La mode au XVIe siècle

par virginielebrun

 

Histoire:

Face à l’Empire de Charles Quint, la France joue un rôle essentiel. Après les guerres de religion et l’Edit de Nantes en 1598, l’économie est dynamique et soutenue par une reprise des échanges. L’Angleterre s’affirme sur le plan international grâce  à la stabilité du règne d’Elisabeth 1er (1558-1603). Le Danemark émerge. Les Pays-Bas et l’Italie s’effacent.

La période des modes italiennes:

Sous Louis XII, l’homme a trois pièces essentielles:

  • Le Pourpoint décolleté pour laisser voir la chemise avec ses manches fendues et qui forment deux manchons.
  • Le haut- de chausse séparé du bas-de-chausse. C’ est devenue une véritable culotte à pont. La partie du devant commence à former une poche saillante: la braguette.
  • Le manteau a des formes diverses.
  • Quant à la robe, elle n’est plus portée que par les gens âgés ou comme insigne de fonction.

Louis-xii-roi-de-franceLouis XII (1462-1515)

 

La robe des femmes se porte sur une chemise, des chausses et une cotte et un corset. Elles mettent le touret en soie et en velours.

Pour les deux sexes subsiste la fourrure soit en broderie, en revers ou en doublure. L’influence des modes italiennes pénètre à la cour dès l’expédition de Charles VIII et surtout sous François 1er avec les bas de soie et les  velours venant de Gênes, Florence, Venise, Milan.

Pour les hommes, deux vêtements de dessus possibles:

  • La chamarre: ouverte devant, doublée de fourrure ou d’une soie avec des emmanchures très bouffantes souvent ornées de galons ou de passementeries.
  • La casaque: sorte de paletot sans ceinture, fendu sur le côté et noué. Elle atteint les genoux et elle est à courtes et larges et manches refendues laissant l’avant-bras découvert.

 

images (44)Henri III et Louise de Lorraine, estampe du XIXe siècle

Le pourpoint très souple, avec son décolleté -bateau , laisse voir le bord de la chemise froncée, brodée et, par ses taillades, une doublure de soie. Une basque le prolonge à la taille.

Les chausses, également à crevés, sont souvent parties, c’est-à-dire d’une couleur ou d’une ornementation différente pour chaque jambe. Celles en tonnelet moulent la cuisse jusqu’au genou. Plus tard, au fil du temps, on l’appellera la chausse à la martingale, première forme de la culotte à pont. La braguette deviendra de plus en plus proéminente.

Braguette, crevés et taillades sont d’origine suisse et germanique, tandis que les chamarres rappellent les mantelets italiens. On allège la forme des chaussures avec les escafignons (chaussure décolletée large et renflée au bout du pied) puis les eschappins (sans talon, couvrant le pied et taillade sur le dessus).

Portrait_de_Francois_IerFrançois 1er

  • La barbe est à la mode à partir de 1515 et les cheveux raccourcissent. C’est à l’Italie qu’est emprunté le couvre-chef le plus courant: la toque de Florence, à bords relevés et ornés d’une enseigne. Il y a le chapeau de feutre à fond plat entouré d’une grande plume qui retombe sur le côté. On porte aussi le béret rond et plat en feutre et les chapeaux d’estrain en paille ou til.
  • Une nouveauté dans le port de l’épée en costume civile qui modifie le comportement et ce, jusqu’en 1789. Elle sert de signe distinctif social.

Il y a beaucoup d’étoffes précieuses, galons, broderie d’or et d’argent mais les lois somptuaires de 1532 et 1554 ne parviennent pas à freiner ce luxe.

