art brésilien sur le reste du monde.
  • 2009: Le 31st Panorama da Arte Brasileira, à São Paulo, invitent les artistes étrangers pour qui la modernité brésilienne est une source d’inspiration.

sans-titre (117) Oeuvre de Pedro Moraleida

AU-TES-pbbs-39œuvre de J. Borges

Cela nous permet de nous interroger, dans un monde globalisé, sur les processus de contamination, sur les origines, la réappropriation.

Je vous conseille d’aller voir  l’exposition Imagine Brazil au musée d’art contemporain de Lyon jusqu’au 17 août 2014.

Pour l’histoire du Brésil

 

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