Le pays du lieutenant Schreiber

par virginielebrun

 

Voilà un extrait du livre d’Andreï Makine Le pays du lieutenant Schreiber:

Le sentiment d’injustice est insupportable. Un paradoxe.: tout un flot de bavardages  et d’images qui se déversent quotidiennement des journaux, des radios, des écrans – et pas une ligne, pas un mot qui rendrait comptait compte de ces soldats sur le point de s’effacer dans l’oubli. Des millions de couvertures lustrées, des clones innombrables, féminins ou masculins, étalant toujours la même obscénité de la mode, des vacances, des sports, du showbiz- un ignoble égout qui impose aux milliards d’humains décérébrés ce qu’il doivent penser, aimer, convoiter, ce qu’ils doivent apprécier ou condamner, ce qu’ils doivent savoir de l’actualité, de l’histoire. Le seul but de cette entreprise de crétinisation est le profit, on le sait, déguisé sous le nom de « tirages », de « parts d’audience ».

Qu’en pensez-vous?

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Andreï Makine, né en Sibérie a publié de nombreux romans parmi lesquels Le testament français, La musique d’une vie, L’amour humain, La vie d’un homme inconnu, Une femme aimée. Il a reçu de nombreux prix. Il est désormais membre de l’Académie française.

 

Jean-Claude Servan-Schreiber

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(né en 1918 à Paris) est un homme de presse et homme politique français. Il est le fils de Robert Servan-Schreiber et de Suzanne Crémieux. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est lieutenant dans la cavalerie blindée. Dès 1947, il travaille aux Échos dont il devient directeur à la place de son père en 1958. Il crée L’Express avec son cousin Jean-Jacques en 1953 . À la demande de De Gaulle et de Pompidou, il met en place la publicité à la télévision en 1968 et, à ce titre, est à l’origine de la Régie française de publicité. Engagé en politique dans les rangs gaullistes, il devient député de la 11e circonscription de la Seine, en tant que suppléant de Roger Frey.Lors des élections législatives de juin 1968, il défie en vain François Mitterrand dans sa circonscription de la Nièvre.En 1981, il entre au Conseil d’administration de l’Institut Arthur Vernes, en devient président de 1994 jusqu’à 2009.

Andreï Makine à propos de Jean-Claude Servan-Schreiber

Je n’aurais jamais imaginé un destin ouvert sur le sens de la vie. Une existence où se sont incarnés le courage et l’instinct de la mort, l’intense volupté d’être et la douleur, la révolte et le détachement. J’ai découvert un homme qui avait vécu à l’encontre de la haine, aimé au milieu de la pire sauvagerie des guerres, un soldat qui avait su pardonner mais n’avait rien oublié. Son combat rendait leur densité aux mots qu’on n’osait plus prononcer: héroïsme, sacrifice, honneur, patrie…

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