  • Dès le début du siècle, il y a un changement en ce qui concerne la mode féminine: la robe est fendue devant et laisse voir la cotte dans une échancrure triangulaire. Le décolleté reste carré avec une ligne en arceau. Vers le milieu du siècle, ce décolleté sera couvert par une gorgerette de tissu léger avec des broderies de perles. S’ y adaptera le col montant bordé d’un ruche. Mais la fin du règne de François 1er  verra apparaître la vertugade espagnole.
  • Dès le règne de François 1er, une coiffe, une résille perlée dite escoffion, enveloppe les cheveux. Elle est portée avec le bonnet-chaperon, coiffe légère maintenue par un ou deux cercles de perles ou d’orfèvrerie. Elle est recouverte en arrière par une cornette de chaperon.

sans-titre (140)Diane, comtesse de Guiche dite la Corisande et sa fille, 1580

ME0000057470_3Bal de nuit aux noces du duc de Joyeuse

  • Les veuves portent un chaperon rigide, légèrement arqués sur les côtés.

La période des modes espagnoles

Après 1525, l’influence espagnole simplifie progressivement la tenue. Cela est très net à la fin du règne de François 1er et surtout sous celui de Henri II.
Henry_II_of_France.Henri II, 1559, portrait de François Clouet

  • Les tissus sont sombres et tracés d’or
  • Le pourpoint est appliqué au buste
  • Le collet est montant
  • Les basques sont plus longues
  • Les manches sont moins bouffantes

De 1540 à 1575

  •  Chez les hommes, on fait place aux détails des modes flamande et espagnole aux dépends de la mode italienne. Les chausses ont des poches où se mettent les montres en vogue fabriquées à Nuremberg. La cape espagnole remplace la chamarre. La barbe se taille en pointe. les bas, généralement plus longs, s’attachent aux chausses et sont faits en tricot de soie. Mais cela n’empêche pas les exagérations d’où la loi somptuaire de 1561. Elle est cependant inefficace car elle ne s’applique ni aux princes ni à la cour.
  • Le costume féminin suit également cette tendance vers l’austérité. Le corsage baleiné, décolleté et souvent lacé, laisse apparaître les manches de la chemise comme un pourpoint masculin. La jupe, toujours fendue sur la cotte, est soutenue par la vertugade. La robe est montante avec un collet et des manches plus ou moins volumineuses serrées au poignet. L’amincissement de la taille s’accentue sous Charles IX avec le corps piqué rigide. La vertugade se  modifie. Au jupon cerclé espagnol se substitue un bourrelet circulaire répartissant autour du corps l’ampleur d’une jupe montée à fronces. Cet équivalent français du vertugade se diffuse largement en Hollande. Il fallut faire des chaises hautes dites chaises à vertugadin mais elle ne fut jamais portée par les Espagnoles. De quoi susciter l’ironie de certains…

chaise-a-vertugadin chaises à vertugadin

  • Le corps baleiné, plus rigide, comprime étroitement le buste. Un véritable instrument de torture. A la fin du siècle arrive la troisième forme de plateau ou de tambour plat sur lequel s’étale la robe généralement recouverte d’un volant froncé. Inspiré par la ropa espagnole, la marlotte est un manteau mi-long à manches rembourrées à l’épaule ouvert devant. La berne, elle, est un vêtement de femme du genre marlotte, droit, ample du dos.

La recherche d’une mode nouvelle

  • L’organisation du travail se modernise. Certaines industries connaissent un développement important. Les progrès de la bonneterie  et de la teinturerie sont sensibles à Paris avec les bonnets « façon Saint-Marcel » et les écarlates des familles Gobelins et Canaye sont réputés. Dans la première moitié du siècle, la production en draperie légère est en pleine expansion à Amiens. C’est également le cas pour la soie: la manufacture de Tours a 8000 métiers et Lyon, centre de distribution des étoffes italiennes, devient un centre de production. La ville profite de la protection royale. En 1536, Etienne Turquet et Barthelemi Nariz, marchands d’origine italienne ont l’autorisation de François 1er d’y installer des métiers à tisser et d’embaucher des ouvriers. La ville est la seule à avoir le privilège d’entreposer la soie grège. 12000 personnes y sont employées à la fin du siècle. A Nîmes et Montpellier, on fabrique des velours et des satins. On fabrique des bas de soie à Dourdan et des étoffes de soie à Orléans.

