Le monastère royal de Brou

par virginielebrun

Monastère royal de Brou

© S. Buathier

L’endroit est magique et la visite vaut le détour !

  • C’ est un complexe religieux situé à Bourg-en-Bresse, une des capitales de l’ancien duché de Savoie. Le site accueille depuis deux millénaires des tombes antiques, paléochrétiennes ou burgondes.
  • Vers 927, Saint Gérard, alors évêque de Mâcon (886-926), se retire sur le site et y fonde avec quelques compagnons un ermitage dans lequel il meurt et est enterré en 958. Ses disciples suivirent ses traditions sous la direction d’un prieur.
  • Dépeuplé, dans les premières années du XIVe siècle, il fut remis, en 1319, par Jean de Clermont, au comte Amédée V de Savoie, à la condition d’y entretenir un religieux pour le desservir.
  • Mais c’est à une belle histoire d’amour que le Monastère royal de Brou doit sa naissance.

 Marguerite d’Autriche (par Bernard Van Orley), duchesse de Savoie, gouvernante des Pays-Bas bourguignons, marraine et tante de Charles Quint.

Veuve inconsolable du duc de Savoie, elle érige ce joyau du gothique flamboyant pour abriter trois somptueux tombeaux : ceux de Philibert le Beau, de sa mère et le sien propre.

Tant pour accomplir un vœu de Marguerite de Bourbon, sa belle-mère, que pour laisser à la postérité un témoignage de son immense douleur, elle acheta le prieuré de Brou et y fonda une église dédiée à saint Nicolas de Tolentin (édifiée de 1513 à 1532), et un monastère (édifié de 1506 à 1512). Elle suivra ce grand chantier, mené en 25 ans, où elle enverra les meilleurs maîtres d’oeuvre et artistes de France, puis de Flandres : l’architecte Loys van Boghem, les peintres Bernard Van Orley et Jean Van Roome, le sculpteur Conrad Meyt…

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Sa haute toiture de tuiles vernissées et colorées, ses fastueux vitraux historiés, son jubé orné de dentelles de pierre,

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sa chapelle, ses tombeaux, ses retables, statues et autres splendeurs décoratives en font un exceptionnel musée de sculpture flamande du 16e siècle…

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  • Le monastère possède trois cloîtres. Marguerite d’Autriche avait prévu d’y achever son veuvage, mais meurt trop tôt. La construction s’achève deux ans après sa mort. Les Augustins restèrent les gardiens des tombes. La Révolution chassa ces derniers. Durant l’automne et l’hiver 1793-94, le cloître abrite le 1er Régiment de Hussards et est ainsi sauvé des démolitions. Le 31 janvier 1794, la municipalité de Bourg fait enfermer les prêtres abdicateurs à Brou.

En  2014, le monastère a été désigné « monument préféré des Français  »

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Le 5 février 2015, le Monastère royal de Brou a reçu le trophée du « Bressan de l’Année 2014 » par l’Académie de la Bresse.

Monument National

  • Thomas Riboud (1755-1835), avocat lyonnais, député de l’Ain et membre du conseil des Cinq-Cents sauve l’ensemble de Brou de la destruction en le faisant déclarer « Monument national ».
  • L’église du monastère fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862, les deux premiers cloîtres en 1889, le troisième cloître fait l’objet d’un classement en 1935. Quant à la grille en fer forgé du troisième cloître, elle provient du château de la Moussière et est inscrite au titre des monuments historiques depuis 1950.

Le musée municipal de Bourg-en-Bresse

Les bâtiments monastiques sont propriétés de la ville de Bourg-en-Bresse, qui y a installé son musée en 1922. Ce musée présente au rez-de-chaussée un ensemble de statues religieuses allant du XIIIe au XVIIe siècle et, à l’étage, une collection de peintures du XVIe au XXe siècle et d’art moderne.

 

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