Virginia L.

Poésie. Dessin.

Mois : février, 2015

Matin Brun

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MATIN BRUN de Franck Pavloff

Conception et jeu: Franck ADRIEN.

Marionnettes: Emilie Valantin et Sabine Courbière

Durée: 25 minutes

Charlie et son copain vivent une époque trouble, celle de la mise en place d’un régime politique extrême: l’Etat Brun.

Dans la vie, tous deux mènent une existence bien ordinaire: un travail alimentaire,  une vie simple qu’ils ponctuent de petits bonheurs entre bière et belote. Ils ne sont ni des héros, ni des lâches. Simplement, pour éviter les ennuis, ils s’accommodent, tolèrent et  détournent les yeux, pensant qu’ils ne peuvent pas faire grand chose contre ce régime.

« Les autres aussi baissent les bras pour être un peu tranquille non ?… »

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« Les gouvernements et les grandes puissances de ce monde ont tout intérêt à ce que nous pensions que nous ne pouvons rien changer » – Noam CHOMSKY

  • Cette œuvre de Franck Pavloff est connue mais prend une force supplémentaire grâce au jeu plein de conviction de Franck Adrien et à cette marionnette adéquate pour cette œuvre métaphorique. De quoi donner matière à réflexion surtout en cette période. Cette œuvre est un support pédagogique idéal.

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Pour plus d’informations sur la Compagnie Novecento:

http://www.compagnienovecento.fr

 

Erro

 

Le musée d’art contemporain de Lyon organise jusqu’au 22 février 2015 une rétrospective dédiée à l’artiste Erró.

Né en Islande en 1932, Erró, Guðmundur Guðmundsson, vit et travaille à Paris depuis 1958.

400_236_silversurfersagaSilversurfersaga donné par l’artiste au Musée d’Art contemporain de Lyon en décembre 2014

Anticipant les flux continus et infinis d’images et d’informations qui circulent sur les réseaux numériques, Erró s’est, dès le début de son oeuvre, intéressé à la profusion des images et à leur diffusion, inventant des formes de narrations, des grilles de vocabulaire, une grammaire et une rhétorique inédites.

De collages en tableaux, il a ainsi élaboré une sorte d’anti-encyclopédie visuelle et critique de tous les savoirs, pleine de couleurs et de drôleries, d’outrances et d’ambiguïtés, accessible à tous.

PREMIERE EXPOSITION

Elle a lieu à la Galerie Montenapoleone de Milan où il présente la série des Carcasses, peintures nées de l’étude de Léonard de Vinci, Paolo Uccello ou Rufino Tamayo.

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La figuration expressive pointe  du doigt les diverses formes d’oppression de la société moderne, dénonce la violence dans la paix comme dans la guerre

LE COLLAGE

De 1949 à 1955, il s’initie à la technique des papiers découpés. En 1958, A Jaffa (Israël), il crée ses premiers collages de la série Démasquez les physiciens ou Radioactivity

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LES MECAS

  •  Les Mecamasks

Il utilise des matériaux de récupération pour réaliser des assemblages et leur donner une signification immédiate.

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Ils annoncent son travail en 1962 pour les décors du film d’Eric Duvivier: Concerto mécanique pour la folie ou la Folle  mécamorphose comme les Mecadolls, décor erró-ique. Ce sont des « trompe-l’esprit » selon Picasso. Ils tirent leur force poétique et humoristique de la polysémie des éléments qui les constitue.

  • Les Meca-Make-Up

A partir d’illustrations découpées dans des magazines, il compose des collages que, premier entre tous, il entreprend de reproduire en peinture.

sans-titre (167)Madame Picabia

  •  Les Mecadolls

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Il développe le concept comme la Meca-science, le Mecacours…

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LA VIOLENCE ET LA POLITIQUE

  • Contre la guerre d’Algérie et du Vietnam

360-scapeFiscscape

Peint pendant la guerre du Vietnam, on voit les parachutistes américains qui se feront manger par les piranhas malgré les tirs.

Mais aussi les conflits Est-Ouest, la Chine, Pol-Pot, Hitler, Sarajevo, l’Irak. Comme dans la série American Interior:

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Ou Mao triomphant peint dans différentes situations comme ici:

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HOMMAGES

  • Peintres

sans-titre (170)The Background of Pollock 1966, 1967

Assemblage dans divers types de mises en pages, des citations visuelles se rapportant aux groupes artistiques ou aux artistes dont il se propose de faire le récit souvent rattaché aux événements socio-historiques qui les ont accompagnés.

  • Poètes

apo350Hommage à Apollinaire.

  • Espace, astronautres 

imagesWV8XNZSWDiane et Apollo, 1975

L’ ANTI-PROCES ET LE SEXE

La toile Flux de Sharpeville asexuée présentée à l’expo Anti-procès III de Milan saisie pour cause d’obscénité comme le grand tableau antifasciste collectif.

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Il dénonce le massacre raciste qui a eu lieu le 21 mars 1960 à Sharpeville en Afrique du Sud. Le tableau est saisi et sera rendu 50 ans plus tard. En 1969, en réaction à la censure, il peint un tableau 69 en réaction aux 69 positions du tableau. Dans Abolition des races, il prône la liberté sexuelle comme clé de voûte de l’anti-racisme.

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LES COMICS

Vers 1963, à New-York, il renonce définitivement à inventer les formes issues de son imagination. Immergé dans le flux incessant des images de la culture de masse, il systématise le procédé qui caractérise son art encore aujourd’hui: accumuler des documents visuels de sources multiples (publicités, bandes dessinées, caricatures, œuvres d’art, dessins érotiques, photographies de presse), les réunir en collages et les transposer.

sans-titre (172)French comicscape, 1985

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http://www.mac-lyon.com

N’oublions pas

Suite aux 70 ans d’Auschwitz et aux attentats récents de l’Hyper Casher à Paris, il est important de faire un devoir de mémoire. Pour ce faire, n’oublions pas le Poème introductif à Si c’est un homme de Primo Levi

Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons,
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis,
Considérez si c’ est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui pour un non.
Considérez si c’est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu’à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N’oubliez pas que cela fut,
Non, ne l’oubliez pas :
Gravez ces mots dans votre cœur.
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant ;
Répétez-les à vos enfants.
Ou que votre maison s’écroule,
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous.

Turin, janvier 1947, Primo Levi

 

Enfin pour terminer, comme disait l’Abbé de Saint-Cyran en 1643:

Le cœur, qui est la source de la mémoire