charles_IX_clouet_musee_louvreCharles IX, François Clouet, 1565

Francois-duc-de-guiseFrançois de Guise, portrait au crayon par François Clouet

  • Au début du XVIIe siècle la production séricicole se développe en France. Par ailleurs, la fabrication de futaines de coton réunit à Lyon 2000 ouvriers. Pour protéger ses industries , l’état établit des droits d’entrée sur les tissus étrangers destinés à l’habillement. L’ordonnance du 18 juillet 1540 pour les draps d’or et d’argent et autres tissus venus de l’étranger. Celle de 1572 interdit d’exporter sans autorisation les matières premières textiles et d’importer les draps, toiles, velours, taffetas…

FRANOI~1 François 1er

  • Après l’alliance de François 1er et Soliman, l’Orient est à la mode avec des habillements, chatoyants de satin cramoisi constellé d’or azuré ou vert, empanachés de plumes et ruisselants de pierreries. Et ceci malgré la religiosité espagnole et l’austérité protestante.
  • Un des excès les plus caractéristiques a été la fraise. Elle remonte au collet droit du pourpoint ou de la robe qui laisse dépasser le ruché de la chemise. La ruche se développa lentement à partir de 1550 et ne deviendra la grande fraise indépendant qu’après 1575. Henri III, en 1578, inaugura une fraise empesée  d’un demi-pied de largeur. Elle souleva les quolibets des Parisiens la comparant au plat portant la tête de Saint Jean-Baptiste

imagesCAB2V69Vcritique de la fraise

La fraise sera unie, à un seul rang de tuyaux parfois ouverte devant jusqu’à l’apparition, à la fin du siècle de la fraise non empesée dite à la confusion et du collet monté bordé de dentelle.

  • Les hommes et les femmes portent les cheveux en raquette ou en ratepenade, relevés tout autour du visage. Les femmes les soutiennent grâce à des arceaux. La même petite toque garnie d’une aigrette coiffe les deux sexes mais les femmes mettent un chaperon en forme de cœur dont la pointe avance sur le front. La coiffure sur les côtés. On a donné le nom d’attifet à cette coiffure. Ensuite, les toques disparaitront et les femmes ne porteront plus de chapeau durant près de deux siècles sauf par caprice ou des circonstances spéciales comme la chasse. Subsisteront les chaperons, coiffes et autres cornettes. Arriva la mode des conques: voiles en tissu léger montés sur une vaste armature métallique d’où ils se dressaient derrière la tête et parfois même enveloppaient le dos. En France, il est surtout adopté par les veuves.
  • C’est sûrement le caractère sans cesse changeant de l’habillement qui a servi la réputation de la France en Europe. Plus qu’une activité créatrice, c’est la vivacité de l’esprit français qui exerce son rayonnement sur les pays d’Occident. En face d’une Allemagne austère, une Allemagne protestante,  une Italie divisée, une Angleterre intransigeante, elle offre des variations séduisantes de l’élégance malgré les troubles et les violences.

 

Les petits trucs en plus:

  • Jacques Cartier va au Canada.
  • Le français devient vraiment la langue officielle avec l’Ordonnance du 10 août 1539 de Villers-Cotterêts
  • Les pierres alourdissent énormément les vêtements.
  • Les pierres les plus chères sont les rubis et les perles sont très chères car elles viennent de Ceylan.
  • François 1er invite les artistes italiens qu’il paie très cher dans le but d’aller plus loin que la Renaissance: c’est ce que l’on appelle l’école de Fontainebleau.

La mode au XVIIe siècle

La mode au XVIIIe siècle

La mode au XIXe siècle

La mode au XXe siècle Partie 1

La mode au XXe siècle Partie 2 

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