Jacqueline Delubac

par virginielebrun

images (62)photo de Roger

Sa vie

Lyon, 1907 -Paris 1997

En 1928, Elle fait ses premiers pas dans une revue au Théâtre des Bouffes Parisiens. Elle joue dans  nombreux films et  pièces, notamment de Sacha Guitry qu’elle épouse en 1935.  Ils divorceront en 1939. Il appréciait l’art d’une autre époque, elle faisait le choix de la modernité. A peine séparée de Sacha Guitry, Jacqueline Delubac entreprend de constituer sa propre collection d’œuvres d’art. Pour ce faire, elle aurait revendu les bijoux qu’il lui aurait offerts. En 1949, Paris-Match la consacre « La femme la mieux habillée de Paris. » Elle fut classée parmi les dix femmes les mieux habillées au monde par Vogue. Elle est habillée par Paquin, Elsa Schiaparelli puis plus tard par  Pierre Cardin, Chanel, Ungaro… Dès la fin des années 1930, elle incarne l’élégance et l’avant-garde de la mode avec ses coiffes fantaisistes. En détournant le feutre de Sacha Guitry, elle lance la mode des couvre-chefs masculins. A partir de 1951, les acquisitions s’accélèrent. En 1955, elle pose pour Bernard Buffet. Elle achète également Femme au chevalet de Georges Braque (1937)

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En 1956, elle acquiert My Fair Lady de Jean Fautrier peint la même année.

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En 1967, elle achète Le Verre d’eau V de Jean Dubuffet, peint la même année.

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Au cours des années 1970, 1980, elle acquiert peu et s’oriente vers une peinture aux sujets réputés plus difficiles comme celle de Wifredo Lam ou Victor Brauner, proches des surréalistes.

N08-202_Lam-femme-couteau-350x443La femme au couteau de Lam

En 1976, elle publie ses mémoire sous le titre Faut-il épouser Sacha Guitry?

En 1981, elle se marie avec Myran Eknayan, diamantaire d’origine arménienne. Pendant quarante ans, elle a partagé sa passion pour la peinture avec lui.

En 1982, elle achète Carcasse de viande et oiseau de proie (1980)

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puis plus tard Etude pour une corrida n°2 (1969) de Francis Bacon

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En 1985, Myran Eknayan décède. Jacqueline réservera une pièce de son appartement du Quai d’Orsay à la collection de son mari. Il avait acquis des œuvres d’art impressionnistes le fragment central du Déjeuner sur l’herbe (165-1866) de Claude Monet. Sa collection contenait un Saint Sébastien de Camille Corot:

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et le Nu aux bas rouges, œuvre de jeunesse de Picasso:

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Admirateur de Rodin, Myran Ekyanan a réuni quelques plâtres et une vingtaine de bronez dont La femme accroupie, petit modèle:

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La même année, elle reçoit la Croix d’Officier de l’Ordre des Arts et des lettres.

En 1988, elle visite le Musée des Beaux-Arts de Lyon et rencontre son directeur Philippe Durey.

En 1993, elle rédige son testament, le musée compte parmi les légataires.

En 1995, elle assiste à la 3ème phase des travaux de rénovation du musée. Elle offre au musée Poisson sur une assiette (1921) de Pierre Bonnard.

Elle fait peu d’acquisitions mais Jacqueline Delubac cherche des œuvres fortes et de grand format. Souvent , les artistes sont représentés par plusieurs œuvres dans sa collection notamment Fautrier, Picasso dont on retient également Femme assise sur la plage (1937):

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Mais il y a aussi Léger, Poliakoff, Lam, Bacon et Dubuffet. Les œuvres modernes de sa collection ont permis de faire entrer les plus artistes du XXe siècle au musée. Elle explique ses choix avec la phrase suivante:

J’ai un bon œil, j’ai eu le bonheur d’avoir un assez bon instinct et d’acheter des peintures de Poliakoff, de Fautrier, de Dubuffet qui étaient peu connus et j’ai la joie de les avoir acquises quand tout le monde se moquait de moi.

Sans oublier des Degas comme Danseuses sur la scène:

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ou des Renoir comme Coco écrivant:

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Vous trouverez  une exposition (jusqu’au 16 février) sur Jacqueline Delubac au Musée des Beaux-arts de Lyon bien faite avec la reconstitution de l’intérieur de ses appartements.

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