Xiaojun, l’art entre la France et la Chine

par virginielebrun

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Xiaojun Song est une illustratrice chinoise installée en France. Dans une recherche constante, elle travaille sur le vide, le plein, la transparence, le corps, la nature et touche à différentes matières.

D’où viens-tu?

De Wuhan dans la région du Hubei.

Pourquoi as-tu choisi ce métier?

En fait, je suis née dedans. Mon père, Keijing Song, est peintre. Je dormais dans son atelier. J’ai baigné dans cet environnement avec également la visite de ses amis qui sont également peintres.

Tes influences?

A l’école des Beaux-Arts du Hubei, on a beaucoup travaillé la peinture à l’huile. Il y a aussi les impressionnistes avec Manet et Monet pour la beauté de leurs couleurs.. Anselm Kiefer pour sa nuance des gris, noirs, blanc et ses effets de peinture. Pierre Soulages pour sa recherche et son esprit minimaliste. On retrouve son influence dans le montage Le quatrième mur:

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Le but était aussi de jouer avec les impressions des gens, de jouer avec l’espace.

Comment définirais-tu ton travail?

Je suis toujours en recherche car chaque époque a des notions intéressantes à offrir. Quoiqu’il en soit change à chaque fois. En ce moment, je mélange dessin et peinture mais je ne me bloque pas sur quelque chose à particulier. La vie, chaque jour ça change, ça te fait nouveau. Mais ça vient à chaque fois d’émotions personnelles. C’est le cas par exemple de Ruines. Une sérigraphie de six panneaux qui donnent un effet miroir. Je ne reconnais plus ma ville avec toutes ces démolitions. Même si les immeubles encore debout sont d’une architecture moderne, il y a quand même de la mémoire. 

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Il y a aussi le vide et l’ existant, ces deux facettes présentes dans mes travaux se concrétisent dans l’intuition que nous avons d’elles. C’est pour ça que j’aime la transparence. On ne voit presque pas mais cela existe tout de même. Tout comme pour mon œuvre Ni l’un ni l’autre.

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Le verre est transparent et le tissu qui recouvre les objets intrigue.

Pourquoi es-tu allée étudier en France?

Parce que c’est un grand pays artistique avec le Dadaïsme, l’Impressionnisme. Il y a une grande histoire en France. En Chine, il est difficile de trouver des documents sur les artistes étrangers. Le consulat et l’Alliance française étaient juste à côté. J’ai étudié cinq mois à l’Alliance française avant de partir en France. J’ai été prise dans quatre écoles des Beaux-Arts. C’est celle de Nancy que j’ai choisie pour son grand atelier de travail sur le bois et de gravure. En outre, c’ est une belle école et qui me semblait plus sélective.

Est-ce qu’il y a une grande différence entre les deux systèmes?

En Chine, c’est surtout technique avec beaucoup de dessin et de peinture sur modèle vivant. Le but est de former les personnes à de bonnes techniques.

En France, les professeurs parlent , guident, nous donnent des références à suivre. C’est une approche plus artistique. Le but est de rendre l’artiste autonome.

Tes projets?

Continuer avec le dessin, le noir et blanc, plein et vide, visible et invisible. Selon Laozi, “la meilleure forme d’intuition est de suivre celle-ci. En tant qu’objet existant, l’intuition est absolument vide. Mais dans cette représentation, elle existe vraiment […]”

site: xiaojunsong.net

blog: xiaojunsong.blogspot.fr

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